Pour beaucoup, POISONBLACK qui existe depuis 2000 est la suite logique d’un SENTENCED qui a malheureusement cessé toute activité en beauté avec le sublime Funeral album, or il en est tout autre même si on y retrouve 2 ex-compères de SENTENCED avec Ville LAIHAILA, chanteur à la voix caractéristique et reconnaissable entre 1000, un artiste à la fragilité mise à nue à chacune de ses interventions, et le batteur Tarmo KANERVA qui n’est pas resté longtemps dans SENTENCED. Musicalement, c’est du côté de The Cold White Light de ce même SENTENCED qu’il faut chercher une affiliation fidèle, c’est mélodique souvent, Rock’n’roll par moment, en fait on pense régulièrement au Back In Blood de THE 69 EYES. La différence se trouve essentiellement dans le fait que le groupe ose aller plus loin dans la mélodie avec des ballades, des vraies celles qui vous donnaient l’occasion d’entremêler vos appareils dentaires lors de boom endiablées mais avec un gros lourdaud, généralement moche et seul, qui ne pouvait s’empêcher de vos casser votre coup en venant sautiller partout sur la piste dressée entre le jus de fruit et les gâteaux au chocolat, vous avez là la description d’"Invisible" avec ces parties acoustiques et douces dominantes et ces énervements où la saturation des guitares symbolisent le lourdaud, POISONBLACK sait y faire en matière de mélodie imparable, "My World" est encore un bon exemple avec ce refrain appuyé par des chœurs peu utilisés par le groupe. Le penchant acoustique est d’ailleurs proposé en bonus de l’album, on peut y mesurer que Ville est capable d’insuffler une certaine intensité à un titre à lui tout seul. Les titres sont bien évidemment immédiats, très souvent calibrés mais cet album est toutefois bien plus dynamique que son aîné, A Dead Heavy Day et rappelle plutôt le deuxième album, Lust Stained Despair avec du Metal Mélodique sur l’excellent "Casket Case" au son de guitare étonnamment moderne, mais aussi par des riffs huileux à l’image du Stoner sur "Sun Shines Black" et plus encore sur "Leech", il est pourtant vrai que Janne MARKUS, guitariste du groupe, n’a pas le même touché qu’un Mikka TENKULA parti trop vite. Toutefois, POISONBLACK s’autorise quelques libertés comme un "Down The Drain" et son introduction Jazzy avant que les guitares n’alourdissent l’ambiance, c’est pour ce genre de titres que POISONBLACK mérite largement sa place dans la discothèque des fans de Metal Mélodique, fans de SENTENCED ou pas, et de Gothic Metal, l’utilisation insolite d’un orgue au milieu du titre est encore une des nombreuses pirouettes des Finlandais pour varier sa musique si facilement sectaire, un long titre qui mériterait une interprétation live pour pouvoir en saisir toute la subtilité vraiment proche du Jazz. L’album se termine avec le bien nommé "The Last Song", encore une fois un long titre assez doux où l’orgue fait une apparition remarquée avec solo 70’s dans le son mais avec touché plutôt moderne, la fin s’accélère gentiment avec mélodie harmonisée reprise par les claviers, une structure et un concept qui rappelle fortement le génialissime "Road Of The End" de qui vous savez, même si, attention, l’ambiance est totalement différente car bien plus Rock’n’roll. Sans révolutionner leur son, les Finlandais avancent et ne se contentent pas de proposer sans cesse le même album.
Chronique par Aymerick "Painless"

LINE UP:
Ville Laihiala : Chant / Guitare
Janne Markus : Guitare
Antti Remes : Basse
Marco Sneck : Claviers
Tarmo Kanerva : Batterie
7,5/10
Le 09/04/2010