Comment évoquer le cas VALLENFYRE sans parler de PARADISE LOST ? En cherchant un peu vous savez certainement que ce projet a été initié par Gregor MACKINTOSCH, guitariste et principal compositeur de la bande d’Halifax. VALLENFYRE découle en fait de la période difficile qu’a connu l’Anglais et qui l’a tenu éloigné d’une partie de la tournée du dernier album de PARADISE LOST et c’est accompagné de vieux amis que Gregor MACKINTOSCH a mis en musique ses sentiments suite au décès de son père. On y retrouve donc Adrian ERLANDSSON derrière les fûts, Scoot à la basse (DOOM), Hamish GLENCROSS (MY DYING BRIDE) qui rappelle au passage qu’il sait envoyer la sauce, et Mully, un ami d’enfance de Gregor pour la deuxième guitare. En effet, ne trouvant pas de vocaliste capable de chanter sur ce projet et étant donné le caractère personnel des paroles, c’est donc Gregor MACKINTOSCH himself qui se charge des vocaux. Puisque l’on en parle, la voix… et bien c’est du traditionnel, du Death Metal Old-School et c’est la première baffe de cet album, une voix insoupçonnée pour ce guitariste, ensuite il y a la production et là encore… c’est Death Metal Old-School, un son de guitare qui rappelle les deux premiers albums de PARADISE LOST avec une production bien meilleure, c’est évident ! La production, justement, elle a été assurée par James DUNKLEY, ingénieur du son live de PARADISE LOST, et le tout mixé par Russ RUSSELL aux Parlour Studios (NAPALM DEATH, DIMMU BORGIR). VALLENFYRE est donc avant tout une histoire de famille et d’amitié, pas question ici de faire un retour aux sources au nom du dieu dollar et comme des ténèbres viennent les plus belles lumières, A Fragile King vient probablement du plus profond des ténèbres. Old-School Death Metal, Grind, Crust, tout ce qui a nourrit les DISMEMBER, AUTOPSY, ASPHYX, GRAVE, mais aussi NAPALM DEATH est réuni ici en 11 titres carton. Annoncé par un 45 tours sorti chez IMPERIUM PRODUCTIONS cet album ravira à coup sûr ceux qui ne jurent que par les deux premiers albums de PARADISE LOST, on retrouve ces lignes de guitares caractéristiques ("My Black Siberia", "Cathedrals Of Dread" dont le clip vaut le détour), cette énergie Punkisante ("Ravenous Whore", "Humanity Wept") qui ramène inévitablement vers NAPALM DEATH et cette ambiance qui fait penser à un album fait dans l’urgence. Et pourtant, les titres sont structurés, l’album a été enregistré entre décembre 2010 et avril 2011, l’ultime "The Grim Irony" a certainement nécessité du travail d’arrangement pour être aussi intéressant avec un aspect aussi dépouillé. Comme dans tout bon Death Metal Old-School, le Doom y est forcément présent et l’introduction de "Cathedrals Of Dread" ou "Seeds" en sont un exemple tout comme les nombreux passages qui viennent alourdir un propos très brutal à l’image de "Ravenous Whore". Etant donné la situation et l’état d’esprit dans lequel a été conçu cet album, on ne peut que souhaiter qu’il n’y en ait pas un deuxième mais si jamais A Fragile King a réveillé des choses chez Gregor MACKINTOSCH ou s’il n’a pas tout dit sur ce premier album, on est preneur pour un deuxième volet, le Death Metal est quand même excellent lorsqu’il est joué par des fans du genre et Gregor démontre une fois de plus qu’il est un des plus fervents amateurs de ce genre. Alors, je suis un grand fan de PARADISE LOST toutes périodes confondues et ne suis peut être pas la personne la plus objective même si je partais avec des a priori sur les bienfaits d’un tel album, mais j’ai beau l’écouter, je ne trouve rien à redire.
Chronique par Aymerick "Painless"
Le 31/10/2011
VALLENFYRE ne nous parle pas vraiment à première vue et pourtant... Ce nom devrait réveiller un mort nostalgique de la grande époque Death Grind Anglaise. Imaginez un projet qui réuni Gregor Mackintosh (PARADISE LOST), Hamish Glencross (MY DYING BRIDE) et entre autre, Adrian Erlandsson (AT THE GATES et PARADISE LOST). C'est le genre de «Dream Team» que tout fan a rêvé de voir... et surtout d'entendre. Avec les années, les humeurs des musiciens ou bien nous ne savons quoi, PARADISE LOST et MY DYING BRIDE ont évolué dans une direction qui a complètement déstabilisé la fan-base acquise à la cause plus brutale de ces deux formations. Une évolution qui, il faut le reconnaître, a permis à tout ce petit monde de faire les carrières que nous leurs connaissons maintenant. Dans le même temps, les purs et durs de la première heure se sont franchement éloignés de l'actualité des deux groupes... en espérant en cachette un retour aux sources de ces prodiges. Et bien ce moment est peut-être arrivé avec VALLENFYRE qui court-circuite tout ce que nous avaient proposé jusque là PARADISE LOST et MY DYING BRIDE. Il aura fallu un très mauvais concours de circonstance pour que Gregor Mackintosh embraye à nouveau sur un style débarrassé de connotations Dark ou mélodique. A Fragile King ne cache pas son encrage profond dans le Doom Death Metal. C'est lourd, c'est brut, avec une production que l'on peut presque qualifier de : «A l'ancienne». A la fois sombre et pesant, VALLENFYRE nous propose ce que nous espérions tous. On est loin des repas diététiques, A Fragile King emprunte au Death Metal son côté «gras» et au Doom, sa passion pour la lenteur et les rythmes obsessionnels. Cet album se veut très personnel pour Gregor Mackintosh qui n'a laissé le soin à quiconque de prendre le poste de chanteur. En guise de chant, c'est plutôt une longue complainte arrachée des tripes que l'on entendra tout au long de ce CD... Le genre de paroles et d'intonations qui vous mettent un peu plus mal à l'aise pendant que les minutes s'égrainent. L'obscur, le malsain, la haine et l'envie de tout anéantir s’entremêlent tout au long des onze titres de cet album. Il n'y a rien à dire de plus et l'on en attendait pas mieux de la part de ces légendes vivantes. A Fragile King est carré, presque irréprochable et sait nous caresser dans le sens du poil, mais n'a-ton pas déjà été bercé de la sorte par une grosse vague Death Américaine ? Impossible de répondre par la négative, l'inspiration de VALLENFYRE vient tout droit de ces influences lointaines dans le temps. Il vaut donc mieux prendre ce projet comme la volonté d'un retour aux sources et le besoin de s'extérioriser en se libérant des carcans quotidiens, plutôt que de la nouvelle formation qui va laisser des traces indélébiles dans notre esprit. Que l'on aborde cet album avec de la nostalgie ou avec une curiosité exacerbée, le sentiment de posséder entre les mains un très bon CD sera indéniable. Par contre, on ne pourra dire que VALLENFYRE met le feu au système en décrochant la palme d'or dès sa première sortie. Comme hommage à une certaine idée du Doom-Death, A Fragile King en est un remarquable représentant, en revanche ne nous amusons pas à trouver une quelconque révolution apporté par VALLENFYRE, et encore moins des points communs avec les formations d'où sortent nos musiciens. Ce serait un non sens pour nous et un suicide artistique, contentons-nous de nous faire presser et compresser par A Fragile King qui reste excellent, sans toutefois sortir du lot, même avec des années d'expériences accumulées comme bagages.
Chronique par Fred Pichot
Le 31/10/2011