Le 14 novembre 2009 - Nancy - L’Autre Canal.
AMON AMARTH, COMO MUERTOS, DIE APOKALYPTISCHEN REITER, LIVARKAHIL, HACRIDE, ESCARRES, EMINENCE, BLAME, GOROD, AVERYSADSTORY, voilà l’affiche proposée pour un peu plus de 20 € à Nancy, il n’y a pas d’hésitation à avoir, je me rends sur place pour assister à la deuxième édition du festival et visiblement je ne suis pas le seul puisque c’est 1 200 personnes qui font de même, plus n’aurait pas été bien raisonnable car la grande salle ne pouvait pas en supporter beaucoup plus. En effet l’Autre Canal dispose de 2 salles, une petite d’environ 200 à 300 personnes et une grande d’un bon millier de personnes et c’est dans la petite salle que l’on pénètre en premier pour redécouvrir un groupe local que j’avais déjà pu voir l’an passé sur un festival à Saint-Dizier (Haute-Marne) mais qui va en ouverture de ce festival mettre un bonne claque aux amateurs de Stoner/Sludge Metal. AVERYSADSTORY, un groupe originaire de Bar-Le-Duc (Meuse) va vite se mettre la centaine de personnes présentent, la faute à des portes de la salle fermée très tôt avec impossibilité d’entrer ensuite, dans la poche avec sa musique autant inspirée par DOWN, CROWBAR, BLACK LABEL SOCIETY que par CORROSION OF CONFORMITY, vous imaginez maintenant la finesse avec laquelle nous sommes accueillis, une finesse qui frappe encore plus sur les nouveaux titres lourd et mid-tempo comme "Misery Inside" ou le nouveau "Chainsaw Love Talking" qui promet un nouvel album surpuissant, on en reparlera bien vite.

C’est ensuite GOROD qui prend le relais, les Français défendent leur dernier album en date Process Of A New Decline sans occulter les travaux plus anciens comme par exemple "Chronicle From The Stone Age" extrait de Leading Vision. Le Death Technique des Bordelais obtient les faveurs du public qui soutient le groupe, le chanteur semble particulièrement amoché, bouteille de whisky à la main, il lance un « on n’est pas dans une ville de PD ici » qui me laisse froid tout comme la musique du groupe dans laquelle j’ai bien du mal à entrer, une affaire de goût bien sur mais qui me donne l’opportunité d’aller à la rencontre du groupe précédent pour discuter un peu, une aventure qui me fait louper les locaux de BLAME qui verse dans le Death/Trash.
C’est donc EMINENCE que je découvre ensuite dans la grande salle, les Brésiliens nous offrent un Thrash/Death très moderne. Si le début du set est dynamique, sans être original pour autant, la suite se transforme allègrement en revue de style Metal pouvant exister, Power Metal, Thrash, Death, tout y passe donnant l’impression d’un Metal Jukebox peu convaincant et plus encore lorsque le chanteur, qui nous gratifie d’une bonne présence scénique, utilise une voix claire pas du tout maîtrisée sur les refrains, un groupe qui manque cruellement d’identité et dont le son de guitare est terriblement criard, rendez-vous manqué personnellement tout comme pour ESCARRES dont la musique Hardcore/Punk très moderne et également plutôt indigeste pour moi qui ne supporte pas les voix Emocore, à oublier rapidement également.
Mais dans la grande salle, HACRIDE s’apprête à monter sur scène, d’après les dires du groupe, lors de sa dernière visite à Nancy, il y avait 5 personnes, ce soir, c’est un accueil de roi qui est offert au groupe Français, un public conquis par un dernier album, Lazarus, excellent et révélateur de l’évolution du groupe. HACRIDE nous assène les 15 minutes de "To Walk Among Us" qui passe particulièrement bien le test de la scène, Samuel BOURREAU se met en voix petit à petit sans pour autant défaillir en début de set, son interprétation est spectaculaire et sa présence scénique de tous les instants, même pendant les plages instrumentales, le vocaliste reste sur le devant de la scène. La musique très riche d’HACRIDE est parfaitement retranscrite sur scène ce soir, avec une prestation impressionnante à la basse de Benoist DENNEVILLE qui ne se contente pas de jouer des parties de basse, sa présence dans le son du groupe est d’une grande importance, un fait qui se fait moins entendre sur album. Ensuite HACRIDE nous propose un retour sur Amoeba avec l’excellent "Perturbed" avant de revenir sur le petit dernier avec le tout aussi bon "A World Of Lies", si la prestation peut paraitre opaque pour ceux qui ne connaissent pas l’univers du groupe, pour ceux, nombreux ce soir, qui connaissent la musique d’HACRIDE, le voyage prend malheureusement fin trop tôt, un très bon show de la part d’un groupe, ravi de l’accueil du public Nancéen ce soir et qui a tout donné, une impression confirmée lorsque l’on voit la mine fatiguée de Sam après le concert. Enfin les Français font durer cette communion avec leur public à son stand où la queue est longue pour serrer la paluche aux membres du groupe. On fait malheureusement l’impasse sur LIVARKAHIL pour attendre HACRIDE et une interview qui se fera finalement plus tard (pendant COMO MUERTOS).

On reprend donc place dans la grande salle où DIE APOKALYPTISCHEN REITER a emmené tout son matériel, une grosse caisse et surtout une balançoire pour le claviériste habillé en sadomasochiste, petit short en cuir, un masque et un martinet qu’il agite régulièrement lorsqu’il vient faire son show sur le devant de la scène. Mais les Allemands assurent réellement le show à 5, le chanteur ne reste pas en retrait, il utilise une petite plateforme montante sur "Revolution" extrait de l’album Riders Of The Storm dont les Allemands interprètent également la chanson titre, le public entre rapidement dans l’univers déjanté de DIE APOKALYPTISCHEN REITER, aidé en cela par des excellents "Licked Of The Tongues Of Pride", "Fight Or Escape" ou le classique "We Will Never Die". La fin du show est une orgie de Metal festif avec "Seeman" prétexte pour faire monter une fille de l’assistance sur scène avant de l’en faire descendre à bord de leur traditionnelle embarcation gonflable, un voyage qui tourne vite court pour la jeune fille qui se prend une chute spectaculaire. Le groupe clôt sur "Metal Will Never Die" repris par le public, un hymne imparable pour mettre fin à un show qui nous aura vraiment fait passer un très bon moment, certainement l’un des meilleurs accueils du public.


Fin de la rigolade avec COMO MUERTOS, un groupe de Death Metal originaire de Sens qui donne dans un trip gore sanglant, masque anti grippe aviaire très à la mode actuellement, tablier de boucher et machette à la main, le chanteur occupe la scène et se met très vite l’assistance dans son tablier. Malheureusement, une interview avec HACRIDE ne me permet pas d’assister à l’ensemble du show mais le public semble avoir apprécié la prestation des Français.

Enfin, AMON AMARTH vient clôturer cette deuxième édition du METAL RIDE, son Viking Death Metal est très attendu ce soir et les Suédois vont donner au public ce qu’ils attendent avec une setlist se penchant surtout sur les 2 derniers albums du groupe, "Guardians Of Asgaard" bien sur, "Live For The Kill" avec son passage aux cordes, originellement interprété par APOCALYPTICA, et qui explose ensuite dans une ambiance un peu plus électrique, ou "Cry Of The Black Bird". L’ambiance monte encore d’un cran sur le classique "Death In Fire", Johann EGG harangue la foule en lui disant que la veille AMON AMARTH était à Lyon mais que, évidemment, il pensait Nancy bien plus Metal, la réaction du public est immédiate et mange dans la main du groupe. Les Suédois ont laissé les décors traditionnels ainsi que les combattants à la maison pour un show où seule la musique parle, visiblement le son n’était de niveau égal selon l’endroit où on se trouvait dans la salle, votre serviteur a eu la chance d’être bien placé comparé à certains qui disaient ne pas avoir entendu les guitares, personnellement un bon show avec son lot de classique pour mettre fin à cette deuxième édition du festival et laisser le public partir avec la banane.


Au final, on retiendra surtout AVERYSADSTORY, GOROD au regard de l’accueil du public, HACRIDE, DIE APOKALYPTISCHEN REITER, COMO MUERTOS et AMON AMARTH, une belle édition donc, un rendez-vous l’année prochaine me semble tout à fait indiqué, bravo à l’organisation pour cette journée réussie.
Textes et Photos : Aymerick "Painless"