GRASPOP METAL MEETING – Dimanche 28 Juin 2009 – Dessel (Belgique)
Le Graspop fait aujourd’hui parti des plus gros festivals européens, avec ses 25000 personnes par jour, il garde pourtant cette taille qui lui donne une dimension bien plus humaine qu’un Wacken par exemple. L’organisation a décidé, cette année, de bousculer un petit peu les habitudes des metalheads puisque les scènes ont bougé de 300 mètres pour se dresser sur l’ancien terrain de camping et surtout l’organisation a revu le flux des fans puisque les campeurs sont maintenant juste à côté du site, une attention très appréciable et de plus, là où les années précédentes il était difficile d’évacuer la totalité du site à la fin de la journée, avec cette nouvelle disposition à 2 sorties, l’évacuation du lieu se fait dans le calme et sans débordement comme connu les années passées, les riverains apprécieront.
C’est avec mon acolyte Phil Marnais que j’arrive alors que LAMB OF GOD investit la Mainstage. Le dernier album et les différents extraits de concert du groupe que j’ai pu voir à droite et à gauche promettent un show assez visuel. Randy BLYTHE ne tarde pas à mettre le public dans sa poche par sa prestation très physique alors que le reste du groupe est un peu plus statique, c’est que mine de rien derrière ses airs jumpy, la musique de LAMB OF GOD demande une certaine concentration et le résultat est là, un show carré durant lequel "Set To Fail" ou "Dead Seeds" extraits de Wrath, dernier album en date des Américains, "Walk With Me In Hell", ou "Redneck", extraits de Sacrament (2006) ou encore "Black Label" extrait du premier album New American Gospel offert en fin de set, se chargent de maintenir la pression. Randy est bien énervé, l’homme au physique peu amical prend tout de même le temps de saluer DEVIL DRIVER, de vieux potes qui sont à l’affiche un peu plus tard dans la journée du festival Belge. Le public semble avoir apprécié et il est évident en condition live que les titres de Wrath portent moins la marque de PANTERA que leurs ainés. On se dirige alors tranquillement vers la tente Marquee 1 où va se produire CANDLEMASS dont le dernier album, Death Magic Doom, résonne encore dans ma tête. Plusieurs générations de fans se présentent au groupe qui en toute décontraction assure son soundcheck, la bonne humeur semble de mise aujourd’hui pour les Suédois. L’intro résonne sous le chapiteau alors que le public est déjà acquis à la cause de CANDLEMASS et voilà que déboule "Emperor Of The Void" sur laquelle le micro de Robert LOWE fait de gros caprices et gâche un peu cette entrée en matière pourtant très appétissante. Heureusement, changement de micro assuré pour "Samarithan", premier retour dans le passé apprécié par un public qui se montre chaleureux avec le groupe. Les poses du vocaliste sont assez surprenantes avec sa démarche nonchalante, ses yeux révulsés et ses chorégraphies indescriptibles, mais l’Américain assure et fait preuve d’une facilité déconcertante avant les extraits du dernier album, "If I Ever Die" et "Hammer Of Doom" qui passent le test de la scène haut la main. Il est vrai que le choix de ces 2 titres est assez évident mais nous sommes en festival et le but du groupe est aussi de faire découvrir sa musique à ceux qui ne connaitraient pas encore. Enfin CANDLEMASS nous offre "At The Gallows End" et "Solitude" où Lars JOHANSSON se permet quelques libertés avec la version originale en incluant quelques notes par-dessus l’intro, une initiative intéressante qui donne un côté plus Heavy Metal à ce titre Doom. C’est déjà la fin mais le groupe revient sur scène par une reprise du "Kill The King" de RAINBOW, voilà un petit clin d’œil sympathique, surtout en festival où le public apprécie tout particulièrement ce genre de petite surprise, et pour le coup, celui du Graspop est sous le charme, un concert bien mené par les Suédois car les problèmes techniques et quelques difficultés à se mettre en place et à faire décoller l’ambiance auraient pu mener le groupe à sa perte. C’est au tour du buzz du moment, CHICKENFOOT, de monter sur la Mainstage, le super groupe réunissant Chad SMITH, Joe SATRIANI, Sammy HAGAR et Michael ANTHONY, propose un Hard Rock avec une banane certaine, introduit par le petit film "What’s Chickenfoot" suivi de "Down The Drain". A première vue, les 4 gaillards sont ravis d’être là, de jouer ensemble et le font savoir, sourire vissé sur les visages, alors que Joe SATRIANI, incontrôlable, se permet quelques arrangements personnels par rapport à la version studio des titres. "Soap On A Rope" et "Sexy Little Thing" au fort accent d’AEROSMITH, sont également offerts au public qui tape du pied volontiers, pour ma part je préfère me retirer gentiment en attendant ANTHRAX qui va prendre d’assaut la Marquee 2. Le chapiteau est complet, difficile de se frayer un chemin et les Américains vont mettre tout le monde d’accord, "Indians" déboulent sans crier gare avant que "Got The Time" n’atomise le chapiteau. Comme à son habitude ANTHRAX prend le public à la gorge en balançant les hymnes mais sait également surprendre son monde avec notamment, Antisocial, reprise de TRUST et repris en cœur par l’assemblée et un nouveau titre également joué sur la plupart des récentes dates du groupe. "Caught In A Mosh" reprend le chemin de retour vers le futur alors que "What Doesn’t Die" vient nous rappeler que le dernier album studio du groupe date déjà de 2003, le backdrop en fond de scène à l’image de We’ve Come For You All nous indique que le groupe n’a pas oublié ce dernier et c’est rassurant car il pourrait bien être le meilleur album d’ANTHRAX à ce jour. NIGHTWISH prenant la suite sur la Mainstage, je laisse les Américains atomisé la Marquee 2 avec le sentiment qu’ANTHRAX a frappé un très grand coup aujourd’hui. Si Franck BELLO (ex-HELMET) est plutôt calme sur le côté gauche de la scène, Scott IAN et Rob CAGGIANO se transforment régulièrement en pois sauteur et que dire de la prestation de Dan NELSON, nouveau vocaliste, une assurance et une présence de tous les instants, en un mot, vivement l’album. NIGHTWISH donc, sur la Mainstage, et la grande inconnue, comment se débrouille Anette sur le back catalogue des Finlandais ? Le groupe est attendu et le set débute sur la bande originale de Pirate des Caraïbes dont l’ambiance colle parfaitement à NIGHTWISH. C’est "Seven Days To The Wolves" qui ouvre les hostilités, ce titre épique prend le public à contre pied et déjà un premier enseignement, le groupe est en forme, la chanteuse affiche un sourire et une grande décontraction. Comme d’habitude, Marco HIETALA est impeccable dans ses backing vocals et ses lead vocals car le bassiste a pris une place très importante au sein du groupe depuis Century Child.
En effet les mauvaises langues disant que Marco assure là où Anette ne peut pas suivre ferait mieux de réécouter Once car déjà sur cet album, le grand bassiste assurait pas mal de lignes de chant seul. C’est justement "Dead To The World" qui prend le relais et tout comme sur "The Siren", "Romanticide", "Ghost Love Score" ou "Nemo", la chanteuse s’en sort superbement en prenant quelques libertés dans l’interprétation mais jamais sans dénaturer totalement le morceau. A plusieurs reprises, Anette use de l’autodérision en soufflant énormément à la fin des titres de l’ère Tarja, ne cachant pas les efforts qu’elle fait pour assurer le show. Là où ça pêche un peu plus c’est sur "Wishmaster", un titre très lyrique sur lequel Marco épaule largement la nouvelle chanteuse, et qui montre bien à quel point le groupe était tributaire de la voix de Tarja TURUNEN à cette époque. Du dernier album, on aura également droit à "Sahara", ou à la face B "The Escapist". Alors que le groupe salut le public après le tubesque "Wish I Had An Angel", Marco est parti boire un coup en coulisse, il semble particulièrement éméché et provoque les rires du public lorsqu’il se pointe sur scène avec une bouteille de Jagermeister à la main mais aussi à la bouche. Un concert très agréable et qui rassure les plus sceptiques sur les capacités du groupe à avancer avec une nouvelle chanteuse.

Sur ce on se dirige vers la Marquee 1 où CHILDREN OF BODOM monte sur scène, là aussi, le chapiteau est plein comme un œuf. Ayant déjà vu les Finlandais à 2 reprises sur ce même festival, dont la dernière ne m’a pas du tout marqué, je n’attends pas grand-chose de ce concert. Erreur ! Sans être d’un niveau d’excellence absolu, la prestation du groupe est plus convaincante, une présence scénique plus affirmée et surtout une attitude américanisée moins palpable (excepté les innombrables « fuck » prononcés par Alexi LAIHO). "Needled 24/7" et "Bodom Beach Terror" extraits de Hatecrew Deathroll lance la machine avant un "Hate Me !" tiré de Follow the Reaper, voilà un début de concert tourné vers le passé. Mais très vite Are You Dead Yet ? et Blooddrunk vont se retrouver à l’honneur avec "Living Dead Beat", le catchy "In Your Face", "Blooddrunk" et "Hellhounds On My trail". Alors que le groupe, qui disposait d’une heure de temps de parole, s’apprête à jouer l’ultime titre, Janne WIRMAN entame le "Final Countdown" d’EUROPE, bientôt suivi par le reste du groupe et le public. Alex LAIHO met fin à la récréation en expliquant qu’ils ne jouaient pas de JOURNEY (présent à l’affiche du festival) et en adressant par la même occasion de nombreux « fuck » à son claviériste. C’est déjà "Downfall", qui sonne la fin d’un show bien plus convaincant que ce que j’ai vu jusque là de CHILDREN OF BODOM, seraient-ils sur la voix de la rédemption ?

Malheureusement la suite sera beaucoup moins joyeuse, en effet MARILYN MANSON, tête d’affiche de la dernière journée du Graspop 2009 entame son show avec des titres de The High End Of Low, nouvel album de l’Américain et qui voit surtout le retour du bassiste Twiggy RAMIREZ au bercail. "Four Rusted Horses" et "Pretty As A Swastika" montrent un MARILYN MANSON plus Hard Rock que Metal Industriel et sombre. C’est gentillet et ça n’effraie pas autant que "Disposable Teens", "Irresponsable Hate Anthem" et "The Love Song" qui prennent la suite, même si leur interprétation n’est pas des plus convaincantes non plus et "Arma-Goddamn-Motherfuckin-Geddon" enchainé à "Leave A Scar" n’arrange pas les choses. Seule la période Mechanical Animals représentée par "Rock Is Dead", "The Dope Show" et "Great Big White World" assure un niveau convenable dont nous sommes en droit d’attendre de la part de MARILYN MANSON. "Sweet Dreams", la cover d’EURYTHMICS qui a véritablement lancée la carrière du groupe Américain, est jouée ce soir avec un petit bout de "Rock’n’Roll Nigger", clin d’œil au maxi Smell Like Children avant un rappel constitué de "If I Was Your Vampire", unique extrait de Eat Me Drink Me (on ne s’en plaindra pas !) et de "The Beautiful People".
Une prestation de 1h15 seulement, alors que 1h30 était alloué, avec autant de blanc entre les titres cassant le peu de dynamique qui aurait pu se développer, cela ressemble fort à une farce. Voyez-vous, à la place, j’aurais bien repris un peu d’ANTHRAX, de NIGHTWISH ou de CANDLEMASS mais voilà, pour ma part cette édition du Graspop se finit en queue de poisson et je reste définitivement sur ma faim après ce piètre show, identique en tous points à tous les shows des Américains sur les dates de cet été. Cependant, cela ne m’empêchera pas de revenir l’année prochaine, sur 3 jours j’espère, pour goutter encore une fois à cette ambiance festive qui fait que ce festival est un rendez-vous à part. Une affiche un peu plus alléchante et tout de même à souhaiter et par pitié, pas IRON MAIDEN (pour la quinzième fois), CHILDREN OF BODOM ou autre groupe à l’affiche du Graspop tous les ans ou presque… MEGADETH n’a peut être jamais sorti d’album en Belgique ??? Merci encore à Phil MARNAIS (c’est un pseudo, il tient à garder l’anonymat) pour son aide précieuse sur les tracklistings des différents groupes.

Report par Aymerick "Painless" avec la participation amicale de Phil Marnais