Première édition du SONISPHERE en France, voilà un évènement que HEAVY SOUND ne pouvait pas manquer même si seule la journée de samedi avec le BIG4 était possible pour votre équipe de reporters sans frontière préférée. C’est à Amnéville (entre Nancy et Metz dans l’Est de la France) que cet évènement a lieu, l’organisation ayant certainement joué la prudence en faisant cela le plus proche possible de la frontière Allemande, les Metalheads de plusieurs pays d’Europe ont répondu présent et c’est un site bien rempli qui va accueillir les 10 groupes prévus à l’affiche. La journée du vendredi qui accueillait SLIPKNOT, DREAM THEATER, GOJIRA ou encore EVERGREY a été un bon succès visiblement mais c’est bien la journée du samedi qui fait le plein et lorsque MASS HYSTERIA monte sur scène, il reste encore beaucoup de monde dans les files d’attente pour pénétrer sur le site, deux entrées à des points opposés sur le site étaient opérationnelles, et tout autour du site, puisqu’une partie du public attendait l’entrée en matière du BIG4, le fameux esprit des fans de METALLICA qui ne jurent que par ce groupe (situation qui se vérifie pour chaque grand groupe et IRON MAIDEN ou AC/DC en tête). Le site est fait de deux imposantes scènes qui se font face, les bars et les stands de merchandising sur le côté, le tout trônant sur le plateau, pour la suite, descente d’un étage pour accéder aux stands de restauration et nouvelle descente d’un étage pour le market, d’autres stands de restauration et boisson et le camping, le tout sur un sable noir qui fait craindre la pluie, le site aurait alors pris l’allure d’un Woodstock. Heureusement, si le ciel a été menaçant parfois c’est une première édition ensoleillée à laquelle nous avons droit et la joie communicative de MASS HYSTERIA fait office d’une introduction parfaite pour la fête qui s’annonce. Bien entendu, MASS HYSTERIA développant une musique au croisement de plusieurs styles dont le Metal, les Français luttent avec leurs armes pour conquérir un public plutôt réceptif, à savoir les titres les plus Metal de leur répertoire et c’est donc Contraddiction et les 2 derniers albums qui sont à l’honneur, "Contraddiction", le brut "P4" ou "World On Fire" mais le groupe ne joue pas les arrivistes et nous envoie "L’Espoir Fou" de l’album De Cercles En Cercles". Comme à chaque prestation des Français c’est "Furia" qui clôt un set fort convaincant alors que Mouss par humour ou démagogie se compte dans le Big4 avec BUKOWSKI, GOJITRA (qui se sont produits la veille) et LOUDBLAST mais le principal est que les Français ont assuré et ont certainement un peu convaincu non sans partir sur l’introduction de "Creeping Death" sur laquelle le public réagit immédiatement.
Setlist : Contraddiction / Une Somme De Détails / World On Fire / Plus qu'aucune Mer / L'espoir Fou / P4 / Furia.
A peine le temps de se retourner que DIAMOND HEAD est déjà sur la grande scène, la scène Apollo où se produit le Big4, et nous envoie "It’s Electric" qui permet au public d’entrer de plein pied dans un show sympathique mais dont les moments les plus forts sont l’interprétation des titres repris par METALLICA comme "The Prince", "Helpless" ou l’ultime "Am I Evil ?" sur lequel le public se lâche un peu plus. Avec un chanteur Nick TART parfois un peu en difficulté, le groupe semble figé dans les 80’s tant son style semble désuet. Une bonne introduction à la scène Thrash toutefois, DIAMOND HEAD n’a pas forcément convaincu mais en ne jouant que des vieux titres très entendus et attendus, le principal est assuré, le public a eu droit à 30 minutes nostalgiques plutôt sympathiques.
Setlist : It's Electric / Give It To Me / The Prince / Sucking My Love / Helpless / Am I Evil ?

Dernier groupe Français du week-end à monter sur scène, LOUDBLAST bénéficie d’un accueil intéressant même si les plus anciens venus pour le Big4 sont un peu largués par le Death Metal des Français. Stéphane BURIEZ, frontman du groupe, sur joue peut être un peu le côté evil aujourd’hui, LOUDBLAST assurant le show le plus brutal de ce jour même si son Death Metal reste malheureusement un peu glacial sur scène, de bonne mélodies, une très grosse envie de la part du groupe mais là où sur album on prend une claque de part son ambiance, sur scène et surtout en festival, sur une grande scène, LOUDBLAST se fait peut être un peu trop linéaire. Reste que le mid tempo "Emptiness Crushes My Soul" ou le plus direct "Neverending Blast" issus de l’excellent dernier album du groupe, passent très bien le test de la scène. Bien entendu, difficile de ne pas balancer un petit "Cross The Treshold" issu du EP du même nom sorti en 1993, que les amateurs de Death présents accueillent à gorge déployée. Un bon show et assurément une très bonne opportunité pour LOUDBLAST de signifier qu’ils sont de retour, en espérant que ce soit pour de bon cette fois-ci.

Après une courte pause d’une dizaine de minutes, la scène Apollo devient le point de convergence de tous les regards, c’est le début du Big4 avec ANTHRAX, difficile, très difficile de se frayer un chemin dans les 20-30 premiers rangs. C’est la pochette d’Among The Living qui trône en fond de scène, le message est clair, inutile d’attendre un quelconque titre de l’excellent We’ve Come For You All aujourd’hui, Joe BELLADONNA s’y refusant (ou n’en étant pas capable !). "Caught in A Mosh" ouvre le bal et là première surprise c’est Andreas KISSER qui tient une des deux guitares en lieu et place de Scott IAN malade semble-t-il comme l’expliquera un peu plus tard le Brésilien. Les classiques défilent "Got The Time", "Mad House", "Indians", le public réagit plutôt bien mais lorsque les Américains annoncent "Antisocial", c’est la première grosse réaction du public, comment éviter ce morceau en France ? ANTHRAX nous gratifiera également d’un nouveau titre issu d’un album, Worship Music, nouvelle mouture puisque déjà enregistré avec son précédent chanteur Dan NELSON, que Joe BELLADONNA nous promet pour septembre (ndlr on suppose qu’il parlait bien de septembre 2011 !!!). "Fight ‘Em ‘Til You Can’t", qui est téléchargeable gratuitement à partir du site officiel du groupe, est plutôt prometteur, Franck BELLO, le bassiste, est particulièrement présent au micro sur le refrain alors que le chanteur descend sur une avancée de scène où les cameramen sont postés, un nouveau titre prometteur qui est suivi d’"Only", nouveau classique du groupe. Avant de conclure, Andreas KISSER prend le micro et explique la raison de sa présence avant de balancer une bonne partie de "Refuse/Resist" provocant au passage la plus grosse réaction du public, plutôt triste pour un groupe qui avait les cartes en main pour aller de l’avant et qui a choisi de rester bloquer dans les 80’s en refaisant appel à Joe BELLADONNA au chant. Le premier quart du BIG4 se retire non sans avoir lancé un ultime "I Am The Law" pour 45 minutes de show, là encore, sympathique mais très loin derrière ce qui va suivre sur cette scène Apollo, la présence de ce groupe dans le BIG4 des 80’s ne souffre d’aucune discussion, celui de 2011 par contre...
Setlist : Caught In A Mosh / Got The Time / MadHouse / Antisocial / Indians / Fight ‘Em ‘Til You Can’t / Only / I Am The Law.


Changement de décor et d’ambiance puisque ce sont les virevoltants VOLBEAT qui prennent d’assaut la scène Saturn, mélange savoureux de Rockabilly, de Metal, de Punk ou même de Country. Michael POULSEN tient bien la scène tout comme ses acolytes et sa facilité à faire Rocker n’importe quel titre reste stupéfiante. L’accueil du public est sympathique, les Metalheads préférant regarder la prestation de loin en attendant la montée sur scène de SLAYER. "Maybeline I Hofteholder" ou "A Better Believer" sont envoyés à un public très réceptif, un très bon show, très pro et surtout une pause salutaire au milieu de cette affiche chargée en décibels avec ce style inclassable et rafraîchissant.

Qu’y a-t-il de plus classique qu’un show de SLAYER, un autre show de SLAYER ? Aujourd’hui, cette théorie ne va pas vraiment se vérifier et pour cause, c’est Gary HOLT (EXODUS) qui tient la guitare à la place d’un Jeff HANNEMAN souffrant et c’est "God Hates Us All" qui ouvre le bal, le groupe se la jouant Old-School, pas d’entrée sur scène scénarisée, juste 4 gars balançant un Thrash Metal qui fait des ravages dans les premiers rangs lorsque déboule "War Ensemble". S’en suivent une flopée de classiques avec "Dead Skin Mask" et son introduction habituelle où Tom ARAYA lance le fameux Dance with the dead in my dreams, Listen to their hallowed screams…, "Mandatory Suicide", "Angel Of Death", "South Of Heaven" et "Reign In Blood" bien sur pour finir un show plutôt convaincant, en tout cas bien plus que ce que les Américains avaient pu faire ces dernières années, la présence de Gary HOLT, particulièrement remuant, a peut être dynamisé le groupe où seul Dave LOMBARDO semblait légèrement en dessous. Le groupe semble soudé comme jamais même si le contraste entre le sourire continu de Tom ARAYA et la tronche de 4 pieds de Kerry KING est saisissant, là encore, difficile de se frayer un chemin dans les premiers rangs mais le public choisi la fin du show de SLAYER pour aller se restaurer préférant écouter ces classiques d’un peu plus loin.
Setlist : Disciple / War Ensemble / Hate Worldwide / Postmortem / Dead Skin Mask / Snuff / Dittohead / Mandatory Suicide / Chemical Warfare / South Of Heaven / Raining Blood / Black Magic / Angel Of Death.


Alors, il n’est pas surprenant de voir que PAPA ROACH n’est pas particulièrement attendu aujourd’hui, ce Rock/Metal très moderne s’adresse surtout à la frange la plus jeune du public et même si Jacoby SHADDIX, remuant chanteur du groupe, se donne à fond comme toujours, il est bien difficile de convaincre une horde de Metalheads qui n’attendent qu’une chose, la montée sur scène de MEGADETH sur l’autre scène. Un petit "Last Resort" extrait de l’album Infest de la fin des années 90 en pleine mouvance Neo Metal finit cette prestation que l’on aura suivie de très loin.
Setlist : Getting Away With Murder / ...To Be Loved / Burn / Between Angels And Insects / Hollywood Whore / Kick In The Teeth / Lifeline / Scars / Last Resort.
20h50, c’est le tour de MEGADETH de monter sur scène, c’est Shawn DROVER qui monte en premier sur scène pour l’introduction de "Trust" sur laquelle Dave MUSTAINE arbore une jolie guitare double manche qu’il gardera également sur "My Darkest Hour". Ces 2 titres donnent un début de concert plutôt calme, un choix étonnant de la part du groupe d’autant plus que le vent tourbillonnant fragilise un son manquant déjà un peu de puissance. Toutefois, Dave MUSTAINE est plus présent que d’habitude où il se cache derrière sa tignace rousse sur les 2 ou 3 premiers titres et "Wake Up Dead" malgré son rendu brouillon est le point de démarrage véritable de ce show. Les Américains semblent fatigués et plus au meilleur de leur forme comme lors de leur tournée en support de leur dernier album Endgame et les difficultés du frontman à assurer les parties de chant les plus aigues à l’image d’un "Sweating Bullets" ne manquant toutefois pas de mordant ou la version un peu poussive de "Headcrusher". Dave MUSTAINE change de guitare régulièrement, la flying V à l’effigie de Rust In Peace, celle à l’effigie de United Abominations durant l’incontournable "A Tout Le Monde" prétexte à tous les canards de l’assemblée pour se laisser aller. Les fans auront droit à un nouveau titre, "Public Enema #1" finalement assez peu convaincant, ce titre se trouve dans la lignée d’un World Needs A Hero avec son approche Heavy, une écoute de la version studio est préférable avant de l’enterrer définitivement toutefois surtout vu l’état de fatigue du groupe ce soir. "Peace Sells" est prétexte pour une entrée sur scène de Ed, mascotte du groupe, ou un gars en smoking avec un masque, avant le grand ratage de ce set avec "Holy Wars" où son introduction très rapide n’est pas jouée et le break acoustique raté par Chris BRODERICK, sacrilège ultime avant une sortie de scène habituelle au son de "Silent Scorn" issu de The World Needs A Hero. Une prestation en demi-teinte pour MEGADETH qui a pourtant réussi à séduire le public présent mais il est grand temps que le quintet s’accorde un peu de repos pour revenir plus fort avec un nouvel album.
Setlist : Trust / My Darkest hour / Wake Up Dead / Hangar 18 / Poison Was The Cure / Sweating Bullets / Public Enema #1 / Headcrusher / A Tout Le Monde / Symphony Of Destruction / Peace Sells / Holy Wars.


METALLICA monte sur scène vers 23h15, avec un léger retard, mais tout le monde oublie fatigue et autres maux de jambes pour exploser au son de "The Ecstasy of Gold" alors que les écrans latéraux diffusent la célèbre scène tirée de Le Bon, la Brute et le Truand. A peine le temps de réaliser que le groupe s’est installé durant ce laps de temps que retentit "Hit the Lights", et on comprend que le gang persiste dans une veine très old school. Viennent ensuite "Master of Puppets" et une ribambelle de classiques extraits presque exclusivement des quatre premiers albums, soit exactement ce que la majorité du public est venue entendre ! En effet, seuls "Sad but true" et "Enter Sandman" (Metallica, 1991), "The Memory remains" (Reload, 1997) et "All Nightmare long" (Death Magnetic, 2008) ne sont pas issus de ces disques cultes. On le sait, le point fort de METALLICA reste ses setlists imprévisibles (même si cela donne lieu à quelques approximations dans l’interprétation) et nous en avons une nouvelle preuve avec la surprise "The Call of Ktulu" qui prend une dimension impressionnante sur scène, avec un Robert Trujillo brillant sur les soli de basse. Rob, justement, est à fond, comme toujours, tout comme James Hetfield, très en voix ce soir. Il faut dire que le chanteur, en véritable icône du genre, nous a rarement déçus, ce qui contraste avec les chœurs plutôt moyens réalisés par Trujillo et Kirk Hammett. S’il est définitivement acquis que ce dernier et Lars Ulrich (et son crane sérieusement dégarni) ne sont plus aussi affûtés, les deux compères assurent le job correctement. Lars déborde, comme à son habitude, d’exubérance, d’énergie et d’arrogance. Le feu d’artifice déployé lors de "One" impressionne d’autant plus que le show est relativement sobre, mis à part un jeu de lumières impeccable et l’écran géant supplémentaire couvrant tout le fond de scène : sympa pour les petits gabarits ! Lors des rappels, le public espère une jam sur "Am I Evil?" comme dans le DVD du concert de Sofia, mais James annonce que SLAYER et MEGADETH ont déjà quitté le festival pour honorer d’autres engagements. Quelques déçus se font entendre, mais on ne perd pas tant que ça au change puisqu’ANTHRAX est bien là, avec Andreas Kisser donc, ainsi que Brian Tatler (DIAMOND HEAD) ! Ce petit monde balance un "Helpless" d’anthologie avant que METALLICA ne clôture son concert par "Damage, Inc.", "Creeping Death" et les désormais traditionnels speeches de chaque membre du groupe. Il s’est écoulé environ 2h15 (entre le début de l’intro et la sortie de scène définitive) durant lesquelles le quatuor californien a donné un excellent concert, et a judicieusement contrebalancé sa tournée World Magnetic avec un show et une setlist différents. Reste que METALLICA continue à privilégier la quantité à la qualité...
Setlist : Hit The Lights / Master of Puppets / The Shortest Straw / Seek & Destroy / Welcome Home (Sanitarium) / Ride The Lightning / The Memory Remains / All Nightmare Long / Sad But True / The Call Of Ktulu / One / For Whom The Bell Tolls / Blackened / Fade To Black / Enter Sandman / Helpless (feat. DIAMOND HEAD & ANTHRAX) / Damage Inc. / Creeping Death.


Voilà donc une première édition du SONISPHERE réussie alors que sur les écrans l’organisation nous parle déjà d’une nouvelle édition l’an prochain. Au même endroit ? Avec quelle affiche ? Des questions auxquelles nous auront des réponses au fur et à mesure des mois mais la réponse massive des Metalheads a rassuré même si un terrain peu favorable avec des pentes de part et d’autre du terrain, une superficie un peu juste pour le nombre de spectateur et des embouteillages à n’en plus finir pour sortir du terrain mais également d’Amnéville, on aura mis 2h30 pour quitter les lieux, restent des points d’amélioration sensibles, on quitte les lieux avec des images plein la tête et l’impression d’oublier quelque chose m’envahit… ah oui ! Entre MEGADETH et METALLICA il y avait TARJA, vous savez celle qui hypocritement assure que NIGHTWISH n’était qu’une passade et qui s’empresse ensuite d’en balancer 2 titres, on a préféré se placer pour METALLICA et 95% du public a fait de même...
Textes : Aymerick "Painless" & Morbid S.
Photos : Aymerick "Painless"
sauf DIAMOND HEAD / LOUDBLAST / ANTHRAX / METALLICA : (DR)
http://www.mylorraine.fr/article/sonisphere-france-8-et-9-juillet-2011-amneville/7583/