IN MEMORY OF...

...Cliff BURTON, Bon SCOTT, Sabine DUNSER, Chuck SCHULDINER, Kevin DuBROW, Phil LYNOTT, Jim MORRISSON, Pete WELLS, Wendy O' WILLIAMS, Paul BALOFF, Steve CLARKE, Michele MELDRUM ......R.I.P.
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La vie est pleine de surprise car en recevant cet album de MINDLAG PROJECT, je ne m'attendais certainement pas à ce que j'ai entendu, c'est grâce à ce genre d'albums que nous, vos serviteurs, nous prennons plaisir à vous guider dans les sorties de plus en plus nombreuses, alors ne passez pas à côté de cet album qui, je l'espère, mènera le groupe vers son public. Voici un entretien avec Manu, le guitariste du groupe qui nous parle de son art entier, développé par le groupe. Coups de coeurs...

 

 

 

Peux-tu présenter MINDLAG PROJECT ?

Le groupe s'est formé en 1999 et notre line up actuel est en place depuis 2001 auquel nous avons ajouté cette année un violoncelliste, Romain qui est un ami de longue date avec lequel on jouait sur scène et que l'on a décidé d'intégrer car notre musique prenait un virage classique et que ce mec est très calé pour les arrangements. On a sorti 2 maxis en  2002 et 2004 qui forment un bilogie, ainsi qu'un troisième en 2006 sur lequel apparait des inédits et des lives, qui nous a servit de transition pour ce nouvel album. Ces maxis suivent l'évolution de notre mascotte Jon De Grimpclat et raconte sa vie de serial killer. Notre premier album éponyme sort en mars et notre musique contient toute sorte d'influence, Death, Thrash même Black avec des touches de progressif.

 

Votre art représente un tout, musique, paroles, artwork autour du concept du décalage d'esprit, peux-tu nous éclaircir sur ce concept ?

On est parti de l'idée de WAGNER de l'art total, un art complet pour en maîtriser tous les aspects, « l'art majeur, c'est là où tous les arts s'entrechoquent ». Dans cet esprit, on vient d'ailleurs de faire un film sur Jon de GRIMPCLAT disponible sur notre site. Pour le décalage d'esprit, c'est une approche de l'esthétisme Baudelairienne, tout ce qui est mal  est perçu comme moche, il n'y a pas de différenciation entre l'aspect et la nature. Baudelaire arrivait à rendre un cadavre beau à travers ses descriptions. Notre mascotte est un serial killer et notre but est de le rendre beau aux yeux de ceux qui écoutent l'album. Et puis on utilise beaucoup les symboles de la mythologie car l'Homme s'identifie à des symboles, ici tout le monde a un autocollant de l'O.M. (ndlr le groupe est de Vitrolles) sur sa voiture et s'identifie à ça. Les symboles sont universels, c'est la raison pour laquelle on a choisit de s'exprimer en Français car on essaie d'utiliser ces symboles pour rendre notre musique universelle.

 

La musique de MINDLAG PROJECT est extrêmement variée, comment se passe l'écriture ?

C'est assez naturel, j'amène le concept et l'histoire que je raconte aux autres membres, on créé d'abord l'ambiance des morceaux, les sentiments qu'ils doivent dégager et ensuite on compose la musique qui colle le mieux à ce que l'on a défini.

 

Quelle est l'histoire développée sur Mindlag Project ?

Dans la chronologie de l'histoire, cet album parle du premier meurtre de Jon qui ne soit pas justifié selon son code de valeur de la justice. Sur les maxis, on parle de sa descente aux enfers et à la fin du deuxième maxi, il y a un meurtre pour lequel il y a un témoin. Jusque là Jon tuait des gens qui à ses yeux le méritaient, sur cette chanson en question, "Doomsday", il tue un pédophile mais quelqu'un le voit et du coup, il se trouve obliger de tuer cet innocent. Il se rend alors compte qu'il n'est pas tout à fait le justicier qu'il pensait être.

 

 

 

Dans votre biographie, M Office vous compare à Jeff WATERS et Chuck SCHULDINER, c'est très flatteur, comment le vivez-vous ?

C'est vrai que Chuck SCHULDINER c'est vraiment flatteur, surtout pour moi car il avait le même rôle que le mien dans ses groupes, guitare et chant (ndlr Manu assure une partie du chant de l'album). Mais nos plus grandes influences restent METALLICA, IRON MAIDEN et PINK FLOYD.

 

Et vous avez grandi avec quels groupes ?

On écoute pas mal de chose mais on en revient toujours sur ces 3 là. Chez METALLICA, ce qui nous influence c'est leur humanité, ils sont toujours vrais, en tout cas je les perçois comme cela. Ils ont toujours fait ce qu'ils voulaient faire et cette intégrité leur fait pourtant faire des albums moyens comme St Anger mais je suis un grand fan de leur liberté tout comme IRON MAIDEN. PINK FLOYD c'est le groupe absolu, ils maîtrisent tout, leur son, la voix à l'âge ils ont ! Ils savent faire des choses simples mais leurs donner un rendu extraordinaire et on essaie de garder cela à l'esprit notamment pour nos plages progressives.

 

Il parait que vos prestations live sont impressionnantes, que proposez-vous sur scène ?

Déjà on travaille beaucoup, on répète énormément et sur scène on essaye d'être sincère. On travaille beaucoup notre son pour que ça fasse un effet rouleau compresseur même si on n'est encore pas à ce que l'on a en tête. Lors de notre dernier concert, on a projeté le court métrage dont je te parlais tout à l'heure. On va essayer de faire quelque chose en ce sens avec un DJ vidéo mais c'est en cours et rien n'est fait. En même temps cela dépend des concerts car autant en tête d'affiche on n'hésite pas, autant en première partie on n'a pas toujours le temps ou les moyens de faire ce que l'on veut, on a plusieurs types de concert, en fait.

 

Avec une musique aussi complexe, ça doit être un vrai casse-tête pour le live, réarrangez-vous quelques titres ?

C'est vrai que des fois on est un peu mégalo en studio à mettre plusieurs pistes de guitare et compagnie mais sur scène, on essaye de coller un maximum à ce que l'on a pu proposer en studio.

 

Est-ce un élément important pour vous la scène ?

Personnellement, je préfère quand même la scène pour le challenge que ça représente, en plus du partage avec le public. Même si tout n'est jamais parfait sur scène, on essaye de s'appliquer et de donner le meilleur de nous même et d'en donner un maximum aux gens qui sont venus nous voir. En studio, on fait gaffe aux détails qui ont leur importance à nos yeux alors que sur scène c'est un « one shot », on fait quelques pains parfois mais ce n'est pas grave, l'énergie de la scène efface cela. Mais en studio on essaye tout de même de rester naturel, de ne pas en mettre partout.

 

 

 

J'ai vu que vous aviez déjà joué avec des groupes établis comme GOJIRA, qu'est-ce que ça représente pour vous ?

GOJIRA c'est un groupe qui représente l'espoir, ils n'ont jamais fait de concession et ont prouvé que l'on pouvait réussir avec beaucoup de travail. En plus ils ont un message écologiste peu habituel dans ce style qui nous parle. C'est d'ailleurs un des groupes Français qui nous a le plus influencé avec LOUDBLAST.

 

Est-ce que vous allez tourner ?

Oui quelques dates sont bouclées en France mais pas de réelle tournée pour le moment. Mais même si on ne sait pas quand, on fera une tournée un peu partout en France et même en Europe, on a quelques contacts pour cela en ce moment mais rien n'est défini pour l'instant.

 

Avec qui aimeriez-vous tourner ?

Et bien je dirais GOJIRA, mais là c'est TREPALIUM, des amis à nous qui y sont. Sinon dans les groupes Français, je dirais KLONE ou HACRIDE. Pour les groupes internationaux, je dirais ENSLAVED, j'aime beaucoup leur approche sonore, on se sent proche d'eux car ils jouent plus sur les sentiments. Leur musique planante fait passer des sentiments sans qu'il n'y ait aucune parole qui les explique. Je comprends que beaucoup de gens ait du mal avec le Black Metal, mais cette musique est génératrice d'ambiance alors que les gens recherchent que des chansons avec couplet/refrain, quelque chose de plus formaté.

 

Comment avez-vous signé avec M Office ? Ils semblent très actifs actuellement avec plusieurs sorties, c'est encourageant pour vous de se voir ainsi soutenu ?

On a contacté M&Office, une boîte de management qui s'est chargé de trouver le label. On a pas mal démarché, je ne sais plus combien de maquette on a envoyé depuis 2006. Ce qui nous a motivé dans notre choix c'est qu'ils n'ont pas de démarche mercantile comme beaucoup d'autres, c'est un label qui a une politique qui nous correspond. Mais je crois que l'industrie du disque en France a un gros problème car les labels cherchent avant tout un groupe qui fait quelque chose qui a déjà marché, ils veulent un groupe qui prenne la relève de grosses pointures, nous on cherchait une liberté artistique et c'est ce que nous offrait Pervade.

 

              

 

Votre premier album arrive en mars, comment vous sentez-vous ?

On est très impatient car cela fait un moment que l'album est terminé, mais tout a pris du retard. Il faut dire que c'est un milieu assez lourd et peu réactif, l'industrie du disque.

 

Personnellement, j'ai vraiment été surpris par votre album, quelles sont les premières réactions ?

Les premières réactions sont plutôt bonnes. Il faut dire qu'on s'est mis à nu sur cet album donc on attend les réactions de nos fans avec impatience. On espère d'ailleurs que les fans de la première heure l'apprécieront.

 

La variété musicale et surtout vocale m'ont impressionné, tu disais tout à l'heure votre volonté de faire passer des sentiments à travers votre art, je suppose que l'arrangement des voix suit la même logique ?

On essaye d'interpréter notre musique, de la vivre. Dans nos voix on trouve des voix brutales qui représentent le côté sombre de Jon et des voix claires chantées qui, elles interviennent lorsque des choses bonnes arrivent dans la vie de Jon. Personnellement, je m'inspire d'ailleurs de BRASSENS, BREL, GAINSBOURG et donc de NOIR DESIR qui a réussit à importer cela dans le Rock. On se souvient tous des interprétations de BREL sur scène, et puis GAINSBOURG, c'est GAINSBOURG quoi !

 

Quel est le but de ces interludes sur l'album ?

On trouve 2 interludes musicales, ce sont des choses composées dans un style différent mais que l'on aimait, je les compare souvent à Itchy et Scratchy dans les Simpsons, un dessin animé dans un dessin animé. Là c'est comme s'il y avait un autre groupe dans le groupe, un groupe fictif. Et puis il y a l'interlude bruitiste sur laquelle on entend des bruits de pelle, des bruits de pas, très importante dans l'histoire. C'est une idée qui m'est venue de l'écoute de contes à la radio, j'ai été marqué par tous ces bruits que j'entendais et qui me racontaient l'histoire sans un mot. Ces interludes font partie des détails que l'on soigne en studio, c'est un héritage de nos influences qui fait qu'à chaque écoute, l'auditeur découvre quelque chose de nouveau.

 

De quand datent ces morceaux ?

En fait quelques idées datent un peu, étant donné que l'on connait l'histoire de cet album depuis longtemps. Mais aucun titre n'était fini avant que l'on ne commence à composer.

 

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur vos maxis ?

On aime toujours les chansons qui y apparaissent, certaines plus que d'autres bien sûr, mais en fait pour nous tout ceci ce fait dans la continuité, toujours à cause du concept. Notre seul regret c'est la production de ces maxis mais on a toujours fait du mieux que l'on pouvait avec nos moyens.

 

Qui s'est occupé de la production de Mindlag Project ?

Comme depuis le début, c'est Christian CARVIN. On enregistre depuis le début avec lui mais la différence là c'est que nous avons pris notre temps, on ne voulait pas de contrainte de temps. Et puis on a progressé en temps que musicien, on a amélioré notre jeu et on a pas mal investit dans le matériel. Enfin on a beaucoup bossé le réglage de notre son, même si on est encore pas à ce que nous avons en tête, mais effectivement ça sonne déjà bien.

 

Quels sont vos projets pour 2009 ?

En dehors de l'album et de la tournée, on pense fortement à faire un clip. On est passionné par le cinéma et on voudrait unir nos deux passions. L'absolu serait de faire un film sur notre album, retranscrire à l'écran notre musique. On a dans l'idée de faire un DVD live aussi, les projets ne manquent pas. Et puis il y a le prochain album dont on connait déjà l'histoire et celle de l'album d'après dans les grandes lignes. On sait ce que l'on va exprimer, manque le moyen. On aimerait créer une espèce de feuilleton avec nos albums, comme les séries modernes qui n'ont plus rien à voir avec les séries pépères devant lesquelles on s'endormait il y a quelques années ! Bref ! Un feuilleton avec des sons qui rappellent un personnage ou un sentiment entendu sur un autre épisode, un peu comme dans Star Wars lorsque l'on entend une certaine musique, on sait que  Dark Vador va apparaitre ou que quelque chose de mal va se passer, ce genre de référence.

 

Pour finir, il y a cette chanson "Duel" sur laquelle le violoncelliste fait une prestation remarquable…

"Duel" c'est une chanson centrale car c'est à ce moment que Jon tue l'innocent. Le duel est en fait un duel avec lui-même car il se rend compte qu'il devient fou, il n'est plus maître de ses actes. Le violoncelle amène cette touche de folie et ses phrasés sont des bribes d'autres morceaux de l'album, il a effectivement un rôle important sur ce titre.

 

Merci d'avoir répondu à mes questions, quelque chose à ajouter ?

Rien de spécial, merci de s'être intéressé à nous et on espère échanger avec le plus de monde possible sur les routes.

 

     

 

 

 Interview Phoner réalisée par Aymerick "Painless" le 1er Fevrier 2009

 

 Chronique Mindlag Project

 

 www.mindlag-project.com

 www.myspace.com/mindlagproject