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      Interview réalisée par mail avec Francesco Sosto (Claviers/Choeurs)
 
 

Oionos, le nouvel album des italiens de THE FORESHADOWING, devrait mettre une bonne claque à tous les amateurs de gothic doom. Toutefois, ne vous arrêtez pas à cette étiquette, car nous n’avons nullement affaire ici à un énième émule de MY DYING BRIDE, mais à un groupe à la personnalité marquée et au talent de composition impressionnant... C’est au retour d’un concert au Summer breeze festival que Francesco Sosto (claviers/chœurs) a répondu à mes questions...

 

Salut, ici Morbid S du webzine français HEAVY SOUND ! Vu qu’il s’agit de notre première interview, peux-tu nous presenter THE FORESHADOWING ?Francesco Sosto (claviers / choeurs) : Bien sûr. Notre histoire trouve officiellement ses origines en 2005, mais l’idée date de 1999. Notre guitariste Alessandro Pace décida de m’impliquer au clavier ainsi qu’Andrea Chiodetti (guitare). Son idée était de démarrer un nouveau groupe de gothic doom dans la veine de MY DYING BRIDE, KATATONIA et ANATHEMA. Mais le problème était que nous n’arrivions pas à trouver les membres adéquats pour compléter le groupe, donc le projet a vite été mis de côté. Beaucoup plus tard, nous nous sommes réunis à nouveau, motivés à l’idée de reprendre ce vieux projet doom. Nous avons demandé à Johan Padella (batterie) et Davide Pesola (basse) de nous rejoindre. Quelques mois plus tard nous avons engagé Marco Benevento, le chanteur et maître à penser du groupe de doom italien HOW LIKE A WINTER, qui était le chaînon manquant pour compléter notre line up.

Francesco Sosto : Bien sûr. Notre histoire trouve officiellement ses origines   

Comment décrirais-tu votre musique à quelqu’un qui ne vous connaît pas encore ?

Je pense que notre musique se veut être du doom gothique dans la veine de MY DYING BRIDE, KATATONIA et ANATHEMA, mais revisitant le son de ces groupes avec une approche moderne et un style personnel.

 

 

 

Où puisez-vous votre inspiration et quelles sont vos influences musicales ?Cela dépend beaucoup de l’humeur, je suppose. Je pense que l’inspiration peut survenir à n’importe quel moment dans la vie, dès lors que tu te trouves au bon endroit. Malheureusement, cela se produit souvent au mauvais endroit et en n’importe quelles circonstances, mais c’est la vie, justement. Pour les influences, je dirais principalement le doom gothique, mais nous aimons puiser l’inspiration dans d’autres genres de musique : ambient, post-rock, indie, rock progressif, neo-folk.

 

Quels étaient vos buts pendant la création de Oionos ?

Nous voulions juste faire un album qui serait décrit différemment. Nous n’aimons pas sortir des albums qui soient des copies des précédents. A mon sens, un album est toujours une tentative de poursuivre une évolution musicale dans le sillage de ce que tu as réalisé auparavant. C’est exactement ce que nous voulions faire avec Oionos, et si l’on se fie aux retours des critiques et du public jusqu’à présent, il semble que nous nous en soyons très bien tirés.

 

Comment comparerais-tu cet album avec Days of Nothing (2007) ?

Days of Nothing était plus équilibré et immédiat, alors que Oionos est plus dynamique et agressif. Le style n'a pas changé, c'est du pur gothic doom metal, bien que je trouve qu'Oionos est plus «doom» et moins «gothique». C'est un disque dynamique, gavé de changements de tempo, de guitares plus agressives, de claviers plus sombres, et des patterns de batterie tribaux. Même Marco a tenté quelque chose de plus expérimental avec sa voix, en intégrant ça et là quelques choeurs dans le style chants grégoriens. Nous avons aussi ajouté beaucoup de samples dans le but de souligner le concept de l'album.

 

Dans ma chronique, j’ai souligné le fait que la voix de Marco me rappelait un peu celle de Mikael Stanne, de DARK TRANQUILLITY, sur l’album Projector (1999). Es-tu d’accord ?

Personnellement, je trouve que la voix de Marco est un mélange entre celles de Peter Steele (NDR : TYPE O NEGATIVE) et Dave Gahan (NDR : DEPECHE MODE), mais la comparaison avec Mikael Stanne n’est pas déplacée.

 

Vous sentez-vous proches de la scène gothic doom scandinave, représentée par des groupes tels que DRACONIAN, SWALLOW THE SUN, SHAPE OF DESPAIR, etc. ?

Eh bien honnêtement nous nous sentons plus proches de la scène anglaise que de la scène scandinave, mais en considérant les noms que tu as cités je pense qu’il y a certainement un petit quelque chose de SHAPE OF DESPAIR dans notre musique, en particulier dans notre nouvel album.

 

Est-il facile d’être un groupe de doom metal en Italie ? Parvenez-vous facilement à décrocher des concerts ?

Absolument pas. En Italie il est déjà difficile d’être un groupe en général, pas seulement dans le doom. Je pense que n’importe qui jouant du doom en Italie aura très peu de chances de percer, commercialement parlant. Peut-être pourra-t-il être apprécié dans de grandes villes comme Milan ou Rome, où il y a un minimum d’intérêt pour ces scènes, mais ce n’est rien en comparaison des pays scandinaves ou de l’Allemagne, par exemple, où le phénomène est plus répandu. A côté de ça, le fait que nous soyons un groupe italien n’aide pas du tout à trouver des concerts, probablement parce que nous ne sommes pas encore très populaires, mais je suis également conscient qu’il y a une sorte de préjugé envers les groupes italiens. Par conséquent, nous devons certainement travailler deux fois plus dur que des groupes finnois, par exemple, pour dégoter des concerts.

 

               

 

C’est probablement un cliché, mais le groupe de metal le plus renommé d’Italie est RHAPSODY OF FIRE. Je suppose que tu trouves cela très limitatif, non ?

Eh bien je n’ai pas d’objection quant au fait qu’il s’agisse de RHAPSODY OF FIRE, même si j’ai plutôt tendance à voir LACUNA COIL comme le groupe de métal italien le plus représentatif dans le monde. De toute façon, ce que je trouve limitatif, c’est surtout qu’il y ait énormément de groupes italiens qui sont aussi talentueux que n’importe quelle autre formation étrangère, mais qui ne récoltent pas le succès qu’ils méritent réellement, probablement pour les raisons que j’ai décrites dans ma réponse à ta question précédente.

 

Sur ce nouvel album figure une reprise de Sting, "Russians". Etes-vous fans de cet artiste ou avez-vous juste pensé que cette reprise s’intègrerait bien à Oionos ?

Nous avions envie d’intégrer une reprise à l’album, et parmi toutes les options, Marco a suggéré "Russians". Et au final il s’est avéré qu’il s’agissait du meilleur choix possible du fait du sujet traité dans cette chanson, qui est étroitement lié au concept d’Oionos. Comme tu le sais, ce morceau a été écrit à une époque où une guerre nucléaire menaçait d’exploser, vu les rapports tendus existant alors entre la Russie et les USA. Vu le thème du disque, reprendre "Russians" tombait sous le sens, d’autant plus que son atmosphère sombre colle parfaitement aux sonorités doom.

 

Ok, c’était ma dernière question ! Je te laisse conclure...

Merci pour votre intérêt envers THE FORESHADOWING, nous espérons jouer en France dès que possible ! Ciao !!!

 

 

Propos recueillis par Morbid S.

 

 

 

Site Web

www.myspace.com/theforeshadowing

 

 

Chronique

Oionos