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Revenus d’entre les morts BROKEN EDGE tape du poing sur la table avec un Kaos/Fear, sans conteste le meilleur opus de sa carrière. Revigoré par les multiples aventures de ces dernières années, le groupe reste une histoire d’amitiés et de rêves ancrés dans une réalité certaine du music business actuel. C’est à l’occasion de la convention de Fismes, où le groupe était présent sur son stand pour présenter son nouvel album, que j’ai pu rencontrer les très sympathiques Thierry (chant) et Francis (guitares).

 

Peux-tu présenter BROKEN EDGE pour ceux qui ne connaitraient pas encore ?

Thierry : OK et bien BROKEN EDGE a déjà quelques années au compteur, le premier album est sorti en 1996. En 2000, on a sorti Nofamenonamenoshame, en 2002, Obey And Conform chez Thundering Records. On a eu un petit break après un changement de line-up et puis on revient en 2009 avec Kaos/Fear chez Pervade/Manitou/Thundering… (rires) il y a beaucoup de choses. Et puis là on a commencé la promo de l’album, jeudi (26 février) on était à Genève et aujourd’hui on est ici, c’est parti quoi !

 

L’évolution du groupe a tourné entre Thrash et Hardcore…

Thierry : On peut dire qu’on a brassé différents styles, différentes influences et que maintenant on a trouvé notre son, nos influences sont digérées, maintenant c’est BROKEN EDGE. On essaie de se diriger vers ça, avoir un son personnel avec des influences extérieures mais que l’on ne soit pas des copies.

 

Et ces influences, quelles sont elles ?

Thierry : Oh là, c’est très large. On est 4 dans le groupe et cela fait un paquet d’années que l’on écoute du Metal. Ca peut aller de SOILWORK à SONATA ARCTICA (montrant du doigt Francis qui porte un T-Shirt de ce groupe), c’est vraiment large, du Black, du Death, du Thrash, du Heavy, pas de style unique.

 

         

 

Que s’est-il passé depuis Obey And Conform, tu parlais de changement de line-up ?

Thierry : De 2002 à 2005 avec l’arrivée de Francis, on a eu des changements de personnel et après l’arrivée de Francis on s’est penché sur le successeur d’Obey And Conform que l’on a fini en septembre 2007. On a pris notre temps pour démarcher un label, la pochette, la distribution et tout ce qui va autour de la sortie d’un album. Et puis on ne voulait pas louper la sortie de l’album, donc on a préféré prendre notre temps.

 

Comment avez-vous atterri sur Pervade/Manitou/Thundering ?

Thierry : Si tu veux, Laurent BOCQUET, on le connait depuis 2000 et Nofamenonamenoshame. On était chez Thundering et Laurent, je le connaissais déjà lorsqu’il était dans SPASMOPHILIUS en ‘96/’97, donc c’est une histoire d’amitié. Je l’ai rencontré pour voir s’il était intéressé pour bosser sur l’album et il a accepté.

 

Kaos/Fear sort en mars, comment vous sentez-vous ?

Thierry : On est fin motivé, fin remonté, on est chaud là. Ca va faire du bien de rejouer car on a eu une période difficile. On a fait que 2 ou 3 concerts l’année dernière et puis on a préparé la sortie de l’album. Mais la promo part et les concerts commencent à s’empiler donc on est très motivé pour aller voir les gens, discuter avec toi, faire des interviews, on est vivant… Avec les albums de qualité qui sortent maintenant, c’est difficile de se faire oublier 2 ou 3 ans.

 

Où avez-vous enregistré Kaos/Fear et qui s’est chargé de la production ?

Francis : Les parties grattes et basses ont été enregistrées dans un studio chez notre batteur et c’est Stéphane BURIEZ qui est venu nous faire le son.

Thierry : En septembre, je suis parti faire le chant chez Stéphane BURIEZ et puis dans la foulée on a fait le mix et dans la foulée le mastering. On bosse avec lui de puis 2000 donc c’est pareil, cela fait un bout de temps, c’est une vieille histoire déjà. C’est quelqu’un qui sait à peu près ce que l’on veut, c’est un mec de qualité. La mode actuelle est de partir à l’étranger mais il y a des mecs valables en France et ce serait con de les zapper.

 

De quand datent les titres de Kaos/Fear ?

Thierry : En 2006, on a commencé à réellement travailler dessus, je crois.

Francis : Quand je suis arrivé dans le groupe, il y avait 2 titres à l’ébauche.

Thierry : Si tu veux, Francis a intégré le groupe donc on a cherché à tisser des liens avant tout, donc on a eu un petit temps d’adaptation et on a mis un peu plus de temps. Mais on voulait faire un album qui tienne la route donc on a préféré prendre le temps.

 

Comment se passe l’écriture au sein du groupe ? Tout le monde collabore ?

Thierry : Non, il n’y a pas de collabos dans le groupe ! (rires) Avant que Francis n’arrive, Lionel composait à partir de la basse ou d’une guitare qu’il s’est acheté par la suite. Mais lorsque Francis est arrivé, il a apporté quelques idées et je pense que sur le prochain, Francis en apportera encore plus.

Francis : Je trouve ma place dans le groupe petit à petit. Au début, étant donné que l’on vient d’horizons Metal différents, je ne connaissais pas particulièrement ce style. J’ai beaucoup écouté, me suis imprégné du son BROKEN EDGE et puis ensuite j’ai amené 2 ou 3 choses et j’ai pris confiance au sein du groupe.

Thierry : Ensuite, c’est un travail d’équipe BROKEN EDGE.

 

         

 

Au niveau des paroles, quels sont les sujets abordés ?

Thierry : L’avant dernier album était un clin d’œil à John CARPENTER. Pour Kaos/Fear, je me suis inspiré de film comme La Nuit Des Morts Vivants ou Alien. Un groupe de personnes qui résistent à une menace extérieure, c’est le fil rouge de l’album et j’y fais des clins d’œil à des films ou des livres qui m’ont marqués. Et Kaos/Fear en 2009, tout concorde car je pense que ça va être l’année de la peur et du chaos pour pas mal de gens.

Francis : Je pense que l’on a déjà une bonne promo d’assurée.

Thierry : On essaie toujours d’avoir un fil conducteur et comme je suis passionné de cinéma et de littérature, pour cet album, c’est les gens ordinaires dans une situation extraordinaire.

 

Kaos/Fear represente-t-il une nouvelle jeunesse ou les anciens titres vous parlent toujours ?

Thierry : Je pense que l’on va rejouer ces anciens titres sur scène car on avait le défaut de vite laisser tomber les anciens titres. Mais ce n’est pas une nouvelle jeunesse, c’est un coup de pied au cul pour redémarrer.

 

Vous êtes en concert le 14 mars avec TAGADA JONES à Pagney (54)…

Thierry : Et INSANE

 

Et INSANE, oui,  y a-t-il une tournée de prévue ?

Thierry : Le 18 avril, on joue chez nous à Besançon, un petit festival que l’on organise. Après on a des dates en Suisse. Les dates commencent à s’empiler. Mais comme on avait pas la date de la sortie précise de l’album à cause du nombre important de groupes chez Manitou/Prevade/Thundering, pour trouver une fenêtre de sortie, c’était compliqué donc on a pas pu faire de démarchage en amont.

 

Mais vous pensez faire une tournée ou juste enchainer quelques dates selon les propositions ?

Thierry : Pour l’instant, on saisit les opportunités, mais à partir de septembre, si on a une base bien solide, on verra pour faire quelque chose.

 

Quelles sont les premières réactions pour Kaos/Fear et notamment des fans ?

Thierry : A 80% ça va, il y a toujours 20% qui pensent que notre style est hermétique. On nous parle souvent de MESHUGGAH, mais pour certains on est trop froid, trop groovy, trop Hardcore, pas assez Hardcore. Donc je ne peux pas y faire grand-chose et on ne peut pas satisfaire tout le monde. On a bossé sur un clip qui nous a permis de toucher pas mal de gens. Mais les avis sont positifs et si jamais tout le monde t’aime c’est qu’il y a un truc qui ne va pas.

Francis : Ce n’est pas normal…

Thierry : En tout cas, il y a eu une super chronique dans HEAVY SOUND !

 

C’est moi qui l’ai faite, oui…

Thierry : Et bien je te remercie.

 

Au niveau de la distribution, vous allez voir en dehors de nos frontières ?

Thierry : Pour l’instant, on va se concentrer sur la France et après j’espère qu’il y aura des opportunités pour l’étranger.

 

Pervade vous en offre ?

Thierry : Il faut que j’en rediscute avec Laurent BOCQUET mais on va faire les choses par étape. Un truc nouveau, c’est l’album disponible en mp3, on ne maîtrise pas mais c’est un outil. Lorsque l’on voit le succès de GOJIRA, il y a de l’espoir quand même. Mais il ne faut pas se prendre la tête et travailler.

 

C’est peut être encore un peu tôt, mais avez-vous réfléchit au prochain album ?

Thierry : Dans notre tête, c’est parti (s’adressant à Francis). Vous avez commencé à travaillé avec Emmanuel ?

Francis : Oui on a commencé 2 ou 3 trucs.

Thierry : L’objectif étant que d’ici septembre 2010, l’album soit sorti. Donc on sait que l’on a un an et demi, mais la différence est que l’on est dans une phase positive car quant tu es en galère et que l’album met du temps à sortir, je dis ça mais ça se trouve on se reverra dans 7 ans (rires) Mais ça fait quelques années qu’on est là, on a du recul, on a des rêves mais des rêves bien ciblés.

 

                           

 

Francis, tu faisais parti d’autres groupes avant BROKEN EDGE ?

Francis : Oui des groupes locaux et j’en ai toujours d’autres mais qui n’ont pas les mêmes prétentions dans le sens où ces groupes sont plus un loisir.

Thierry : Mais c’est un bosseur, c’est le mec qui vient au local avec la partition des morceaux. RESPECT !

Francis : Ca fait plaisir de savoir que s’il y a une possibilité de tourner, les 4 vont répondre oui et ce n’est pas le cas pour tous les groupes. Même si au départ ce n’était pas forcément le style que j’écoutais, je prends un pied énorme à jouer…

A ce moment quelqu’un arrive pour demander du feu

Francis : Non je n’ai pas de feu (rires). Bon, on va la refaire…

Thierry : Tu couperas au montage. Tu leur as fait une mauvaise chronique, non ? (rires)

 

Donc tu disais s’il y a une tournée, ça répond présent.

Thierry : Jeudi soir, on est parti à la frontière Suisse pour jouer en direct sur une radio, c’était un truc promo, pas de défraiement mais il faut relativiser. Ici, par exemple, il devrait y avoir plus de groupe présent, ce n’est pas normal, je pense. Si tu restes sur internet, tu peux attendre longtemps. Enfin, je résonne comme ça, mais l’important c’est de voir les gens et de discuter avec ceux qui aiment bien ta musique.

Francis : C’est vrai que tout le monde n’a pas les mêmes objectifs.

Thierry : Oui, mais quand un label met de l’argent sur toi, il y a un minimum.

Francis : En effet.

En plus ici, il y a des filles ! (phrase que je ne peux évidement pas attribué à l’un ou l’autre pour des raisons évidentes…)

 

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Thierry : Personnellement, j’ai vu le niveau s’élever en France et ça fait plaisir avec le succès de GOJIRA, je trouve que c’est mérité.  Il ne reste plus que le public adhère en masse aux concerts.

Francis : Je pense que le public est moins sectaire qu’avant. Le public est beaucoup plus éclectique.

Thierry : C’est vrai qu’internet a ses travers mais par exemple, l’album n’est pas encore sorti et on a déjà une exposition importante et c’est intéressant.

 

En tout cas félicitations pour l’album…

Thierry : Merci, sympa, en plus tu as dit du bien du chant…

 

Merci beaucoup à Thierry, Francis et aux autres membres du groupe au stand, qui m’ont réservé un accueil très chaleureux.

 

 

Propos recueillis par Aymerick "Painless"

Interview réalisée le 01/03/2009 à Fismes