RAMMSTEIN est un groupe à part, une institution pour certains, une entité à descendre pour d’autres mais les Allemands ne laissent jamais indifférents et c’est là la classe des plus grands, des plus grands qui sont tomber de leur estrade avec un Rosenrot qui empestait le réchauffé, alors que jusque là, RAMMSTEIN était irréprochable depuis le froid, clinique et déjanté Herzeleid, premier album qui pourtant ne pouvait laisser présager de ce qu’ils nous préparaient avec Sehnsucht, Mutter et Reise, Reise qui représente une trilogie d’affinement du son RAMMSTEIN même s’il y a perdu au passage ce côté froid et malsain. Une pause bien méritée de 2 ans permet au guitariste Richard Z. KRUSPE de se consacrer à son projet EMIGRATE, pas forcément une réussite artistique, mais qui a au moins le bénéfice de libérer le guitariste de l’emprise de ce projet qui lui trottait dans la tête depuis un moment, alors lorsque le groupe nous parle d’un nouvel album, on craint le pire, ne serait-ce pas l’album de trop ? Ce serait mal connaitre la folie créatrice des Allemands qui décident de n’en faire qu’à leur tête et c’est alors qu’arrive "Pussy" et son clip ultra hot ainsi que son florilège de facilités verbales assumées, «You have a pussy, I have a dick, what is the problem ? » , nouvelle preuve que RAMMSTEIN ne nous servira pas ce que l’on veut entendre de lui, un Reise, Reise 2 pour certains, un Herzeleid 2 pour d’autres car si le titre est commun bien qu’efficace il ne dévoile pas ce que les Allemands nous ont concocté avec ce Liebe Ist Für Alle Da qui pioche aisément dans toutes les périodes du groupe dont le froid et malsain premier album avec "Rammlied" où on peut entendre des « Rammstein, Rammstein » comme sur Herzeleid et un côté orchestral doublé d’un Metal mid-tempo lourd et rampant. Et "Ich Tur Die Weh" avec son refrain chanté et son Indus’ très prononcé vont faire grincer quelques dents car si on retrouve l’énergie destructrice, les Allemands contrebalancent de suite avec des gros riffs modernes et typique du groupe comme ce "Waidmanns Heil" qui rappelle fortement "Feuer Frei" de Mutter. Pourtant RAMMSTEIN offrent quelques nouveautés comme des titres électro à la rythmique plus proche d’un NINE INCH NAILS que d’un OOMPH !, influence historique du groupe, avec "Haifisch" par exemple ou ce "Liebe Ist Für Alle Da" où les guitares se payent la part du lion, un titre dynamique où les effets électroniques sont très travaillés et moins présents dans le son, une des plus belles réussites de cet album qui comporte pourtant son lot de pépites avec "Fruhling In Paris" dans la lignée d’un "Klavier" (Sehnsucht) et plus encore d’un "Seeman" (Herzeleid) par sa partie où les guitares saturées font une brève apparition ou encore "B********" et ses parties vocales violentes sur lesquelles Till LINDEMANN nous renvoie au premier album. Largement recommandé aux fans du groupe, ce Liebe Ist Für Alle Da signe le retour de RAMMSTEIN aux affaires avec des titres aux refrains en apparence immédiats mais qui dévoilent en fait leur saveur au fil des écoutes, l’album n’est en fait pas si facile d’accès et le retour de l’énergie dévastatrice des débuts n’y est pas étrangère, qu’il est bon de savoir les Allemands en pleine forme dans ce paysage musical assez morne même si pour être honnête, Reise, Reise me semble un peu supérieur mais c’est là chipoter.
Chronique par Aymerick "Painless"

LINE UP:
Till Lindemann : Chant
Richard Z. Kruspe : Guitare
Paul Landers : Guitare
Oliver Riedel : Basse
Christian "Flake" Lorenz : Claviers
Christoph "Doom" Schneider : Batterie
9/10
Le 27/10/2009