Avec SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION (SCD pour les intimes), on touche au cœur du mal Français qui gangrène la scène Metal nationale. C'est à dire d'avoir à disposition un groupe avec un énorme potentiel et qui ne peut récolter qu'un succès d'estime. Si l'on se lance à disserter sur le sujet, ce n'est plus une chronique qu'il faut écrire, mais peut-être bien un bon petit pavé de plus de 400 pages, tellement la liste est longue des sacrifiés. En plus, cet état de fait ne nous concerne pas franchement ici, c'est plutôt Sheep'N'Guns qui est au cœur de nos préoccupations. Mais comme tout est intimement lié, le fait de savoir que SCD a toujours sorti d'excellents albums, que son histoire est aussi chaotique que le parcours d'une épreuve de bosses en ski, et que le succès qu'il a rencontré tient plus du statut de groupe culte que de millionnaire, on aura d'entrée quelques explications pour mieux aborder cette formation Parisienne. Sheep'N'Guns est déjà le quatrième album de SCD avec autant de maison de disque derrière lui, ou presque. Trois plus exactement, SCD diffusera cet album en téléchargement payant pour le moment dans l'attente d'une signature en bonne et due forme. Lorsque les choses sont compliquées pour une formation, on peut se rendre compte qu'elles le sont jusqu'au bout ! Quatre albums en 15 ans... Et sans parler que celui-ci scelle cette date anniversaire, on ne peut pas dire que nous avons été envahi par les productions de SCD. De loin, on s’aperçoit que peu de disques mêlé aux changements de labels à répétition ne font pas bon ménage et permet plus d'enterré une formation que de le propulser vers la gloire. Et pourtant, dans le même temps SCD n'a sorti que des perles, dans des styles différents certes, avec une vrai cassure entre 2 et Inventory Of Fixtures, mais de véritables bijoux de Grind avec un méchant penchant Gore à ces débuts. Sheep'N'Guns ne sort pas du rang en proposant cette si délicate mixture de Grind métallisé au Death, presque «sautillant», qui mélange rythme lourds, mid-tempo et passages emprunts d'une frénésie communicative. Du côté chant, on retrouve la marque de fabrique de SCD avec ce chanteur qui n'a pas fini d'être écorché depuis le temps... Un pur régal ! Et alors direz-vous, où est le problème ? Et bien comme d'habitude, SCD propose un superbe album, 40 minutes de saccage auditif que nous allons encenser et qui sera reconnu par ses pairs, mais arrivera-t-il à trouver ce public qui lui fait tant défaut ? L'absence de maison de disque n'est pas là pour nous rassurer et une fois encore, on croise les doigts pour que SCD ne sombre pas dans l'oublie général. Un gâchi de plus qui n'a pas lieu d'être et auquel nous ne voulons même pas penser...
Chronique par Fred Pichot
Le 28/09/2011
