Formé en 1987, les Polonais de MAGNUS furent une des gloires de la scène Polonaise à la fin des années 80 et début des années 90 avec un album, I Was Watching My Death (connu sous différent nom selon les labels et tracklistings associés) en 1992, et plusieurs concerts en première partie de groupes bien établis dont MORBID ANGEL, CANNIBAL CORPSE ou encore SAMAEL. Le groupe se sépare pourtant en 1997, laissant les amateurs de leur Thrash/Death Metal sans nouvelle jusqu’à ce début d’année où le groupe signe un contrat pour deux albums avec WITCHING HOUR PRODUCTION. Côté line-up, on retrouve le chanteur Rob BANDIT et le guitariste PYTHON, 2 membres fondateurs, ainsi que GUZZ à la deuxième guitare qui était arrivé en 1990, il est donc logique de le retrouver là mais aussi 2 petits nouveaux à la section rythmique, DEADBEAR (basse) et JARAS (batterie). Musicalement, les intentions sont claires, l’introduction de "False God" ne laisse aucun doute, uppercut en plein visage, un Death blasté où Rob BANDIT s’époumone, pour l’originalité, encore une fois, ce n’est pas la préoccupation des Polonais qui ne veulent que faire vivre une musique Old-School largement inspirée par les 80’s. "Spirits" ou "There’s No Use Lamenting" donnent dans un Death virulent alors que "Appear" et "Worm" représentent les extrémités, le premier mid-tempo et bien ambiancé alors que le deuxième verse dans une brutalité qui se termine tout aussi brutalement en plein solo déstructuré, voilà une structure bien originale et efficace. On pense régulièrement à GOREFEST mais également à SEPULTURA et un titre comme "When You Rest 6 Feet Under" ne trompe pas avec ses faux airs de "Dead Embryonic Cells", une introduction à l’ambiance forte avant qu’un riff brutal ne vienne donner le coup de grâce. Et puis, MAGNUS, en tant que vétéran de la scène ayant toujours eu un goût certain pour le Hardcore et le Punk dont il épouse les idées anti-fasciste, nous envoie quelques mines avec "Mournful Song" ou "Just Like Life" qui virent également vers un Thrash bien agressif, les Polonais sont donc bien loin de se contenter de jouer sans cesse le même titre mais explore quelques horizons inhabituels le temps de "They’ll Bury" et sa structure et son son de batterie très Indus’, une petite originalité qui suffit à démontrer que le groupe n’est pas figé dans le passé et on comprend pourquoi il a de suite signer pour 2 albums, MAGNUS a encore des choses à dire. Certes la production n’est pas des plus efficace mais le côté crade sied si bien au groupe que ce n’est absolument pas gênant, mieux même la basse vient appuyer ce son par son omniprésence dans le mix et surtout sur le terrible "When You Rest 6 Feet Under". La voix gutturale de Rob BANDIT est efficace même si elle est plutôt commune et les amateurs du genre qui ont apprécié la démarche d’un BAPHOMET’S BLOOD ou d’un NECRONOMICON devraient jeter une oreille à Acceptance Of Death. Et puis pour les plus jeunes, il y a ces guitares dissonantes sur "Essence" ou sur le break central de "To Understand Death" et ses quelques parties frisant le Grind et notamment sur "They’ll Bury" pour un album très varié et pourtant cohérent. On ne va pas dire que l’on attendait particulièrement le retour de MAGNUS mais puisqu’ils sont là et qu’ils proposent un Acceptance Of Death très digne, on apprécie à sa juste valeur le retour de ce groupe de fidèles guerriers dont on reparlera c’est certain.
Chronique par Aymerick "Painless"