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         Entretien réalisé par mail avec Thomas (aka Drop) le 02 novembre 2009.

 

 

Qu’on se le dise, SYBREED n’est plus ce groupe que l’on classifie parmi les groupes de Metal Moderne, ce terme trop réducteur à l’écoute de The Pulse Of Awakening ne rend pas justice au travail de composition et du souci de l’évolution depuis Antares, c’est Drop, le guitariste du groupe qui nous parle de la genèse de ce troisième album hautement recommandé et recommandable…

 

 

Quel bilan faites-vous de la période qui a suivi l’album Antares sorti il y a 2 ans ?

Drop : Notre premier album chez LISTENABLE, il y a eu donc d’avantage de promo et on a été d’avantage exposé dans des pays qui ne connaissaient pas encore SYBREED comme la Belgique, l’Allemagne la Pologne ou encore la Hollande.

 

Vous avez donné pas mal de dates, notamment avec vos compatriotes de SAMAEL, quel a été l’accueil du public ?

Drop : L’accueil a été très bon, les gens ont bien réagit à notre deuxième album et nos prestations scéniques. On a eu de vraiment bonnes audiences, en Pologne principalement, mais également en France et surtout à Paris, le public était fou !

 

Vous avez également assuré pas mal de shows en France, les Français, réputés public difficile seraient-ils réceptif à votre Metal ?

Drop : Oui, en tout cas dans certaines grandes villes, comme Paris que je t’ai cité plus haut. Je ne sais pas si le public français est difficile, je pense surtout qu’ils sont habitués à voir des concerts assez souvent, et donc sont plus « observateurs ». J’ai remarqué que ce n’était pas parce que le mec te mate tout sérieusement les bras croisés qu’il n’aime pas ta musique. Moi par exemple, même pour le meilleur groupe du monde j’aurai tendance à me trouver près de la table de mix, concentré sur la musique et la prestation du groupe.

 

Luis, ex-bassiste est parti, peux-tu nous dire ce qui s’est passé et nous présenter son remplaçant Stéphane GRAND, ancien guitariste de FURIA ? Comment a-t-il fini par prendre la basse au sein de SYBREED ?

Drop : Burn est parti avant la tournée américaine, il ne pouvait plus suivre, sa famille, son job, … Il a été très honnête avec nous et nous a expliqué qu’il n’avait plus les moyens et les dispos que nous lui demandions. Nous sommes restés en très bons termes. Nous avons donc contacté Steph, qui est un bon ami et qui a bossé avec nous comme technicien sur scène depuis quelques années. On avait besoin d’un guitariste qui joue de la basse, comme c’est moi qui compose et enregistre les basses depuis le début. Et nous sommes vraiment content qu’il ait rejoint nos rangs, le groupe a gagné en puissance sur scène.

 

 

 


 Comment définirais-tu l’évolution qu’il y a entre Antares et The Pulse Of Awakening ?

Drop : C’est plus mature, on s’est mis moins de barrière, tout est d’avantage développé, le style va plus loin avec l’ajout, ou plutôt devrais-je dire, l’autorisation, de nouveaux genres.

 

Comment avez-vous abordé la composition de cet album, dans quel état d’esprit avez-vous abordé ce troisième album ?

Drop : Très décontractés, nous avons travaillé avec Benjamin et Kevin dans mon studio The Drone à Genève, l’album a été composé sur une période de trois mois. Tout c’est déroulé super facilement, dans une très bonne atmosphère.

 

En juillet dernier est sorti le EP A.E.O.N., était-ce une prise de température de l’attente du public ou pour célébrer votre tournée aux USA avec THREAT SIGNAL et THE AGONIST ?

Drop : Nous aurions voulu avoir le nouvel album dans les bacs pour la tournée Américaine, mais celle-ci se déroulait un peu trop tôt dans notre planning. Nous avons donc décidé de mettre quelques nouveaux morceaux à disposition, pour donner un avant-goût mais surtout pour pouvoir commencer à promouvoir le nouvel album. Nous avons également joué ces deux nouveaux morceaux durant toute la tournée.

 

"I Am Ultraviolence" et "Lucifer Effect" contiennent de vraies parties Black Metal, froides et brutales, comment en êtes-vous venu à intégrer ce genre à votre musique ?

Drop : Disons que nous avons plutôt arrêté d’enlever l’influence black métal dès qu’elles arrivaient sur les morceaux haha. Nous sommes fans de black métal depuis longtemps, et ça nous a toujours influencé de près ou de loin. Pour Slave Design nous nous étions mis des barrières avec les styles trop « extrêmes », sur Antares nous nous sommes autorisés quelques petites échappées dans ce style. Mais c’est vrai que c’est principalement sur The Pulse Of Awakening que nous nous sommes lâchés, on ne s’est vraiment pas mis de barrières et nous avons travaillé essentiellement au feeling, et les bonnes vieilles influences sont réapparues.

 

KILLING JOKE est une influence évidente pour SYBREED mais pourquoi avez-vous choisi ce titre, "Love Like Blood" plus qu’un autre ?

Drop : Oui nous sommes également de grands fans de musique des années 80, surtout New Wave, Cold Wave. Nous avions déjà fait une reprise de TEARS FOR TEARS, "Shout" à l’époque pour les concerts, ça passait assez bien auprès du public. Et nous avons eu envie d’en enregistrer une sur un album une fois. Benjamin m’a parlé de "Love Like Blood" car il voyait assez comment faire un bon truc à la SYBREED avec ce morceau. Je me suis mis à bosser dessus et c’est devenu assez évident, en quelques heures c’était terminé, et ça ressemblait carrément à un morceau de SYBREED.

 

Il est d’ailleurs drôle de voir à quel point la voix de Ben colle parfaitement à la voix de Jaz COLEMANN sur l’original, est-ce intentionnel ?

Drop : Oui et non, Benjamin a tout de même une voix assez éloignée de Jaz, c’est surtout les effets qui ont été mis sur la voix qui donne ce même feeling, presque le même son. Je trouve ça cool.

 

Les structures, les riffs ou les mélodies vocales sur The Pulse Of Awakening sur des preuves d’une réelle maturité atteinte par le groupe, qu’est-ce qui a changé en 2 ans dans le groupe qui expliquerait cette évolution ?

Drop : Comme je te parlais plus haut, nous avons cette fois ci composé l’album à 3 avec Ben et Kevin, contrairement aux deux premiers pour lesquels j’avais écrit 99% de la musique. On s’est très bien complété à trois et le résultat n’est que plus mature et plus varié. Nous n’avons pas passé trop de temps sur les morceaux, tout a été composé assez vite, sans réfléchir des heures sur les arrangements. Dans le passé certaines fois les morceaux pouvaient avoir jusqu’à quatre années d’écart, ça m’arrivait de repasser dessus trois ou quatre fois, je changeais tout, je n’avais plus de recul.

 

Vous allez partir en tournée avec IN FLAMES qui semble également être une source d’inspiration pour vous, notamment par la façon dont est intégrée l’électronique dans votre musique ?

Drop : Je ne suis pas trop d’accord avec toi, IN FLAMES est certes une grande influence pour nous mais surtout au niveau des rythmiques et mélodies, ces trucs bien swedish de leur premiers albums. Je pense que nous avons un côté électronique différent d’IN FLAMES, et une manière de jouer avec et de l’intégrer complètement opposée. Pour eux c’est juste un petit plus à ajouter dans leur musique, qui lui donne encore plus de couleurs, pour SYBREED l’élément électronique/machines est le 5ème membre, sans ça ce ne serait plus SYBREED.

 

La qualité de la production est également à signaler, peux-tu nous dire comment se sont passées les séances d’enregistrement ? Aviez-vous une idée précise du son que vous vouliez ?

Drop : Oui normalement j’ai toujours une idée du son que nous voulons, mais cette fois-ci je savais d’avance que je n’allais pas mixer l’album moi-même. Nous avons confié ce travail à Rhys FULBER, qui est une énorme influence pour nous notamment pour son travail avec FRONT LINE ASSEMBLY et FEAR FACTORY. Donc le son final pouvait être totalement différent du son imaginé, car rien n’a été pré défini à l’enregistrement, nous lui avons envoyé les pistes les plus neutres possibles, sauf les synthés bien évidemment. Il a fait un boulot incroyable !

 

Avez-vous changé quelque chose dans votre façon d’enregistrer, que ce soit au niveau du matériel, de la prise de son, de l’organisation en studio ?

Drop : Pas vraiment, nous avons juste été chez un ami pour enregistrer les batteries et les voix, mais la façon d’enregistrer était la même. Les guitares basse et électronique ont été faites chez moi, comme d’habitude, avec le même matériel. Donc non, aucun grand changement à l’enregistrement.

 

Pour moi The Pulse Of Awakening est le meilleur album de SYBREED mais surtout il démontre que le groupe n’est pas simplement un groupe de Metal Electronique comme DEATHSTARS ou RAMMSTEIN, finalement comment décrirais-tu votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Drop : Death Wave, un truc qui mélange Death Metal et New Wave. Et si ce n’est pas assez clair je lui file le CD que j’ai sur moi, et si j’en ai pas, je lui donne l’adresse MySpace.

 

 

 

 

De quoi parlent les paroles de l’album, y a-t-il un sujet récurrent ? Quel titre apprécies-tu particulièrement pour ses paroles et pourquoi ?

Drop : Ca va être un peu difficile pour moi de répondre de manière précise, vu que ce genre de question est plutôt le domaine de Benjamin, mais dans l’ensemble je peux dire que The Pulse of Awakening est un album pessimiste, très influencé par NIETZSCHE : notre chanteur a pas mal planché sur le thème du « questionnement permanent de la morale et des valeurs », comme il appel cela. On peut dire que c’est album nihiliste, et les textes sonnent assez « philosophie à coup de poing. » En tout cas, c’est barré et tordu, sans pour autant se perdre dans l’incompréhensible et la masturbation intellectuelle, et en général ça tape là où ça fait mal. Donc, oui il y a sujet récurrent qui est disons un règlement de compte avec le mode de vie postmoderne et la déchéance humaine qui va de pair.

En ce qui concerne les paroles que j’apprécie le plus, ça serait sûrement "In The Cold Light". C’est un morceau qui parle de quand tu te réveille la matin et que tu ne te sens pas bien, tu ressasses les évènements du jour d’avant ou du passé et tu te sens super nostalgique, presque mal, j’ai personnellement assez souvent ce sentiment. Et je trouve que l’émotion que la musique de cette chanson procure est très proche de ça.

 

Sur scène, les effets électroniques sont lancés par ordinateur ce qui implique une certaine rigidité, n’aimeriez-vous pas intégrer quelqu’un qui s’occuperait de cet aspect sur scène pour gagner en spontanéité ?

Drop : Non car le but est de reproduire l’album, en plus pêchu. Je pense que c’est bien d’être quatre, c’est assez symétrique, assez simple. Nous devrions certainement ajouter quelque chose sur scène encore, mais ça serait plutôt un gros jeu de lumières ou/et des projections.

 

Qu’y a-t-il de prévu pour SYBREED après la tournée avec IN FLAMES, une tournée en tête d’affiche ?

Drop : Pour le moment plusieurs plans en discussion, mais pas de tournée en tête d’affiche de prévu en dehors de certaines dates isolées. Nous avons juste une mini-tournée en tête d’affiche en Belgique, Allemagne et Hollande qui démarre le 4 novembre, juste avant In Flames.

 

Après, trois albums studios, vous commencez à accumuler suffisamment de matériel pour sortir un DVD, est-ce un projet actuel pour SYBREED ?

Drop : Non pas pour le moment, je ne pense pas que nous allons sortir de DVD avant un moment, si nous avons des bonnes vidéos de concerts ou autre, ils seront inclus en bonus ou 2ème CD sur notre prochain album.

 

Merci de nous avoir accordé du temps, avez-vous un dernier mot à ajouter pour le public Français et les lecteurs de HEAVY SOUND ?

Drop : YeYeah !!

 

 

Propos recueillis par Aymerick "Painless"

 

 

Site Web :

www.sybreed.com

www.myspace.com/sybreed

 

Chronique :

The Pulse Of Awakening