RAISMES FEST 2010
11 & 12 Septembre 2010 - Chateau de La Princesse d'Aremberg
RAISMES
Comme chaque année, le deuxième weekend de septembre, HEAVY SOUND fait le déplacement en territoire Ch'ti, plus précisement à Raismes, pour deux jours placés sous le signe de la bonne humeur et de la bonne zique Hard et Metal comme on l'aime. Cette année encore l'affiche est des plus alléchantes avec la présence de groupes comme ELUVEITIE, GRAND MAGUS ou FREEDOM CALL, les têtes d'affiche êtant allouées à URIAH HEEP (samedi) et KROKUS le dimanche.
Samedi 11 Septembre 2010
Lorsque nous pénétrons dans l'enceinte du festival, TRONCKH s'échine déjà sur la scène "découverte" avec son Metal Fusion pas vraiment convaincant, je dois dire que ce style ne m'a jamais vraiment attiré, il en sera tout autre avec SWAMP qui ouvre sur la grande scène, ces lillois évoluent en tant que tribute Band à LYNYRD SKYNYRD et nous délivrent un bon Southern Rock made in Jacksonville, le groupe n'en est pas à son coup d'essai, SWAMP ayant notamment ouvert pour des pointures telles que TEN YEARS AFTER ou CALVIN RUSSELL, nos six Rockers sont visiblement heureux d'être là malgré une affluence encore quelque peu restreinte en ce début d'aprés midi, ce qui ne les empèche pas de délivrer une trés bonne prestation avec une bonne présence scénique qui nous permet de rentrer de suite dans l'ambiance.

Petit détour par la scène "découverte" pour assister à la prestation des Belges de KLAWS qui pratiquent un Metal moderne, non je n'ai pas dit Metalcore, plutot convaincant, Christophe Payen au chant passe allégrement de growls à un chant clair avec une certaine aisance, les 25 minutes de set passent à la vitesse de l'éclair, du bon Metal énergique parfaitement taillé pour le live !
Julien Wolf, chroniqueur à ses heures pour HEAVY SOUND, m'avait déjà dit le plus grand bien de ZOE, l'occasion m'est enfin donné de les découvrir en live, qui plus est dans les meilleurs conditions possibles sur la grande scène, le groupe semble déjà jouir d'une solide réputation scénique et confirme ici tout le bien que l'on pouvait penser d'eux à l'écoute de Dirty Little Sister, leur dernier opus sorti l'année dernière. ZOE délivre un solide Stoner Rock teinté de Metal, un peu dans la veine de KYUSS, pas de temps mort durant les 40 minutes que dure le set des nordistes, le groupe est scéniquement irréprochable et ne manque pas de convaincre le public présent avec un set carré et bien rodé !


Nouveau passage par la petite scène pour y découvrir, aprés tout c'est le role d'une scène "découverte" !, WARDANZ, un combo tout droit venu du Haut Languedoc pour nous asséner une bonne dose de Heavy Metal bien pêchu. Emmené par Kevin Total au chant et à la guitare, nos languedociens délivrent une prestation énergique et enjouée... un bon moment de Heavy classique finalement plutot rafraichissant !

Premier groupe international a fouler les planches de la scène du Raismes Fest, les Anglais de CRIMES OF PASSION, dont j'avais déjà entendu quelques échos plutot positifs aprés leur passage par les Rockalies l'année dernière, vont nous balancer leur Heavy Rock mélodique avec Dale, un frontman dont le look et l'attitude scénique ne sont pas sans rappeler un certain Sebastian Bach (SKID ROW), CRIMES OF PASSION s'en sort fort honorablement, délivrant un set de trés bonne tenue où regne bonne humeur et un certain esprit fun... rien de bien original mais suffisamment convaincant pour s'attirer les faveurs du public.

On attendait E-NORA initialement programmé sur la scène "découverte", c'est finalement INCRY qui remplace le groupe de Symphonic Metal au pied levé, les Parisiens, dont je n'avais jamais entendu parlé auparavant, semblent avoir déjà une bonne experience de la scène. Kourros se révèle un chanteur impressionnant aussi bien vocalement que scéniquement et le groupe délivre un Rock/Metal puissant et énergique avec chant en Français, une prestation qui se conclue sur une reprise du "Amerika" de RAMMSTEIN ; l'ensemble semble bien rodé mais ne me convaint que moyennement.
C'est maintenant au tour des Suèdois de THE MURDER OF MY SWEET d'investir la grande scène. Fort d'un premier album plutot bien reçu sorti en début d'année, ce groupe à la tête duquel se trouve Daniel Flores (batterie) et la charmante Angelica Rylin nous offre un set fort sympathique, sorte de rencontre entre Metal Gothique et symphonique exécuté avec une approche assez Pop, les Suèdois se montrent à leur aise et les titres de Divanity, l'unique album de THE MURDER OF MY SWEET, passent impeccablement l'épreuve du live.

Nous zapperons les prestations des deux groupes restant à se succéder sur la scène "découverte" car assez éloignés de nos affinités musicales : PONCHARELLO et son Garage Rock/Punk, et les Belges de FREE LAUNCH qui eux officient dans un Rock/Metal à tendance électro, nous concentrant maintenant sur la scène principale avec tout d'abord le set de GRAND MAGUS qui va faire forte impression avec son Heavy/Doom de trés bonne facture, nous avons bien entendu la primeur de quelques extraits du recent Hammer Of The North, les Suèdois n'en oublient pas pour autant leurs anciennes réalisations, nous concoctant une set list équilibrée qui pioche aussi bien dans le premier opus éponyme que dans l'avant dernier Iron Will. Le groupe est en grande forme, JB ne faillit pas à sa réputation d'excellent vocaliste et nous délivre ses riffs plombés avec une dextérité impréssionnante, le tout soutenu par une section rythmique en béton armé, le public est enthousiaste et soutient le trio comme il se doit, nous assistons même aux premiers slams de la journée. Le marteau de GRAND MAGUS s'est abattu sur la scène du Raismes Fest tel une déferlante métallique ! De mon avis personnel, le meilleur concert de cette première journée.


C'est maintenant les Suisses d'ELUVEITIE qui foulent les planches du Raismes Fest. Chrigel et sa bande de bardes Helvetes vont délivrer tout au long de leur prestation un set d'une puissance impressionnante où se cotoie Folk Metal celtique et Death mélodique éxécuté à grand renfort d'instruments traditionnels tels que mandoline, flutes, flutiau, vielle à roue ou violon Irlandais, ça bouge sévère dans le public qui improvisera même un wall of death durant le percutant "Kingdom Come Undone", il faut dire que le groupe compte bon nombre de fervents supporters qui ne demandent qu'à s'éclater au son de ces morceaux accrocheurs, à l'image de cet excellent "Inis Mona" popularisé en son temps par Alan Stivell et réarrangé depuis à la sauce ELUVEITIE. Belle performance des Suisses qui ont visiblement rassemblé une bonne partie du public sous leur bannière.

40 ans de carrière, 30 millions d'albums vendus, voilà des chiffres qui d'emblée forcent le respect, ces chiffres sont à attribuer à URIAH HEEP qui ce soir se voit propulser tête d'affiche de cette première journée, ce groupe Anglais contemporain de DEEP PURPLE ou LED ZEPPELIN est toujours resté dans l'ombre de ces dinosaures, URIAH HEEP n'en est pas moins une légende du Hard Rock à tendance progressive. Certes le groupe ne compte plus en ses rangs qu'un seul membre d'origine, le guitariste Mick Box, le chant est tenu par Bernie Shaw, présent au sein du band depuis déjà 25 ans, le fringuant vocaliste n'a rien perdu de sa forme scénique, ces vétérans sont encore capables de belles choses, le groupe ne s'économise pas et nous livre une prestation efficace passant en revue sa féconde carrière avec le récent "Walk The Sleeper", les classiques "Return To Fantasy", "Stealin", "July Morning" ou l'incontournable "Easy Livin'"... Le groupe se faisant plutot rare en France, ce n'est que la troisième fois qu'URIAH HEEP joue dans nos contrées en 25 ans, c'est donc à sa juste valeur que nous apprécions ce concert de Classic Hard Rock qui cloture en beauté cette première journée de festival.

Set List URIAH HEEP :
Wake The Sleeper - Return To Fantasy - Only Human - Book Of Lies - Bird Of Prey - Corridors Of Madness -
Stealin' - Free An' Easy - Gypsy - Look At Yourself - Angels Walk With You - July Morning - Easy Livin' -
Sunrise - Lady In Black.
Dimanche 12 Septembre 2010
C'est à 12h30 que débute cette seconde journée de Festival avec VELOCE HYSTORIA qui a la lourde tache d'ouvrir sur la scène principale, pas vraiment la meilleure place sur l'affiche à cette heure où le public est encore peu nombreux. Le groupe nous présente aujourd'hui son premier album Shining And Majestic sorti plus tot dans l'année, et le Metal progressif des Français passe plutot bien le cap de la scène grace à des compos techniques mais néanmoins accéssibles, et une bonne présence scénique.

Nous avions pu voir WHYZDOM en première partie de la tournée de DELAIN à l'automne 2009, le groupe ayant visiblement franchi un palier depuis la sortie de son album From The Brink Of Infinity l'année dernière. Depuis Telya, sa chanteuse, a décidé de quitter le groupe, c'est donc dans une configuration toute à fait inédite que nous retrouvons WHYZDOM aujourd'hui, et c'est accompagné de Lisa Middelhauve, l'ex chanteuse de XANDRIA, que le groupe entre en scène, chaleureusement accueilli par le public, quelques fans Espagnols ayant même fait le déplacement pour l'occasion, et va nous délivrer une prestation toute à fait correcte, les musiciens sont au top, Vynce comme d'habitude en fait des tonnes et Lisa semble avoir déjà trouvé ses marques et les "The Train" ou "Daughter Of The Night" ne sont nullement dénaturées par la jolie voix de la chanteuse Allemande, d'ailleurs le public ne s'y trompe pas et reserve une belle ovation aux Parisiens.


Petit détour par la scène "découverte" pour y retrouver CRACKMIND, groupe de la région Nord/Pas De Calais, qui nous envoie un Rock/Metal, teinté de touches Grunge, avec énergie, les membres du groupe font preuve d'enthousiasme et semblent heureux de partager ce moment avec le public. Sympathique à défaut d'être transcendant !

Les Nancéens de BLOODY MARY prennent le relais sur la grande scène et nous assistons à un grand moment de Rock'n'Roll, du bon vieux Hard hyper énergique quelque part entre LED ZEP et AEROSMITH. J'avais eu l'occasion de voir le groupe il y a un peu plus d'un an au Skull Bar de Laon, à une époque où l'excellent Manu Livertout officiait encore à la basse, depuis la section rythmique a été complétement renouvelée, seul ne subsiste le chanteur/guitariste Pierre Fargetton, longue brindille au look dépouillé, qui assure avec un enthousiasme communicatif et une énergie débordante, le trio n'a aucun mal à tenir la scène, aussi à l'aise en festival que dans un bar miteux, les trois délivrent un set qui ne manque pas de convaincre un auditoire pas forcèment acquis d'avance. BLOODY MARY passe en revue son unique album We Rock You Suck et nous livre même en exclusivité deux titres extraits du prochain album que le groupe est entrain de finaliser.


Ayant vu le groupe hier en remplacement de dernière minute d'E-NORA, nous zapperons la prestation d'INCRY qui visiblement délivre le même set que la veille, pas de surprise, même la reprise de RAMMSTEIN est encore présente aujourd'hui.
C'est maintenant les Anglais de HEAVEN'S BASEMENT qui s'invitent sur la scène du Raismes Fest. Découvert par Jon BON JOVI himself, le groupe semble déjà jouir d'une solide réputation, soutenu par Kerrang et Metal Hammer Uk, les Britishs ont décidément des gouts bien étranges car même si les zicos bougent bien sur scène et semblent maitriser leur sujet, il n'en demeure pas moins que leur set est d'un ennui affligeant, HEAVEN'S BASEMENT a encore du boulot pour arriver à proposer des prestations intéressantes, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.
Petit détour par la scène "découverte" pour assister à la prestation de LOST SOUL, les Parisiens exécutent un Metal Progressif au sens large, qui doit autant à OPETH qu'à DREAM THEATER, on saluera le maitrise de ce bassiste au jeu tout bonnement hallucinant, un set plaisant mais un peu court, scène découverte oblige, pour pouvoir totalement pénétrer leur univers.

Aprés ses déboires de l'année dernière qui l'obligèrent à quitter la scène aprés seulement une vingtaine de secondes, KARALIA a à coeur de bien faire, cette fois tout a l'air de fonctionner et le groupe emmené par Matthieu Kleiber délivre une prestation plaisante où sont passés en revue les differentes périodes de la carrière des Alsaciens. S'il est un groupe qui a su évoluer et se renouveler album aprés album, c'est bien KARELIA. Le groupe souhaitant se faire pardonner de son annulation involontaire de l'an passé balance CDs et Tee-shirts dans les premiers rangs. Au final, le groupe convaint une bonne partie du public avec un set parfaitement éxécuté... belle séance de rattrapage !


GLOWSUN s'empare de la scène "découverte", ce combo Lillois s'est fait repérer avec son album The Sundering sorti en 2008, le groupe pratique un Stoner Rock assez intense mais malheureusement un peu linéaire, ce qui n'aide pas forcément à pénétrer l'univers de ces compos enfumées et à l'ambiance psychédélique, les musiciens semblent à leur aise mais sont quelque peu désservis par un son d'ensemble assez brouillon.
Arrivent ensuite les Allemands de FREEDOM CALL, nous les avions vu en fevrier dernier au Trabendo en ouverture de GAMMA RAY, c'est avec plaisir que nous les retrouvons ici, un léger problème technique retarde légèrement leur entrée en scène, leur happy Metal entrainant séduit l'auditoire massé devant la scène, Chris Bay dialogue beaucoup avec le public, les Teutons sont en grande forme et déploient toute leur énergie pour nous asséner une prestation imparable qui pioche dans l'ensemble de leur discographie dont l'accent est mis sur leur récent Legend Of The Shadowking.


Second groupe de la journée, aprés WHYZDOM, a évoluer dans la mouvance Metal symphonique à chant féminin, les Parisiens de WILDPATH qui viennent de sortir un Non Omnis Moriar des plus convaincants... reste à savoir comment le groupe va s'en sortir sur scène, et je dois dire que c'est à une excellente prestation que nous sommes conviés, leur Metal sympho se pare d'atours enchanteurs et Marjolaine se révèle une trés bonne chanteuse. On déplorera simplement un temps de parole trop court, 20 minutes alors qu'on en aurait bien repris le double... A revoir donc en salle sur une durée de jeu plus adaptée afin de pénétrer l'univers du groupe. En tous cas s'ils passent prés de chez vous, ne le ratez pas, ils sont plutot doués ces p'tits jeunes !!!


Aprés un premier passage par le Raismes Fest en 2008, les Allemands de DIE APOKALYPTISCHEN REITER sont de retour dans le nord de la France avec un show plutot impressionnant : Masque SM et délire sado-maso du clavieriste, juché sur une sorte de balançoire quand il ne coure pas sur scène un martinet à la main. Fuchs, le chanteur, ne s'économise pas, à fond du début à la fin, le Death/Folk Metal des Teutons passe hyper bien en live. Bonne humeur et slams permanents sont de la partie ! Une découverte pour moi et une grosse claque avec ce set carré et intense qui se révèle comme l'un des grands moments de ce week-end.

Comme la veille avec URIAH HEEP, c'est avec du Hard Rock classique que se cloture cette douzième édition du Raismes Fest, celui des Suisses de KROKUS qui évoluent ici sous leur line up classique, Marc Storace n'a rien perdu de sa voix si particulière, quasi similaire à celle du regrétté Bon Scott, rien de bien original diront certains mais le groupe nous délivre des compos qui font mouche à tous les coups, les titres du récent Hoodoo s'insèrent parfaitement à la set list, ces papys du Rock ont encore la pêche et c'est avec un véritable plaisir que nous retrouvons ce groupe qui se fait si rare en France.

Une douzième édition encore une fois placée sous le signe de l'écléctisme qui a tenue toutes ses promesses, et comme chaque année une organisation irréprochable ! et surtout le bonheur de retrouver des groupes qui se font hyper rares en France comme ces deux têtes d'affiche : URIAH HEEP et KROKUS que l'on est peut être pas prés de revoir dans nos contrées ! Rendez vous est déjà pris l'année prochaine pour d'autres aventures Metalliques !
Textes : Nono666
Photos : Clive sauf URIAH HEEP (DR)