Depuis 1990, un groupe nommé CLUTCH distille son Hard Rock coloré de Blues sans faire de vague, pourtant en 2009, voilà que les Américains publient Strange Cousins From The West, leur huitième album et l’Europe fait partie du plan de conquête du groupe, ce n’est pourtant pas faute d’avoir été sur des labels importants il y a quelques années. Pour résumer la musique de CLUTCH, il faut imaginer LED ZEPPELIN dans sa couleur la plus Blues, quelques rythmes enfumés rappelant le Stoner Rock, le tout servi par une voix travaillée au whisky. C’est ce que l’on pourrait appeler du Hard Rock de la Côte Ouest avec sa session rythmique groovy, son Blues qui sent la transpiration et l’essence et ce don particulier de nous emmener là où jamais on aurait pensé aller en écoutant le début d’un morceau. Rien que le premier titre, "Motherless Child" sent la poudre avec cette intro digne d’un LED ZEPPELIN avant que le Blues Rock n’emboite le pas, "Struck Down" assez nerveux n’en est pas moins mélodique avec une session rythmique très groovy et ultra présente alors que "Abraham Lincoln" est proche d’une marche militaire ou d’une musique jouée pour les honneurs d’une personnalité, un rythme plus martial mais qui garde cette ambiance Bluesy qui prend largement le dessus sur "The Amazing Kreskin" et "Let A Poor Man Be" et sa guitare slide. On trouve également "Freakonomics", déstructuré qui fait penser à une jam session plus qu’à un titre écrit, joué et répété à l’infini et tout cela sans jamais dénaturer l’essence même du groupe, à mi chemin entre CORROSION OF CONFORMITY, LED ZEPPELIN et THE BAKERTON GROUP (auquel quelques membres de CLUTCH prennent part), si AMERICAN DOG est trop Hard pour vous et que le Blues Rock d’un DEEP PURPLE actuel manque de puissance à votre goût, Strange Cousins From The West devrait vous redonner l’envie d’élever quelques bisons dans la plaine Américaine, personnellement mon baluchon est prêt. Un mot tout de même sur la production avant de partir, évidemment, vous vous en doutez, on n’a pas sorti Pro-Tool et l’ingé son super tendance, non tout est fait avec les tripes pour un résultat incroyablement poussiéreux, à consommer sans modération avec un verre de whisky (je vous laisse juge de sa contenance), album hautement conseillé…
Chronique par Aymerick "Painless"

LINE UP:
Neil Fallon : Chant & Guitare
Tim Sult : Guitare
Dan Maines : Basse
Jean-Paul Gaster : Batterie
8/10
Le 12/11/2009