Sur la scène Black Metal, SVARTI LOGHIN apparait comme un groupe avant-gardiste pour certains ou une curiosité pour d’autres mais ne laisse personne indifférent. Formé en 2006, les Suédois avaient surpris leur monde avec un premier album, Empty World sorti en 2008, qui posait les bases d’un Black Metal ou se mêlaient tourments de l’âme et mélancolie popisante, un peu comme si Euronymous (MAYHEM) s’était accouplé avec Robert SMITH (THE CURE), un enfant nommé SVARTI LOGHIN que la scène Black Metal semble pourtant accueillir les bras ouverts. Mais avec, Drifting Through The Void, les Suédois explorent encore un peu plus ce côté Rock sombre qui fait immédiatement mouche, encore un peu timide sur le premier album, le groupe va plus loin tout au long des 8 titres y compris la reprise très fidèle du "Planet Caravan" de BLACK SABBATH, symbole de ce que le groupe peut proposer pour le côté Rock. L’arrivée de Limpan à la guitare mais surtout à la voix claire est également un atout dont le groupe jouit à plusieurs reprises sur cet opus, "Kosmik Tomhet" ou "Drifting Through The Void", renforçant au passage l’esprit 70’s qui se dégage de l’ensemble, car le gaillard n’est pas dans la texture habituelle des voix claires dans le Black. Mais SVARTI LOGHIN, qui a décidément plus d’une surprise dans son chapeau, nous propose ce "Drifting Through The Void" qui pousse l’expérimentation jusqu’à la Country, pas celle qui verrait danser Walker Texas Rangers sur le capot de son Pick-up, non la roots, celle qui puise également dans le Blues, et là les amateurs de PEARL JAM vont en prendre plein les écoutilles, tout comme ceux qui apprécient Neil YOUNG, l’harmonica est même de sortie pour un titre très réussi. La batterie joue également le jeu puisqu’aucun blast ne vient briser la paisible ambiance qui règne sur Drifting Through The Void, un jeu soft et épuré, très Rock dans l’esprit elle martèle cependant régulièrement le même rythme qui, une fois la surprise du style pratiqué par SVARTI LOGHIN passé, peut s’avérer assez répétitif. Bruitistes et ambiants, les instrumentaux "Red Sun Sets" et "Nightsky Interlude", sont l’œuvre de Håkan L. et si de premier abord, ils peuvent paraitre hors sujet, la nécessité de casser la routine qui s’installe leur donne une toute autre importance qui en fait des moments agréables. En fait, au milieu de cet univers finalement très Rock, nous avons les voix de S.L., également guitariste et claviériste, écorchées vives, elles évoquent largement l’œuvre de DEINONYCHUS dans son ambiance pesante et torturée, de même que quelques accélérations légères mais qui prennent une ambiance plus sombre et surtout plus crade. Les guitares à peine saturées donnent aussi un esprit 70’s à cet album qui va conforter ceux qui ont apprécier Empty World et qui guettaient la suite avec impatience et ce n’est visiblement rien par rapport à ce qui suit, puisque le groupe prépare un EP dont un titre, "The Sea Of Green", est en écoute sur leur page MySpace et que le groupe propose, en tout cas sur ce titre, une musique plus variée dans les tempos et avec des arrangements Rock assumés sans pour autant délaisser leur nature Black Metal. On a donc encore de très bonnes choses en perspectives avec ce groupe et Drifting Through The Void est pile sur la trajectoire de la progression du groupe, à suivre…
Chronique par Aymerick "Painless"

LINE UP:
S.L. : Guitars, Vocals, Keyboards
Limpan : Clean Vocals, Guitars
Raymond N. : Bass
Emil : Drums
8/10
Le 31/05/2010