Formant le Ying et le Yang avec MINISTRY, cet autre groupe d’Al JOURGENSEN, REVOLTING COCKS continue lui son chemin comme seul défouloir du grand bonhomme. La réputation sulfureuse du groupe n’est plus à faire, lancé dans un style proche de la New Wave en 1985, REVOLTING COCKS s’était petit à petit rapprocher de sa moitié dans le style musical car conceptuellement, les paroles sont toujours aussi tournées vers le sexe en général, ce domaine allant de paire avec la politique, sujet de prédilection d’Al au sein de feu MINISTRY, surtout aux Etats-Unis où les deux sujets sont souvent liés (hum je m’égare…). Aujourd’hui, REVOLTING COCKS revient avec Get Cock à l’artwork très parlant, septième album du groupe (si on exclu les différents albums de remixes aussi indispensables qu’un tube de crème solaire en Bretagne !) et revient par la même occasion vers quelque chose de plus Rock et New Wave. "Trojan Horse" et "Filthy Señoritas", qui ouvrent le bal, ne sont pas sans rappeler nos amis de THE CURE (les couleurs de la pochette rappelant même l’ambiance de Kiss Me…Kiss Me…Kiss Me), de même sur le refrain de "Dykes" au contenu bien plus Electro Metal et moderne que son refrain qui fleure bon les 80’s. La musique monte en intensité et en agressivité jusqu’à un "Piss Army" particulièrement virulent qui n’aurait pas déparié sur un album de MINISTRY. Pourtant, la musique de REVOLTING COCKS s’est belle et bien adoucie, de même que la voix d’Al JOURGENSEN majoritairement claire, on est loin des hurlements continus, la mélodie Pop qui domine le refrain entêtant de "Bitch Addictive" est un exemple criant, ou plutôt parlant comme vous voudrez. On reconnait bien le style JOURGENSEN, cette patte unique, même si les grosses guitares sont rangées dans les armoires, ceux qui ont suivi la carrière du génie ne seront pas dépaysés, on est en terrain balisé, presqu’un résumé de ce que l’homme a pu proposer depuis ses débuts en 1985 dans ses 2 groupes majeurs. Un parallèle peut être tracé avec KILLING JOKE même si le côté Rock’n’roll est plus prononcé chez ce dernier, les ambiances ne sont pas si éloignées, on serait tenté de croire qu’Al JOURGENSEN cherche à se racheter une conduite aux USA, contestataire avéré de la Bush Corporation, l’homme a régulièrement été l’objet d’attaques médiatiques pour désolidarisation nationaliste. "Me So Horny" finit de nous ramener dans le temps avec ce titre Electro/Dance à la voix masculine insolente et son penchant féminin digne d’une professionnelle du macadam large de 2 mètres, malheureusement monnaie courante dans la Dance (on reviendra nous refaire des discours sur le respect de la femme…) et comme si vous n’aviez pas pris votre dose, une version remix est proposée toute suite derrière. Un souhait, c’est que 13th Planet Records se retiendra d’en faire un album de remixes l’année prochaine, une satisfaction, retrouver Al JOURGENSEN en aussi bonne forme, les amateurs peuvent se pencher sur cet album les yeux fermés et les écoutilles grande ouvertes, le talent est intact. Bien entendu, HEAVY SOUND étant avant tout adressé aux Metalheads j’attire votre attention sur le fait que les guitares ne sont que peu présentes mais l’agressivité d’un "Piss Army" domine largement certains titres de Metal, c’est pourquoi REVOLTING COCKS, à mon sens, mérite une place dans une discothèque Metal éclectique.
Chronique par Aymerick "Painless"

7/10
Le 17/04/2010