On vous l’a dit et redit, Death Magic Doom, le nouvel album de CANDLEMASS est une tuerie de Heavy/Doom. J’ai eu la chance de m’entretenir avec Mats BJÖRKMAN (guitares) au sujet de cet album et à propos de bien d’autres choses. Mats est un homme passionné par ce qu’il fait et cela transpire à travers ses mots. Le sympathique Suédois démarre cet entretien en s’excusant…
Mats Björkman: Je suis en retard, j’étais supposé t’appelé il y a quelques minutes mais j’avais une autre interview avant qui a duré un peu plus longtemps que prévu. Quel est le temps en France ?
Il pleut…
Il n’y a pas de neige ? Ici, en Suède, il neige sans cesse depuis 3 jours, c’est beau.
Quel est le bilan de la période King Of The Grey Islands ?
Je pense que ce fut une période fantastique comparée à celle qui a suivie Candlemass car c’est la première fois que nous retrouvons le groupe plus fort que jamais et avec un nouvel album qui est le meilleur que nous ayons réalisé.
Robert LOWE semble avoir été bien accueilli par les fans, soulagé ? Est-il totalement intégré aujourd’hui ?
Oui il est très bien intégré et c’était fantastique. Ce que je veux dire, c’est que depuis le début de notre collaboration avec Robert, c’est ainsi. Car tout le monde parle de Messiah, il a été un membre important de CANDLEMASS mais lorsque nous avons sorti King Of The Grey Islands, beaucoup de nos fans l’ont apprécié. Bien sur, ce n’est pas un nouveau Messiah, il a son style personnel et c’est un chanteur fantastique. C’est la première fois que CANDLEMASS fait deux albums avec le même chanteur, enfin deux albums consécutifs avec le même line-up, c’est la première fois. Nous avons fait cet album ensemble et nous étions vraiment impatient de s’y mettre, plus excités que jamais alors je dois dire qu’il est un membre important du groupe.

Quel était le but de Lucifer Rising, faire patienter les fans ou utiliser des titres inédits ?
C’est une chose que nous faisons entre deux albums et nous étions supposé faire quelque chose pour la tournée Américaine alors nous avons eu l’idée de faire un single avec une nouvelle chanson du prochain album. Mais ce single serait sorti trop tard parce que nous n’avons pas eu le temps de le faire. L’été nous étions sur les festivals et la sortie devait se faire en septembre, donc nous nous sommes dit OK faisons un single avec deux chansons et c’était bon puisque nous avions ces 2 titres puis on a eu l’idée d’y mettre des titres live en Grèce parce que nous voulions montrer que nous étions un bon groupe et que Robert était un bon chanteur, puis nous avons eu l’idée de réenregistrer de vieux titres avec Robert au chant et cela devenait un EP. Donc ce qui devait être un single sortant trop tard s’est transformé en EP.
Vous vous êtes produit au Sweden Rock et au Screamfest à la fin de l’année dernière, en avez-vous profité pour tester de nouveaux titres ? Quelle fut la réaction des fans ?
C’était vraiment des shows très bons, mais pas de nouveaux titres. Les réactions du public ont été bonnes, vraiment bonnes. Nous étions supposés jouer des nouveaux titres mais nous avons du nous concentrer sur le EP.
Dans quel état d’esprit avez-vous abordé l’écriture de Death Doom Magic ? Je pense qu’il sonne plus Heavy que King Of The Grey Islands qui était assez Doom ?
Oui Death Magic Doom se situe entre King Of The Grey Islands et Candlemass, c’est exactement ça. Candlemass était l’album blanc de CANDLEMASS et King Of The Grey Islands l’album plutôt somber. Death Magic Doom est une fantastique combinaison des 2.
Robert LOWE semble avoir appose sa patte sur cet album, à quelle hauteur a-t-il participé à l’écriture de Death Magic Doom ?
Robert n’a pas réellement participé à l’écriture, Leif (EDLING-bassiste et tête pensante du groupe) est celui qui fait tout. Ca ne veut pas dire que Robert n’a rien fait du tout sur les morceaux car il sait quel chemin suivre et a su mettre quelques idées ci et là. Mais c’est Leif, bien entendu, qui compose et Robert sait que c’est mieux ainsi pour CANDLEMASS.
Peux-tu nous raconter la genèse d’un titre comme “Hammer Of Doom” que je trouve vraiment extraordinaire ?
Hammer Of Doom devait être à l’origine le nom de l’album car on pensait que l’album serait plus dans cette veine et que ce titre définissait assez bien le son Heavy que nous avions en tête. Et puis finalement, nous y avons réfléchi lorsque nous avons fini la composition de l’album et avons décidé d’en changer le nom. Je vois que tu apprécies particulièrement ce titre, je te remercie, l’idée de Leif était de faire un titre assez Heavy et beaucoup nous parle d’un rapprochement avec BLACK SABBATH mais je ne pense pas que ce soit exact car ce genre de titre existe déjà sur d’anciens albums de CANDLEMASS, il y a des similitudes avec BLACK SABBATH, certes, mais ce n’est pas une copie car ce titre est plus Heavy que ce qu’ils ont fait. Mais c’est vrai que c’est une chanson fantastique.
Avez-vous des titres dans vos cartons qui n’apparaissent pas sur l’album ?
On a des nouvelles versions d’anciens titres plutôt. Nous avons enregistré les chansons que nous avions à disposition, nous avons enregistré rapidement et n’avons enregistré que ce qui apparaitrait sur l’album.

Les Etats-Unis semblent enfin s’ouvrir à CANDLEMASS, mettez-vous l’accent sur ce pays ?
Oui, on aimerait y jouer dans chaque ville, mais les coûts sont élevés. Mais je pense que le fait que Robert soit dans le groupe peut nous aider un peu, en plus du fait que c’est un excellent chanteur. Mais ce n’est pas une obsession pour nous, nous y sortons notre nouvel album et nous y assurerons la promo mais pas plus qu’en Europe.
Après toutes ces années à faire du Doom, qu’est-ce qui vous inspire aujourd’hui ?
Comme depuis nos débuts, la bonne musique. Personnellement, je suis vraiment marqué par les 70’s, BLACK SABBATH bien sur mais beaucoup d’autres groupes qui expérimentaient. Il y a TROUBLE, MANILLA ROAD mais un nouveau groupe peut nous inspirer aussi.
Sans vouloir t’offenser, tu as connu le passage du vinyl au CD, aujourd’hui, on passe du CD à la dématérialisation du support, comment vois-tu cette évolution en tant qu’artiste et en tant que fan ?
Je suis encore un gros fan du vinyl. C’est une chose que nous devons accepter, cette évolution parce ce que c’est comme ça et que tu peux toujours dire que tu n’aimes pas, c’est comme ça, tu n’as pas le choix. Mais il y a toujours des gens qui achètent les albums, même s’ils les téléchargent avant pour certains. Je suis un collectionneur, j’aime aller dans les magasins de vinyl pour acheter les albums. Mais c’est mon opinion et c’est aussi parce que je suis passionné par la musique et je pense que le téléchargement nous aide pour qu’un maximum de gens, un jour, entendent notre musique. Mais le téléchargement est une merde. (rires)
Te souviens-tu du premier album que tu ais acheté ?
Si je me souviens bien, je crois que c’est Machine Head de DEEP PURPLE. C’était un grand album et je me souviens du feeling qu’il contient et de l’odeur de cet album. Et que ce soit un album de Marvin GAYE ou de DEEP PURPLE, c’était une grande pochette, un objet spécial, quelque chose que tu ne peux pas retrouver derrière ton ordinateur.
Depuis votre reformation, vous semblez avoir un public très fidèle, regrettes-tu les années passées loin de CANDLEMASS ou penses-tu que c’est une des raisons de votre forme actuelle ?
Notre forme actuelle ! Merci beaucoup ! Je ne sais pas si notre forme est si bonne que ça. (rires) Bien sur je pense que c’est une des raisons qui explique que CANDLEMASS soit si bien aujourd’hui, car on est heureux de jouer ensemble.
Je pense qu’une tournée Européenne va suivre, allez-vous venir en France ?
J’aimerais réellement venir en France, on est venu au Hellfest l’année dernière mais on aimerait jouer à Paris. Le mieux est que l’on vienne le week-end chez vous et nous ne savons pas si ça va se faire. J’aime Paris, j’aime la France, bonne bouffe et tout ça. Mais si nous avons une occasion de venir, nous y serons, bien sur.
Il y a des chansons que vous devez jouer en live, n’aimeriez-vous pas vous concentrer un peu plus sur vos derniers albums ?
Nous en parlons parce que nous devons faire certains titres mais nous aimerions mettre en avant les 2 albums où Robert chante. Nous avons tellement d’albums et de titres, c’est dur car il y a le nouvel album et les anciens titres que nous aimons toujours. Actuellement, nous parlons plutôt de jouer au maximum le nouvel album et bien sur nous jouerons des titres incontournables, mais nous devons penser à nos nouveaux fans qui connaissent surtout les titres les plus récents, voilà notre dilemme.
As-tu une idée du show que vous aimeriez proposer, setlist, décors de scène ?
Nous ne savons pas encore ce que seront nos shows et nous ne jouons pas sur des grandes scènes. Je pense que ce sera 4 ou 5 titres du nouvel album avec des titres des anciens line-up, mais rien n’est fixé.

J’ai vu que KRUX préparait un nouvel album, où en est-il ?
Leif a commencé mais il souhaite se concentrer sur CANDLEMASS pour le moment. Peut être qu’il y aura ce nouvel album de KRUX et je l’espère mais je n’ai pas d’idée de ce que ça va être et encore moins d’une date de sortie.
Et SOLITUDE AETERNUS ?
Ils ont parlé d’aller en studio pour enregistrer mais il y a eu tellement à faire avec CANDLEMASS. Il devait être fini avant celui de CANDLEMASS mais ils ont de nouveaux titres, c’est tout ce dont je suis sur.
OK, je te remercie, as-tu quelque chose à ajouter ?
Je suis vraiment content des réactions par rapport au nouvel album et en France tout particulièrement.
Et en Français ?
En Français ? « Je m’appelle Mats » (rires). C’est bon, hein ?
C’est un bon début, pour finir, le titre “House Of 1000 voices” est-il un hommage au film “House Of 1000 Corpses” ?
Non mais c’est vrai, je n’avais pas fait le rapprochement (rires – visiblement Mats a compris mon humour…). Merci beaucoup, c’était sympa et c’est agréable de voir que tu as réellement apprécié l’album. Si on vient jouer en France, vient me voir, n’hésite pas.
Je pense que Mats peut compter sur moi, ce sera certainement l’occasion de voir comment se déroule la tournée.
Propos recueillis par Aymerick "Painless"
Interview phoner réalisée le 24/02/2009
Chronique DEATH MAGIC DOOM