PARADISE LOST - SAMAEL - ADAGIO
Le 19 Decembre 2009 - Elysée Montmartre - Paris
L’Elysée Montmartre est une salle magnifique coincée entre le Moulin Rouge, Barbès et le Sacré Cœur, un cachet certain mais qui a le revers de la médaille puisque c’est à 18h00 que les portes ouvrent pour le dernier concert de la tournée pour PARADISE LOST. A Paris, c’est SAMAEL et ADAGIO qui ont l’honneur d’accompagner les Anglais et cette date affiche complète, ce qui fait le bonheur des revendeurs divers et variés que l’on croise aux abords de l’Elysée Montmartre. La météo n’est pas clémente, pas plus que la circulation qui ne me permettent pas d’arriver à temps pour l’entretien prévu avec Adrian ERLANDSSON et Xy ou pour remplir les formalités nécessaires pour rentrer l’appareil photo (d’où ce report très sobre). Il est 18h30 lorsqu’ADAGIO prend possession de la scène avec son Power Metal très proche de SYMPHONY X, Christian PALIN, le nouveau vocaliste est à la limite du mimétisme. La prestation des Français est carré et le public réagit plutôt bien à "Fear Circus" ou à "Undead", le groupe pioche dans son répertoire le plus virulent où la voix Black de Stéphan FORTE permet de sortir un petit peu de l’ambiance Néo-classique certes bien faite mais pas très originale. Christian PALIN ne semble pas de très bonne humeur puisqu’il quittera la scène en laissant tomber son micro, ce n’est pourtant pas l’accueil du public Parisien qui manque de chaleur, même si des interventions en Français auraient été préférables entre les titres, mais ça n’est là qu’un simple détail. En tous cas, ADAGIO a su conquérir quelques âmes ce soir. Le temps de quelques reprises d’HELLOWEEN version Glam/Rock ("If I Could Fly" ou "Future World"), un désastre dont je ne connais pas le ou les auteurs et c’est mieux ainsi…
Les lumières s’éteignent, l’écran en fond de scène s’allume et voilà les Suisses de SAMAEL qui allument la mèche, le son est massif, Vorph est impressionnant de charisme alors que Xy tape sur ses futs et fait le pois sauteur derrière son kit électronique. Les Suisses vont parcourir leur discographie pour le plus grand plaisir de tous les fans venus nombreux ce soir, et là aussi, les Suisses se sont concentrés sur les titres les plus Heavy de leur répertoire, il faut dire qu’Above, leur dernier album s’y prête parfaitement. "Solar Soul", "Reign Of Light", "Slavocracy" ou "Infra Galaxia", malgré leur sonorité électro prononcée, sont servies ce soir dans des versions bien crues et particulièrement lourdes. 3 titres d’Above sont également de la partie dont un "Black Hole" sur lequel le public réagit très fortement, gage que le dernier album a trouvé preneur auprès de l’auditoire SAMAEL et que suivre ses envies artistiques ne veut pas forcément dire suicide commercial, surtout lorsque le résultat donne un Black Metal emprunt d’électronique et de mélodie particulièrement jouissif comme celui des Suisses. A côté de la prestation impeccable, le groupe nous gratifie de quelques pépites dont "Baphomet’s Throne" et le Heavy et lancinant "Into The Pentagram" tiré du premier album Worship Him, tout simplement excellent ! Enfin les Suisses quittent déjà la scène sur "Whome Came Men Before", un classique extrait de Passage, qui clôt cette prestation malheureusement trop courte mais qui aura ravit l’assistance, c’est certain, à quand un vrai show de SAMAEL en tête d’affiche ?
La mise en place de la scène est plus longue pour PARADISE LOST ce qui ne fait qu’accentuer notre douleur à l’écoute de ce qui passe dans la sono, toujours ces versions à hurler des standards d’HELLOWEEN. 20h30, la pénombre a fait de l’Elysée Montmartre son antre, le public est chaud alors que retentit une intro orchestrale qui précède "The Rise Of Denial". La voix de Nick HOLMES, qui a revêtu la veste en jean sans manche très 90’s, n’est pas chaude et ça s’entend, de même que le son du groupe qui fait très petit comparé au rouleau compresseur SAMAEL, une aberration difficile à comprendre mais malheureusement habituelle chez PARADISE LOST. "Pity The Sadness" fait office de premier voyage dans le temps et s’annonce comme les prémices d’une setlist bien couillue, la réaction des Parisiens est immédiate alors qu’"Erased" permet au public de s’époumoner une première fois sur le "I don’t owe any one" du refrain. "I Remain", "Frailty" ou "First Light", extraits du dernier excellent album des Anglais, Faith Divides Us – Death Unites Us, passent impeccablement le test de la scène aux côtés des classiques du gang d’Halifax que sont "One Second", "No Celebration", "Enchantment" sur lequel la voix de Nick HOLMES est bien présente, un délice, "Eternal" ou le très attendu "As I Die"qui sont bien entendu acclamés comme il se doit. Pas de "Gothic" ou de titres extraits de Host, Believe In Nothing ou plus surprenant de Paradise Lost alors que l’ampli de Steve EDMONSON fait des siennes tout comme le déclenchement des samples, ce qui oblige Nick HOLMES à courir derrière la scène pour arrêter ou déclencher ces samples qui ont décidément pris une place très important dans le Metal moderne, une ambiance un peu spéciale donc, lorsque le titre se termine et que le silence se fait dans la salle en attendant que le chanteur revienne. En attendant que l’ampli de Steve reprenne vie, Milly EVANS qui aura remplacé Greg Mackintosh sur cette tournée pendant que ce dernier prenait soin de son père, envoie quelques riffs du "Paranoïd" de BLACK SABBATH, une décontraction du groupe non feinte, on sent que ces gars prennent plaisir à être ensemble, Aaron AEDY, toujours aussi présent sur le devant de la scène bouge au rythme pachydermique des titres du groupe alors que Steve EDMONSON est plus effacé même lorsque pour les rappels, le visage du bassiste apparait sur l’écran avec des feux d’artifice partant de sa bouche, un effet qui provoque l’hilarité de Nick HOLMES toujours aussi moqueur. "Faith Divides Us Death Unites Us" est alors envoyée, si elle perd un peu de son intensité sur scène, ce titre possède un vrai potentiel tant il diversifie le propos du groupe, l’avenir nous dira s’il résistera au temps. Ce n’est pas la dernière chanson mais c’est "The Last Time" et les 2 classiques avec "Say Just Words" viennent achever cette prestation mitigée à cause des conditions techniques mais cette soirée aura au moins rassuré les fans qui pensaient que le groupe ne pouvait pas exister sur scène sans l’une des 2 têtes pensantes, Greg Mackintosh dont Nick mentionnera le nom très tôt dans la soirée comme pour indiquer que le groupe garde une partie de leur tête en Angleterre. Milly EVANS se voit lui signifier que c’est le dernier concert pour lui et qu’il sera viré ensuite, l’humour de Nick fait décidément des ravages, une soirée dans l’ensemble très réussie même si PARADISE LOST doit proposer quelque chose de plus imposant maintenant, tant au niveau du son que de la présence scénique, toutefois, un effort a été apporté puisque l’écran a diffusé quelques images durant le concert et que les lumières étaient bien plus travaillées que lors des dernières venues des Anglais qui jouaient pratiquement dans la pénombre. Enfin un mot sur Adrian ERLANDSSON qui se sera fait discret tout au long du set mais qui s’est parfaitement approprié les parties de batterie, plus directes que celles du dernier album, le Suédois ne s’embarrasse pas de fioritures et tape particulièrement fort, un atout pour le futur de PARADISE LOST, j’en suis convaincu. Il est 22h00 à peine et l’environnement particulier de la salle reprend ses droits, certains fans ne comprennent pas bien que les lumières se soient rallumées aussi vite mais c’est ainsi à l’Elysée Montmartre et le groupe n’est pas à blâmer, peut-être que pour la prochaine venue, PARADISE LOST aura la chance de pouvoir évoluer dans une autre salle dont les horaires sont moins restrictifs.
Report par Aymerick "Painless"
Photos par Djil