HEAVY SOUND : On suppose que vous avez un planning assez chargé au niveau des concerts...
Jo Amore (chant) : On arrive en fin de promo du précédent album, on a fait une vingtaine de dates depuis le début de l’année dans différents pays comme la Hongrie par exemple. Il reste encore un concert mais en ce moment c’est plus espacé... Ensuite nous nous mettrons à travailler sur le prochain.
Pas de temps mort ?
Non, pas de temps mort, on est déjà à la bourre totale (rires) !
Quel est le bilan de la promotion d’Insurrection ?
Très bon ! On a reçu un très bon accueil, assez unanime. Partout où nous sommes allés, les gens étaient demandeurs pour que l’on joue tel ou tel morceau du dernier album. Visiblement les gens sont de mon avis : c’est un disque aux compos très homogènes et efficaces sur scène.
Justement, comment cela se passe-t-il dans le groupe niveau composition ? C’est quelque chose de collectif ?
Non, c’est moi qui fait tout (rires) ! Non, sérieusement (s’adressant à ses compères), je vous laisse expliquer un peu...
Franck Milleliri (guitare) : Généralement on part de riffs de gratte car c’est plus simple ainsi, puis on envoie le tout à David qui pose la batterie. Vu que l’on est géographiquement éloignés, on a du oublier les répétitions et on a travaillé par emails.
Jo : Ensuite on a bossé les lignes de chant, ce qui nous a permis de modifier certains trucs. On avait des a priori sur cette méthode de travail car on avait l’habitude de répéter pour composer. Mais au final les morceaux n’ont pas souffert de cet éloignement.
De façon à ce que ça ne sonne pas trop « studio » justement...
Oui, les « copier/coller » et ce genre de trucs... Non, mais il faut dire qu’on échange beaucoup et que beaucoup de morceaux n’ont pas été choisis. Il y a eu beaucoup de production et on a dû trancher.
JC Jess (guitare) : C’est le budget qui a décidé !
Est-ce qu’il y a quand même eu une phase durant laquelle vous avez testé les morceaux en groupe ?
Jo : Non, pas avant la sortie de l’album, mais ce serait souhaitable la prochaine fois et on va essayer de s’en approcher. On va profiter du studio de JC pour se voir et essayer des choses.
JC : Ca va nous permettre d’avoir un meilleur contrôle de A à Z, sur les arrangements, etc.
On a remarqué que le public était assez jeune ce soir. Est-ce un public dont vous avez l’habitude ou bien est-ce différent à chaque fois ?
Jo : Ca dépend des pays. On s’est rendu compte qu’en Allemagne, il y a souvent un public un peu plus âgé, ils viennent avec les vestes à patches, très Heavy Metal, alors qu’en France le public est souvent plus jeune. En Israël par exemple, il y a des fans de la première heure mais aussi des plus jeunes. Je pense que l’on touche un public assez disparate, ceux qui aimaient le Heavy traditionnel s’y retrouvent encore mais on arrive aussi à toucher des jeunes.
D’autant que vous avez quand même un côté moderne...
Franck : Oui mais ce n’est pas voulu dans ce sens, on ne se dit pas que l’on doit jouer du IN FLAMES si on veut intéresser les gens. C’est juste une question d’influences, et j’écoute notamment du Thrash : ANNIHILATOR, TESTAMENT, etc.
David Amore (batterie) : Au niveau compo, Franck a tendance à être très Thrash et lorsque je pose la batterie dessus, j’ai plutôt tendance à « adoucir » cette violence.
Franck : Au final c’est ce qu’on veut faire, on ne veut pas être un groupe de Heavy speed mélodique à la HELLOWEEN. Personnellement je ne supporte pas ça...
Jo : J’aime bien la mélodie, mais on ne veut pas faire du métal « fête de la bière » (rires généraux) ! Oui on a nos termes comme ça... Si l’un de nous apporte un morceau que les autres n’aiment pas on le qualifie de « fête de la bière » ou « bar des chasseurs » (rires) !
Franck : On se moque mais on a bien joué dans un salon de toilettage pour chiens !
Jo : Oui mais la musique c’est aussi des aventures ! Il y a un moment, pendant une tournée, on a fait une date dans une sorte de salle grande comme cette loge (ndlr. 4 m2 environ) qui se trouvait à l'arrière d'un salon de toilettage ! on s'est dit "la galère". Il y avait vingt cinq personnes et on a vendu vingt albums ! C’était fantastique. En gros on a joué dans leur local de répétition, c’était sympa, on a rigolé !
Franck : Nos amplis etaient plus gros que la sono !

Avec le recul, on imagine que ça fait partie des bons souvenirs de tournée…
Jo : Oui Les bonnes galères !
David :Mais sur le moment aussi! Quand c’est comme ça, on se dit qu’on va rigoler.
Franck :Bon c’est quand même un peu frustrant quand tu t’aperçois qu’il n’y a pas beaucoup de monde…
David: Oui mais quand tu arrives dans un patelin paumé… C’est plus inquiétant lorsque tu joues à Paris et qu’il y a vingt personnes dans la salle. Là tu prends une claque dans la gueule! Mais le toilettage pour chiens, c’était au milieu de nulle part.
Franck: Ce qui est clair, c’est que même si il y a peu de monde, on s’éclate.Jo: Oui. On espère que les personnes présentes en ont pour leur argent et sont contentes de s’être déplacées.
Quels autres souvenirs ont marqué la tournée ?
Israël était fantastique. C’était la deuxième fois qu’on y jouait. C’est l’une de ces rares fois où on a l’impression d’être considéré comme des stars! Nous n’en sommes pas, qu’on soit bien d’accord. Mais là-bas on est accueillis dans un superbe hôtel au bord de la mer, on vient nous chercher… Et le public chante les morceaux du début à la fin, c’est fantastique! Au fin fond d’Israël des mecs connaissent nos morceaux! La veille on a fait une séance de dédicace dans un magasin de disques et c’était bondé.
Franck: Y’en a d’autres des souvenirs marrants, comme quand on cartonne avec le tour bus sur l’autoroute en pleine tournée (rires jaunes)...
Ce soir vous jouez dans un festival. Est-ce que vous aimez prendre le temps de découvrir un peu les groupes avec lesquels vous jouez ?
Personnellement, lorsque je vais à un festival, ça me fait chier des rester dans les loges donc je vais dans la salle.
Jo: Moi j’essaie d’écouter. Bon je ne reste pas longtemps pour éviter la fatigue ou les maux de têtes, mais j’aime bien.
Franck: C’est pratique pour jauger l’affluence, le son, etc.
Vous avez parfois de bonnes surprises ?
Jo: Oui, souvent même !
Franck: En Israël, les premières parties, c’était du très haut niveau ! Le genre de groupe qui, en France, jouerait juste avant la tête d'affiche.
Y a-t-il des groupes que vous connaissez ce soir ?
Jo: On connaît le guitariste de XTRUNK...
Franck: Je connais SVART CROWN qui monte bien en ce moment.
Jo: Nous ne connaissons pas encore les autres par contre...
Est-ce que votre set change souvent d’un concert à l’autre ?
Pas à chaque fois.
Franck: Il y a des morceaux qu’on joue systématiquement parce qu’ils fonctionnent bien en live, mais on en change certains. Ce soir il y a deux morceaux qu’on a répétés il y a une heure !
La conclusion ?
Jo: On est ravis d’être là, on va s’éclater !
Site Web
www.myspace.com/nightmareofficial
Report Evening Of Metal 2010