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    Entretien avec Yossi SASSI (guitares) réalisé le 26 novembre 2011 à Nancy
 
 

Actuellement en tournée Européenne avec des groupes liés à l’Afrique du Nord, ORPHANED LAND est groupe très estimé et respecté. Vite aperçu en 2005 après leur show en première partie de PARADISE LOST, l’occasion de coincer Yossi SASSI, guitariste de ce groupe qui changera à tout jamais la vision du Metal que je peux avoir (et je suis certain de ne pas être seul dans ce cas) se présente enfin 6 ans plus tard à l’occasion du METAL RIDE à Nancy. C’est juste avant de monter sur scène, pressé par le temps mais jamais en apparence que Yossi a bien voulu nous en dire plus sur le passé, le présent et l’avenir d’ORPHANED LAND mais aussi sur son cas personnel qui passera par un album solo à paraitre courant 2012. Disponible, toujours souriant et lâchant quelques mots de français, le doué guitariste s’est montré aussi jovial que sur scène, un vrai plaisir.

 

 

Heavy Sound : Comment se passe ce Tour To Or Shalem que vous partagez avec ARKAN, MYRATH et ARTWEG ?

Yossi SASSI (guitares, backing vocals) : Ca se passe super bien et c’est un moment historique car c’est la première tournée ne proposant que de la musique Moyen Orientale. Dans un bus, pour un mois, une tournée réunissant des Algériens, des Tunisiens, des Israéliens, des Libanais, des Néerlandais, des juifs, des chrétiens, tout le monde fait tout pour que cela soit une réalité.

 

Vous êtes aujourd’hui à Nancy, vous étiez à Strasbourg l’an passé il me semble. Est-ce que le fait que ce soit un festival vous permet d’être plus détendu pour aborder ce concert ?

Pour nous c’est la même chose, nous sommes en tête d’affiche sur la tournée Européenne en support à la sortie de notre DVD (ndlr. The Road To Or-Shalem) mais lorsque l’on se réveille le matin, notre seul but est de donner le meilleur concert possible que ce soit en club, en salle ou dans un grand festival, peu importe le nombre de personne.

 

Comment avez-vous établi la setlist de ce soir, en fonction de l’affiche, une setlist type pour les festivals ?

Oui ce soir, ce sera une sorte de best of car nous ne sommes pas en tête d’affiche et notre temps de parole est limité. On va se concentrer sur les 2 derniers albums avec un ou deux titres issus d’El Norra Alila et Sahara.

 

C’est une grande tournée Européenne que vous faites actuellement dans plusieurs villes par pays, en France vous étiez à Limoges, Rennes ou Marseille, la France a toujours été un pays réceptif à votre musique, je me souviens bien du moment où j’ai découvert ‘Find Yourself Discover God’ sur un sampler. Comment expliques-tu ce lien qui existe entre le groupe et la France ?

Personnellement, être en France c’est comme être à la maison, car j’aime les Français, la nourriture, la langue, tout ici pour moi est naturel alors c’est un plaisir de donner tous ces concerts à Montpellier, Limoges, Rennes etc. Ensuite, je pense que le fait que nous ayons travaillé avec HOLY RECORDS (ndlr. sur les 2 premiers albums) a créée un lien très fort avec la France dès les débuts du groupe. Enfin, le fait qu’une partie de la population Française soit originaire du Magreb, notre musique avec cette vibe spécifique parle énormément à ces personnes, on propose plus qu’un simple mélange entre notre culture et le Metal.

 

 

 

Vous ne vous êtes produit en dehors d’Israël qu’à partir de 2005, si on excepte quelques festivals en Turquie, a-t-il été facile de gérer cela pour l’unité du groupe, la motivation ? Que penses-tu de votre évolution qui vous mène vers de plus en plus de fans à chaque album ?

ORPHANED LAND a vraiment eu une évolution unique, nous avons commencé il y a plus de vingt ans, au tout début des années 90. Nous avons débuté alors que nous étions adolescents et à l’école, nous avons commencé à écrire nos propres morceaux et sommes restés un bon moment dans l’underground et en Israél. Nous avons ensuite pu donner quelques concerts en Turquie et sur les 6 dernières années nous avons donné plus de 100 concerts en Europe, aux Etats Unis, avec AMORPHIS, KATATONIA, METALLICA dans un grand stade, avons sorti notre premier DVD, avons produit notre dernier album avec Steven WILSON (PORCUPINE TREE) et maintenant le top du top, j’ai pu quitter mon job pour vivre de ma musique et me concentrer uniquement sur ma musique. Je vais d’ailleurs bientôt sortir un album solo sur lequel figurera Marty FRIEDMAN (ex-MEGADETH) et j’espère vraiment être de retour en tournée dès l’année prochaine en France.

 

Vos premiers concerts en Europe se sont fait avec PARADISE LOST, je vous ai vu sur cette tournée à Paris en 2005, l’accueil du public a vraiment été bon, vous attendiez- vous à un tel accueil ? Saviez-vous que la France attendait autant un show de votre part ?

Oui c’était à l’Elysée MONTMARTRE… Oui, car nous avons reçu énormément d’e-mails en provenance du monde entier mais plus particulièrement de France nous demandant de venir jouer ici. J’ai vraiment été très heureux de pouvoir leur répondre que nous allions venir en France, enfin ! Et j’espère que ça sera la même chose avec mon groupe solo...

 

Ces dates marquaient le retour du groupe après quelques années de galère visiblement, quels sentiments gardez-vous de cette période plus sombre que celle que vous vivez actuellement ?

Nous n’étions plus vraiment ensemble à ce moment là, nous avions tous besoin de temps pour réfléchir. J’ai fondé ma famille, ai eu 2 enfants, d’autres membres ont voyagé, en Inde par exemple, ont cherché une voix religieuse, cela a plus été un break qu’un split. Mais ce fut un passage nécessaire car ensuite nous sommes passé de HOLY RECORDS à CENTURY MEDIA, sommes passé d’El Norra Alila à une musique plus progressive avec un meilleur son. Tout ça s’est développé très rapidement et nous avons été plus présents et meilleurs à tous les niveaux. (ndlr. le reportage sur le deuxième DVD de The Road To Or-Shalem est très instructif sur cette période)

 

Vous avez maintenant joué un peu partout, même aux USA avec SWALLOW THE SUN et KATATONIA en 2010 et vous retournez en Amérique du Sud, au Méxique, ORPHANED LAND est maintenant un groupe international. Votre message a maintenant une portée mondiale, quel pays aimeriez-vous visiter maintenant ?

Koweit, Portugal, Turquie, je suis très ouvert alors pourquoi pas l’Australie. Le plus important pour moi est de pouvoir jouer ma musique, peu importe l’endroit.

 

 

 

 

Votre processus d’écriture et d’enregistrement est long, est-ce que l’intensification des concerts va allonger ce processus ou au contraire rester le même grâce au dynamisme que les tournées peuvent insuffler à la composition ?

Nous savons déjà à quoi va ressembler le prochain album car nous sommes de grands perfectionnistes et j’aime prendre mon temps car j’ai dans ma tête la façon doit sonner la guitare, la batterie, la basse, les arrangements, les mélodies et le plus dur pour moi est de transposer tout cela. Généralement je joue quelque chose et je fais venir et partir les différents éléments mais ensuite chacun apporte sa contribution et ses modifications, c’est un long processus. Tout ce que je peux dire actuellement c’est que nous allons terminer cette tournée, que je vais sortir mon album solo, sur un grand label Européen j’espère, le promouvoir en Europe et nous reviendrons ensuite avec un album d’ORPHANED LAND dont j’ai les éléments en tête. Le temps d’écrire les paroles, tout cela devrait faire un album vers la fin de 2012, mais ce n’est qu’un plan...

 

L’évolution du groupe se fait très bien sentir d’album en album et la musique traditionnelle est partie intégrante à l’ensemble, ce qui n’est pas toujours le cas pour les groupes intégrant des musiques traditionnelles. On sent un groupe pointilleux et extrêmement perfectionniste, pourtant vos morceaux gardent ce côté direct très important pour les concerts, comment travaillez-vous cet équilibre entre énergie et sophistication de votre musique ?

Lorsque je compose je ne pense qu’à la musique et non au Rock spécifiquement mais si ça Rock toujours c’est parce que je compose à la guitare sèche le plus souvent et que je le transpose au Heavy Metal ensuite. Je compose aussi avec les instruments traditionnels avec mes influences Heavy Metal bien sur mais aussi de la musique Turque, de l’Opéra et plein d’autres choses qui font que notre musique a pris une couleur plus progressive. Mon album solo est d’ailleurs constitué de morceaux acoustiques uniquement pour lesquels j’ai gardé la même façon de composer. Et je pense que c’est la raison pour laquelle notre musique est toujours dynamique car avec un instrument acoustique, tu n’as rien pour te cacher.

 

Le travail avec Steven WILSON a certainement été d’un grand secours également pour rendre musique plus progressive, non ?

Oui, Steven est un grand ami, il a fait le mix, a œuvré sur le son, a fait les claviers...

 

Vos origines font l’objet de beaucoup de questions bien entendu, êtes-vous fatigués de sans cesse répéter les mêmes choses, avez-vous l’impression de vous justifier de votre présence avec ses questions que vous n’entendriez pas si vous étiez Allemands ou Américains ?

Non, je n’y prête pas attention, le principal est de toujours savoir d’où on vient et qui on est. Cela fait parti du jeu, nous sommes assez unique et lorsque l’on grandi au Moyen Orient, lorsque l’on est jeune, ça nous parait normal de jouer au foot avec des juifs, des chrétiens, des musulmans. Personnellement, je suis né juif mais j’ai été exposé à la musique Européenne plus qu’à la musique juive et mon meilleur ami est chrétien. Que tu crois en Dieu, Allah, la trinité ou toi-même c’est pareil, c’est notre opinion !

 

 

 

The Never Ending Way Of OrWarrior a maintenant un an, quel recul avez-vous sur cet album? Etes-vous satisfait de la façon dont ces titres sonnent en live ?Nous avons joué pas mal de titres de cet album ces 18 derniers mois et les retours sont vraiment extraordinaires. Personnellement, je suis content d’être revenu à une formule plus basée sur le riff comme nous le faisions dans les années 90 et spécialement sur El Norra Alila. Je ne peux pas te dire en quoi le prochain album sera différent, mais il sera différent (rires) car chaque album est différent mais tu reconnais tout de suite ORPHANED LAND.

 

Est-ce que tu as une vision très nette de ce à quoi va ressembler un album avant même d’avoir enregistré la moindre note ?

J’ai une idée mais les autres membres ont leur mot à dire, il y a les paroles, je n’en ai pas une vision exacte mais je sais à quoi ça va ressembler.

 

Ecris-tu d’abord la musique et ensuite vos greffer les paroles ou écris-tu parfois en fonction des paroles, par exemple Mabool était un projet audacieux qui a peut être nécessité d’écrire en fonction des paroles ?

C’est un très bon ami de Kobi qui écrit les paroles pour le groupe, j’écris la musique et ensuite nous y mettons les paroles mais parfois nous arrangeons la musique pour que les paroles collent, bien entendu.

 

Votre premier DVD live vient de sortir, était-il important qu’il soit enregistré chez vous ou n’est-ce qu’une circonstance heureuse ?

Oui car nous avons le soutient de beaucoup de personnes très dévouées chez nous. Et voir plus d’un millier de personnes venir, sauter et chanter c’est vraiment très puissant, tout le monde connait les paroles, ce fut vraiment un projet génial. Il y avait énormément de caméra et de moyens déployés...

 

Yossi devant rejoindre la scène, appelé par l’organisation, l’entretien s’arrêtera là...

 

... Merci à toi et on se revoit l’année prochaine pour la tournée de mon album solo j’espère.

 

 

Propos recueillis par Aymerick "Painless"

 

 

Site Web

www.orphaned-land.com

www.myspace.com/orphanedmyspace

 

Chronique

The Never Ending Way Of ORwarriOR

The Road To Or Shalem

 

Report

Metal Ride IV

 

 

 

              Aymerick "Painless" et Yossi SASSI lors du METAL RIDE IV