Formé en 2003 en Suisse, SYBREED a développé au début une musique électronique très destructrice qui a fait quelques ravages sur scène, y compris aux USA, pour ensuite introduire les éléments Death, Black ainsi que les voix claires. Un groupe en constante évolution qui s’est enfermé dans 2 studios à Lausane, le SDF Studio, et le Drone Studio à Genève avec le producteur Rhys FULBER, celui-là même qui est responsable de plusieurs albums référence de FRONT LINE ASSEMBLY, FEAR FACTORY ou plus récemment de PARADISE LOST, pour un résultat bluffant tant le son concocté par le gaillard est d’une précision infaillible, mettant en valeur la moindre note de mélodie sans ôter le gras des guitares et l’énergie dynamitée par une musique aussi riche qu’excellente. Que ce soit des titres très électro dans l’esprit, dans la veine d’un DEATHSTARS sous amphétamine, très dansant comme l’excellent "Doomsday Party" ou le dynamique "Electronegative", des titres plus modernes et plus orientés guitares comme le titre d’ouverture "Nomenklatura" ou bien "AEON", "Human Black Box" et "Killjoy", qui ne sont pas sans rappeler IN FLAMES, SOILWORK ou SAMAEL, ou bien des titres Black Electro comme le puissant "I Am Ultraviolence", qui renvoie autant au Black Metal froid qu’à STRAPPING YOUNG LAD ou le malsain "Lucifer Effect" que l’on croirait sortit d’un album de SAMAEL, SYBREED est à l’aise dans tout ce qu’il entreprend. Mais ce n’est pas tout, vocalement, Ben voyage entre voix claires très Dark à la KATATONIA autant qu’à la DEPECHE MODE comme sur "In The Cold Light" qui marque une pause au milieu de cet album survitaminé que sur les voix Black ou plus brute comme sur "Human Black Box" qui laisse de côté l’espace d’un instant, l’approche électronique du groupe. Les Suisses nous proposent également une version du "Love Like Blood" de KILLING JOKE, originellement extrait de Night Time (1986), qui se voit ici rehaussé de guitares bien Heavy sur le refrain, il est étonnant de voir comme la voix de Ben colle à celle de Jaz COLEMAN sur ce titre sympathique et parfaitement dansant. Enfin, SYBREED conclut ce The Pulse Of Awakening sur un long titre de 19 minutes, qui débute sur une ambiance Pop propre à DEPECHE MODE auquel on aurait greffé quelques guitares bien lourdes avant que n’interviennent quelques éléments orchestraux mêlés aux éléments électroniques habituels du groupe suivis d’une longue plage bruitiste qui permet à l’auditeur de se sortir doucement de l’ambiance de l’album, là où habituellement, les longues plages sont d’un chiant pas possible, là elle a un vrai rôle de décompression pour l’auditeur afin de pouvoir appuyer sur "Play" de nouveau de réécouter cette petite pépite qui devrait vite vous séduire par un aspect immédiat non négligeable de la musique mais également par plusieurs petits détails qui ont leur importance et qui se dévoilent à vous au fur et à mesure des écoutes. Pour être tout à fait complet, sachez que l’artwork a été confié à Spiros ANTONIOU (SEPTIC FLESH) qui est un homme de goût et qui signe là une belle image de la musique de SYBREED.
Chronique par Aymerick "Painless"