Leif EDLING est un homme hyperactif qui croit au Doom comme un fidèle en une religion quelconque (ndlr sans sous entendu, aucun !), indéboulonnable, lorsque CANDLEMASS entre en hibernation, Leif lance ABSTRAKT ALGEBRA, lorsque l’on enterre CANDLEMASS, Leif nous envoie KRUX et lorsque CANDLEMASS sort de superbes Candlemass et King Of The Grey Island, Leif publie son premier album solo. Comment fait-il pour pondre d’aussi bons albums aussi régulièrement ? Avec ce Songs Of Torment, Songs Of Joy, le Suédois nous propose le Doom le plus extrême de sa carrière, des claviers proches de KRUX, une lourdeur de riff et une ambiance mystique jamais entendues auparavant sur les albums du maitre. Aux faux airs de MY DYING BRIDE, "The Scar" ouvre cet album dans la légèreté, riffs lancinants et claviers incisifs, la voix de Leif, car c’est lui qui assure le chant, est plaintive pour se muer vers quelque chose de plus extrême de temps à autre ("It Is Not There" ou "Space Killer"). Au milieu des sept titres Doom jusqu’au bout des ongles, on trouve cet instrumental totalement improbable, "Butterfly", qui n’apporte vraiment rien si ce n’est une ambiance glauque et dérangeante et c’est bien là où Leif EDLING parvient à nous mener à travers cette musique à la croisée de KRUX et de KURSK où la mélodie n’existe pas, aucun espoir en vue, tout juste quelques notes de clavier qui lèvent un peu le brouillard qui plane sur Songs Of Torment, Songs Of Joy. "Nautilus" semble, encore plus que les autres, être un prolongement de KRUX, comme si Leif EDLING avait jugé ces titres trop extrêmes pour apparaitre sur l’un des deux albums du projet. Une totale réussite et une vraie bonne surprise de la part de Leif EDLING, même si le style n’est pas nouveau, il l’est totalement pour le Suédois. Plus Songs Of Torment que Songs Of Joy, ce premier essai devrait réussir à vous faire voyager là où vous n’oseriez pas mettre les pieds ou l’esprit.
Chronique par Aymerick "Painless"