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| METAL RIDE IV 26 Novembre 2011 - Nancy - L'Autre Canal Quatrième édition du festival Metal Ride : voilà une initiative qui commence à s’installer doucement mais surement dans la tête des metalheads de l’Est. L’affluence de cette année semble tout à fait honorable, même s’il nous semble avoir vu plus de monde lors de notre dernière venue, en 2009 , AMON AMARTH oblige ! L’éclectisme dont fait preuve l’affiche du jour n’en est pas moins attrayant, chacun étant pratiquement sûr de voir son style favori représenté. Sauf pour le metal extrême cette année suite à l’annulation de KRONOS (brutal death metal). THE CNK qui devait palier à cette absence avec un metal certes extrême mais plus orienté indus’. En arrivant devant la salle, on apprend que, finalement, THE CNK ne sera pas là non plus. Le festival se tenant sur deux scènes distinctes, ce sont les groupes de la salle appelée « le club » (la plus petite des deux) qui se voient décalés. C’est donc MYRATH que revient l’honneur de l’engagement dans la grande salle. Les tunisiens bénéficient déjà de quelques soutiens bienvenus dans l’assistance et la bonne humeur de tout le groupe, comme le montre le sourire du chanteur Zaher Zorgati (un brin poseur) va permettre à MYRATH de séduire une bonne partie de l’assistance encore un peu timide en ce début d’après midi. Le mélange de DREAM THEATER, WASTEFALL et surtout SYMPHONY X opère sans problème, l’alliance d’une guitare sept cordes et d’une basse six cordes donne un son massif à ce groupe qui défend Tales of the Sands, son troisième album. Le show bien rodé des tunisiens permet de prendre une bonne dose de prog’ metal aux racines moyen-orientales, surtout présentes à travers les claviers et samples remplaçant les différents instruments et chœurs de l’album. Zaher est un bon vocaliste, aidé régulièrement par le claviériste. Après une demi-heure, on est satisfaits de ce premier concert, certes un brin classique mais boosté par un son clair et puissant. Dommage que les touches moyen-orientales ne soient pas mieux intégrées à la musique, comme lors de la chanson-titre par exemple, et que le mix des influences ne soit pas toujours bien digéré. "Wide shut" est par exemple bien plus personnel que "Beyond the Stars", beaucoup trop proche de SYMPHONY X. Un groupe à suivre tout de même…. Heureux hasard (hum…), MYRATH est actuellement sur la route avec ARTWEG (non présent sur l’affiche aujourd’hui), ARKAN et ORPHANED LAND pour une tournée européenne. Setlist MYRATH : Sour Sigh / Braving The Seas / Merciless Times / Under Siege / Wide Shut / Tales Of The Sands / Madness / Beyond The Stars.  C’est ensuite KRYZEES qui prend le relais dans la petite salle. Ce groupe local existe depuis 10 ans comme le rappelle le chanteur Laurent, mais il défend logiquement ce soir son nouvel album, un Unchained encore tout chaud puisque sorti en octobre dernier. Le combo de Metz propose un heavy metal d’un classicisme absolu, et son chanteur manque encore un peu de présence, mais finalement, au fil des minutes, KRYZEES convainc les connaisseurs, amateurs de JUDAS PRIEST et autres valeurs sures du style. On notera la bonne présence du bassiste (qui rappelle physiquement Dave WYNDORF de MONSTER MAGNET), qui prend une part importante dans le son global, une influence que l’on sent venir d’un certain Steve HARRIS, jusque dans le jeu aux doigts. Voilà une mise en bouche sympathique que les amateurs retrouveront le 9 décembre en première partie d’ETERNAL FLIGHT chez Paulette, à côté de Toul (54). Nous ne sautons pas non plus au plafond mais les groupes de heavy n’étant pas légion sur le Metal Ride, on prend notre dose sans rechigner. Setlist KRYZEES : Intro / Missing Time / Headbanger / Seasons In The Abyss / Big Mak Attack / Dark Passenger / Trick Or Treats.  Le Metal Ride de cette année marque également le retour des légendaires S.U.P.. Et même si nous ne sommes pas très familiers avec le passé du groupe, sa réputation et notre curiosité nous laissent espérer un concert intéressant. C’est cependant une impression mitigée que va nous laisser le combo emmené par les frères Loez. Tout d’abord, ce style de metal à tendance mécanique est difficile à faire passer en festival, et il faut rapidement réussir à entrer dans l’univers du groupe au risque de s’ennuyer ferme. Ensuite, l’interprétation n’est pas toujours « carrée », et dans le style de S.U.P., ça ne pardonne absolument pas. Cependant, l’originalité du quartet ne souffre d’aucun doute. Ces voix claires désincarnées à la DEPECHE MODE (dont certaines parties sont vraiment limite ce soir) plaquées sur un metal plombé peuvent d’abord faire penser à PRONG dans son approche indus’ mais le groupe montre également quelques autres facettes, comme ces titres plus lourds en milieu de set. Le son n’est pas non plus avantageux, acceptable en fond de salle, mais strident devant la scène. Voilà donc un retour mi-figue, mi-raisin, et il serait vraiment dommage de ternir une réputation basée sur un passé qui semblait plus glorieux que ce que l’on a vu ce soir. Les français auront fait un tour d’horizon de leur discographie qui méritait mieux et notamment au niveau de la projection vidéo qui n’était, la plus part du temps, pas visible à cause du jeu de lumière de l’Autre Canal. A revoir dans de meilleures conditions…
Setlist S.U.P. : Intro / March Of The Neovocyts / Deliverance / Bangs In My Head / Pain Injection / Ex-Anubi / 4TX.31B / The Cube. 
Nous ne nous attendons pas à grand-chose en nous rendant à nouveau dans la salle annexe. Pourtant, WHEELFALL, jeune groupe originaire de Nancy, va se charger de nous mettre une bonne baffe avec son stoner pesant, classique mais efficace, et ce dès son entrée sur scène fracassante (et une baguette explosée dès le premier morceau par le batteur…). Le chant, assez agressif mais peu original, est hésitant au départ mais gagne peu à peu en assurance. Le jeu de scène est sans fioriture et les morceaux, largement dominés par la basse, transportent bien le public. Les titres interprétés ne sont pas nombreux en raison de leurs durées et du peu de temps alloué au groupe, mais cela ne nous empêche guère de rester sur une très bonne impression. Il ne manque qu’à WHEELFALL d’étoffer progressivement sa personnalité musicale pour devenir une véritable machine de guerre, à l’image des excellents AVERYSADSTORY. En attendant, le groupe affiche une belle progression depuis le concert que nous avions vu en 2010, très encourageant pour la suite, il faut dire que les premières parties de KARMA TO BURN par exemple aide énormément. Ils seront en concert sur Nancy le 18 janvier avec HUATA, avis aux amateurs…  A peine le temps pour Yossi Sassi (guitare) d’enfiler son bandana sur la tête (coquetterie pour cacher les cheveux blancs ?) que l’introduction est lancée, ORPHANED LAND (qui a dit « GUNS N’ MOÏSE »?!) est très attendu ce soir et la grande salle de l’Autre Canal est bien remplie. Kobi Farhi arrive alors sur scène pieds nus et habillé d’une sorte de djellaba, et démarre le show sans temps morts, adressant un « I’m not Jesus, I’m sorry ! » qui plante le décor. C’est de nouveau une très bonne ambiance qui règne sur les planches, le sourire de Yossi ainsi que ses sauts de cabri donnent le change à la posture bien plus metal du bassiste Uri Zelcha arborant un t-Shirt LAMB OF GOD. Le guitariste montre toute sa dextérité et l’annonce d’un album solo, avec la participation de Marty FRIEDMAN (ex-MEGADETH) offre des perspectives réjouissantes, alors lorsqu’il prend son oud pour interpréter "Norra el Norra (Entering the Ark)" tous les regards se tournent vers lui. Le reste de la setlist met clairement en valeur les deux derniers albums, absolument indispensables. Il suffit de voir l’accueil réservé à "Sapari", avec sa très belle montée en puissance. Mais les "Thee by the Father I pray" (extrait d’El Norra Alila) et "Ornaments of Gold" (Sahara) sont également très applaudis par ce public constitué de fidèles qui est venu soutenir le groupe israélien. Ce dernier, galvanisé, nous offre par ailleurs un show visuel, notamment grâce à la présence de Shlomit Levi qui effectue des danses traditionnelles dans des tenues différentes à chaque titre, dont un habit ailé tout doré sur "Ornaments of Gold". Autant dire que les excités de la salle n’ont d’yeux que pour elle, comme ce fut le cas pour MYRATH, lui aussi accompagné d’une danseuse, ou pour ARKAN. Des « à poil ! » fusant régulièrement du fond de l’assistance : la lourdeur légendaire du metalhead n’est plus à démontrer ! Pour en revenir à la très bonne prestation d’ORPHANED LAND, il faut toutefois admettre qu’on aimerait vraiment voir la formation évoluer avec des instruments traditionnels plutôt que des samples ou du clavier. Le perfectionnisme dont fait preuve le groupe dans ses compositions mériterait largement ce traitement…
Setlist ORPHANED LAND : In Thy Never Ending Way (Epilogue) / The Kiss Of Babylon (The Sins) / Birth Of The Three (The Unification) / Olat Ha’tamid / Sapari / Ocean Land (The Revelation) / Thee By The Father I Pray / Norra El Norra (Entering The Ark) / Ornaments Of Gold. Intervew Yossi Sassi    INSANE qui prend d’assaut la scène du club après le show d’ORPHANED LAND est pour nous l’occasion de faire une petite pause. Le groupe distille un power / thrash metal moderne avec vocaux linéaires calqués sur une musique des plus génériques. Le groupe nous sert sa version de "Walk" de PANTERA et là aussi, c’est sans surprise. Un concert sympathique mais bien loin de nous enthousiasmer. C’est alors la curiosité de cette affiche qui prend la suite sur la grande scène : PUNISH YOURSELF vs SONIC AREA. Ce projet réunissant deux groupes d’indus’ / gothic / metal et évoquant par instants MINISTRY ou DAS ICH offre surtout un visuel très travaillé. Les membres sont peinturlurés, le moindre centimètre-carré de peau visible est recouvert d’une peinture qui brille à la lumière. Le chanteur à crête se fend d’une prestation très physique. Alors, si l’effet de surprise fonctionne très bien sur le début du set (arrivée d’un saxophoniste, écran translucide déployé en devant de scène pour accueillir des projections tout en laissant apparaître les membres du groupe, etc.), la prestation s’étire dans la longueur, peut-être parce que cette musique ne nous parle pas plus que ça. Pourtant, une large partie du public semble apprécier le spectacle. Une bonne idée de la part de l’organisation donc. Et un pari assez osé, car il eut été bien plus facile de proposer un énième combo metalcore indigeste. Ce « collectif » a au moins le mérite de nous proposer quelque chose de très personnel et bien exécuté. Un groupe certes déjà renommé, mais à découvrir absolument pour les amateurs de metal electro. ARKAN s’était déjà produit dans cette même salle en première partie de SEPTIC FLESH en 2009 et ce soir les parisiens sont très attendus. Il faut dire que leur dernier album, Salam, dévoile un groupe plus mature. Mais la promo de cette sortie, particulièrement bien orchestrée, est à prendre en compte. ARKAN propose un metal groovy et énergique à même de plaire à un public jeune. Les sonorités moyen-orientales (samplées) sont bien intégrées et Sarah, la chanteuse, est bien plus mise en avant qu’à l’époque du premier album. Elle participe, tout autant Florent (guitare, chant) avec ses vocaux agressifs à cette ambiance survoltée communicative. C’est logiquement que le groupe pioche allègrement dans son dernier album en date, les "Salam" et autres "Beyond Sacred Rules" faisant mouche dans la fosse alors que "Goans Of The Abyss" (extrait de Hilal) est également accueilli comme un véritable hit. Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser que le groupe n’utilise pas complètement son potentiel avec ses racines Maghrébines trop écrasées par le côté groove metal et la voix bien musclée de Florent. On se dit également que ce format festival sied bien à ARKAN, car sa musique perdrait peut-être en impact lors d’un concert à la durée plus conséquente. Reste que le quintet sera en tournée avec ARCH ENEMY et WARBRINGER au mois de décembre (le 14 à Reims), une affiche sur laquelle il sera totalement à sa place. Setlist ARKAN (dans le désordre) : Origins / Tied Fates / Inner Slaves / Deus Vult / Groans Of The Abyss / Beyond Sacred Rules / Salam.   Tête d’affiche de cette quatrième édition, MOONSPELL vient pour la première fois à Nancy. On comprend donc l’accueil très chaleureux d’un public déjà tout acquis à la cause des portugais. Le concert s’ouvre sur "In Memoriam", suivi de "Finisterra" et "Night Eternal", et le groupe vient de balancer ses titres les plus violents de la soirée. En effet, MOONSPELL met ensuite l’accent sur le côté le plus gothique de sa discographie – nous avons même droit à un extrait de Sin/Pecado avec "Abysmo" – voilà un fait rare et très révélateur, sans qu’il faille y voir pour autant une orientation pour le prochain album, que Fernando Ribeiro (chant) annonce pour 2012. MOONSPELL jouant actuellement énormément de titres des deux premiers albums, la setlist de ce soir est finalement assez logique. Le groupe est très souriant, visiblement heureux d’être là, un Fernando taquin lâchant quelques mots en français « boire du Côtes du Rhône… avec du saucisson » (sympa l’image qu’il a de la France)… Ricardo AMORIM() est très complice avec son grand chanteur et Pedro PAIXAO ne tient pas en place, profitant des rares moments lors desquels il ne joue ni guitare, ni claviers pour se défouler un peu. Malheureusement, l’orientation gothique du show fait que celui-ci peine à décoller, d’autant plus que le groupe est monté sur scène à minuit. Alors, lorsqu’intervient ce retour sur Wolfheart et sa musique folk ("Trebaruna") pourtant très sympathique, la fatigue de la journée se fait ressentir et on constate que le public devient moins dense. Mais Fernando est plein de ressources et nous envoie un "Alma Mater" réclamé par le public (et notamment un énergumène qui me hurle le titre dans l’oreille droite entre chaque morceau) : l’énergie et le dynamisme sont de retour sur scène. MOONSPELL se retire mais, sans surprise, revient rapidement pour des rappels qui sont bien entendu partie intégrante de la setlist (vraiment, tout se perd… Mais où est donc la spontanéité ?). Mais ce n’est pas bien grave puisque c’est "Wolfshade", toujours aussi efficace, puis le très attendu "Full Moon Madness" (toujours le même énergumène…) qui concluent ce show réussi et très professionnel. Les portugais ont largement balayé leur discographie exception faite de l’expérimental The Butterfly Effect avec un hommage appuyé à ses débuts et bon nombre de classiques ("Opium", "Scorpion Flower" du dernier album, "Vampiria" ou "Awake !"). Bref, MOONSPELL a veillé à ne décevoir personne ce soir. Setlist MOONSPELL : In Memoriam / Finisterra / Night Eternal / The Southern Deathstyle / Opium / Awake! ! Herr Spiegelmann / Nocturna / Abysmo / Scorpion Flower / Vampiria / Trebaruna / Alma Mater / Wolfshade / Full Moon Madness.    Ainsi se referme cette quatrième édition du Metal Ride qui aura tenu toutes ses promesses. Malgré les annulations, l’organisation a su faire face et nous proposer une affiche de grande qualité, dont on retiendra en particulier les prestations de WHEELFALL, MYRATH, ARKAN, ORPHANED LAND et MOONSPELL. Bravo également à l’équipe technique qui a su concocter un environnement sonore et lumineux très professionnel tout au long du festival. Rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle édition de ce fest désormais incontournable pour les metalleux de l’Est de la France mais aussi d’ailleurs, on ne peut que l’espérer. Un grand merci à l’association Metal Ride pour son accueil sans faille.
Report par Aymerick "Painless" & Morbid S. | |
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