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      Entretien avec Stéphane BURIEZ réalisé par téléphone le 09 mai 2011
 
 

Planet Pandemonium avait beau voir LOUDBLAST revenir après le split du groupe à la fin du siècle dernier, le coche a été manqué et ce pour plusieurs raisons qui ne sont plus pour la sortie du nouvel album, l’excellent Frozen Moments Between Life And Death, comme nous l’a expliqué un Stéphane BURIEZ sûr de la qualité du petit dernier. HEAVY SOUND ne peut que lui donner raison et a profité d’un entretien détendu avec l’homme pour lui confirmé que LOUDBLAST pouvait en être fier. Un album à mi-chemin entre changements, évolutions et continuité dans tous les domaines. Malgré les mauvaises langues, chez HEAVY SOUND on est très content de revoir ce groupe afficher une si grande forme avant un SONISPHERE que l’on espère être l’occasion pour le public de montrer à LOUDBLAST l’attachement qu’il lui porte...

 

HEAVY SOUND : LOUDBLAST est de retour sur album comme sur scène, quel était le statut du groupe avant de vous atteler à la composition de ce sixième album, pensiez-vous après Pandemonium que vous reviendriez avec un nouvel album ?

Stéphane BURIEZ (chant/guitares) : En fait, on a commencé à préparer cet album après la dernière tournée, après le Hellfest mais il n’y a pas vraiment eu de split. On a connu, c’est vrai, une longue période de remise en question où on a eu besoin de se refixer des objectifs et en l’occurrence cela s’est traduit par un changement de line-up avec l’arrivée de Drakhian à la guitare et d’Alex LENORMAND à la basse. Suite à ça on a fait une tournée qui s’est bien passé et l’envie de faire un album en a découlé car on ne voulait pas jouer éternellement nos anciens titres. Donc le statut du groupe avant la tournée c’était : on fait la tournée et on voit comment ça se passe, et après la tournée c’était : on va faire un nouvel album !

 

Que pensez-vous de l’accueil de Pandemonium, il semble être sorti dans un plus grand anonymat que Frozen Moments Between Life And Death qui fait état d’une réelle attente ?

Je pense déjà que c’était un moins bon album que ce que Frozen Moments Between Life And Death peut l’être, il ne faut pas se chercher des excuses ! On fait parfois des albums moins bons que d’autres, c’est valable pour tous les groupes, ce n’est pas quelque chose que tu maîtrise car à la sortie tu as toujours l’impression que c’est le meilleur et lorsque ça sort tu te rends compte que tout le monde n’est pas d’accord et que finalement tu n’étais pas si inspiré. Pour Planet Pandemonium, je pense que c’est un bon album, il y a de bons titres mais en toute honnêteté, c’était déjà une époque… (il réfléchit) bizarre dans le groupe, il y avait quelques tensions qui se sont confirmées pendant la tournée.

 

Pensez-vous être revenu trop tôt ou la communication autour de la sortie de l’album a-t-elle été loupée ?

Oui il y a eu quelques loupés, je pense que le label à l’époque a fait une grosse erreur en déclinant les offres de labels étrangers, ça nous a beaucoup surpris. Avec XIII BIS, qui est un label historique pour le groupe, on a aura l’opportunité de proposer l’album en Europe déjà mais que l’on soit LOUDBLAST ou n’importe quel autre groupe, il faut toujours être derrière eux car leur boulot est de nous proposer les meilleurs solutions et il faut toujours vérifier que tout est bien fait… et que ce soit un petit ou un gros label !

 

La sortie de l’album live Loud, Live & Heavy a-t-elle constitué un bon happening pour les fans, vous a-t-il servi de test pour votre collaboration avec XIII Bis Records que vous aviez déjà connu sous une autre forme en 1998 ?

Ca n’a pas vraiment été un test dans la mesure où lorsque l’on a signé avec XIII BIS ce n’était pas pour un album studio derrière. Mais c’est vrai que le travail accompli pour le DVD comme pour le coffret réunifiant nos cinq premiers albums a été très bon, à l’époque la distribution était assurée par Sony, aujourd’hui c’est Warner qui s’occupe de nous et je préfère le boulot de ces derniers. Le DVD a surtout été un test pour nous, voir quel accueil le public pouvait nous réserver et comme il a été bon, une nouvelle tournée est arrivée et tout s’est enchainé à partir de là en fait.

 

Dans quel état d’esprit avez-vous composé Frozen Moments Between Life And Death, aviez-vous une idée précise de ce que vous vouliez obtenir ?

On n’est pas reparti de morceaux existants, on est arrivé à poil et à partir du moment où on a dit que l’on allait nous enfermer dans notre local de répétitions pour tout préparer, on a confronté nos idées, Alex, le bassiste, est venu à la maison pour bosser quelques idées de riff car Alex a aussi beaucoup composé pour cet album. On est parti sur le challenge de faire un album à 4 afin que ce soit un album de groupe et non d’un seul gars. Donc on est parti avec nos guitares et nos amplis dans le fin fond de la Normandie et on a sorti cet album sans nous imposer d’objectif sur la façon dont cela devait sonner, que ce soit LOUDBLAST de telle période ou LOUDBLAST de telle période, on a joué ce dont on avait envie.

 

En effet le danger était de vouloir coller au son de tel ou tel album de LOUDBLAST, avez-vous eu peur tout de même de vous enfermer dans un style, en avez-vous tenu compte pendant la composition ?

Non, honnêtement, on n’y a pas du tout pensé. De toute façon avec l’arrivée de 2 nouveaux membres, cela a ressourcé nos envies à Hervé et moi-même qui jouons ensemble depuis 20 ans et même notre façon de composer. On a également fait un gros travail en amont avant l’enregistrement de l’album, on a vraiment bossé sans pression et y compris du label que l’on peut remercier au passage, ils ont eu confiance en nous et ils ont bien eu raison...

 

 

 

Quel est donc ce moment entre la vie et la mort qui a donné le titre à l’album, y a-t-il un lien avec votre silence long de 6 années qui sépare vos deux derniers albums qui est plutôt le moment entre la mort et la vie ? Ou est-ce un clin d’œil à la période qui a suivi Fragments ?

Ce serait plutôt celui qui a suivi Planet Pandemonium, les moments figés entre la vie et la mort, cela correspond mieux à ce qui s’est passé après cet album. En toute honnêteté, après Fragments c’était un split officiel, c’était une décision des membres de l’époque et moi-même pour me concentrer sur la production.

 

Tu parlais tout à l’heure de votre local de répétition, est-ce que l’épisode où vous vous êtes retrouvé tous les 4 là-bas a participé à l’unité au sein du groupe ou est-ce quelque chose que vous aviez acquis avant ?

C’était déjà bien ancré car cela faisait déjà un an et demi que l’on collaborait ensemble, la tournée avait déjà solidifié les liens mais après jouer des anciens titres est une chose et composer une autre. Le travail en répétition a été fondamental car on était 4 mecs tous les jours ensemble avec les sales caractères de chacun, en tournée tu as toujours d’autres personnes autour pour t’échapper un peu. Il y a toujours des moments où tu préfères faire autre chose, être avec ta copine, voir des potes, il faut savoir gérer les moments où rien de bon ne sort des répétitions donc cela a consolidé des liens déjà existants. Au final, cet album a été une super aventure, comme toujours, un accouchement dans la douleur mais ça a été un super moment.

 

Pouvez-vous nous parler un peu de l’artwork qui s’inscrit dans une certaine tradition de LOUDBLAST avec cette sorte de fresque, quel est le lien avec le titre ?

Et bien aucun (rires)...

 

On est d’accord...

Le lien tu pourras le voir lorsque la version vinyle sortira car la cover du CD est un détail de la cover complète qui a été peinte par Bolek BUDZYN avec qui on travaille depuis des années (ndlr. sur Sublime Dementia par exemple) et qui représente le dernier combat pour la vie en quelque sorte. Lorsque l’Homme ne sera plus là et qu’il ne restera que quelques représentants de quelques espèces, il y a ce genre de monstres mi-hommes, mi-animaux, qu’il appelle des Drills, des bêtes fantasmagoriques mais c’est vrai que le lien entre le titre et la cover du CD reste éloigné.

 

Après Fragments, je me souviens avoir vu LOUDBLAST à Vitry Le François à l’Orange Bleue avec notamment ARTSONIC en première partie. L’ambiance était particulièrement chaude, vous êtes revenus le 16 avril dernier, comment était-ce ? Comment se déroule la tournée de manière générale ?

Vitry Le François ? Je crois que la salle a changé de place, non ? Je me souviens avoir joué à l’Orange Bleue… (il réfléchit) En tout cas de manière générale, la tournée se passe très bien, on a préféré commencer la tournée avant même la sortie de l’album pour nous roder et être à fond dans la tournée au plus tôt, nous comme notre équipe. Mais il n’y a aucune date qui se passe mal… attends, Vitry Le François, oui c’était une des premières dates de la tournée. C’était une petite date où il n’y a pas eu énormément de monde, je crois que c’est la date où il y a eu le moins de monde mais l’ambiance était mortelle. C’est vrai que l’on s’est dit que c’était dommage car visiblement beaucoup de gens ont appris l’existence du concert le jour même donc la communication n’a pas été optimale, tu vois tout à l’heure, je te disais que j’aimais contrôler si le travail était bien fait mais je n’ai pas encore le temps de tout vérifier. Cela dit en début de tournée, il est extrêmement rare que les salles soient bien remplies, il faut le temps que le message passe.

 

J’ai vu que vous aviez joué avec DESTINITY et COMO MUERTOS à Paris, 2 très bons groupes...

Oui ce sont des groupes que l’on a choisi...

 

Est-ce qu’ils font toute la tournée avec vous ?

DESTINITY, on a fait tout le début de tournée avec eux, des mecs super sympas avec qui on a même partagé le tour-bus et COMO MUERTOS on a juste joué à Paris avec eux mais c’est un très bon groupe.

 

Vous êtes à l’affiche du Sonisphère, l’évènement Metal de début juillet et surtout vous êtes à l’affiche le jour du Big 4. Cela vous procure-t-il un sentiment particulier, de la crainte, de l’impatience… ?

De l’impatience, oui ! Car on va jouer devant énormément de personnes, on sera peut être un peu plus nerveux mais on est impatient, tout simplement. Comme à chaque fois que tu as l’opportunité de partager la même scène que SLAYER, METALLICA qui ont bercé mon adolescence, ce sont des références pour pas mal de monde ou en tout cas pour moi (rires).

 

Ce jour là il y aura bien sur SLAYER dont vous repreniez régulièrement le "Mandatory Suicide", y a-t-il possibilité de vous voir taper un petit bœuf avec Kerry KING ou Tom ARAYA sur ce titre ?

Ouais mais on ne la joue plus maintenant ! C’était presque devenu un gimmick et on n’est pas un groupe de reprises, on a déjà pas mal de morceaux à nous à jouer, cela ne nous empêche pas d’apprécier cet exercice, pour exemple j’ai dans l’idée depuis plusieurs années d’enregistrer une reprise de DEATH. Et puis, on n’est pas dans la même sphère que ces gars là, ce soir là on aura peut être l’occasion de les croiser en coulisses, même si on n’a pas accès à leurs loges, mais si je vois James HETFIELD je ne louperais pas l’occasion d’aller lui serrer la main, c’est grâce à ce mec là que je fais de la musique.

 

Vous ne craigniez pas de vous confronter à d’autres styles en live puisque vous avez joué avec DESTINITY et COMO MUERTOS à Paris le 21 avril et vous jouerez avec LOFOFORA ou L’ESPRIT DU CLAN en octobre prochain, réaménagez-vous votre setlist en fonction de l’affiche ?

Non on ne modifie que très rarement nos setlists, à l’étranger notamment où on se concentre sur le dernier album mais sinon on assume le style que l’on pratique. Mais là aussi on sera ravi de revoir nos vieux potes de LOFOFORA avec qui on fera la fête en loges...

 

 

 

Cela fait maintenant 25 ans que LOUDBLAST porte très haut les couleurs du Metal hexagonal, quel regard portez-vous sur ces jeunes qui avec un split avec AGRESSOR allaient transformer le paysage Metal en France ? Quel conseil leur donneriez-vous si vous pouviez aller dans le temps ?

Ben déjà les p’tits gars ont perdu leurs cheveux (rires). Lorsque l’on a sorti le split LP je devais avoir 18 ans et on était à l’aube de ce qui allait nous arriver et on ne voyait pas plus loin que ce split. Tout s’est enchainé très vite pour nous, on a commencé à avoir des retours de fans encore plus nombreux car même si on avait sorti des démos auparavant, là c’était autre chose. Mais faire la comparaison 25 ans après, j’ai l’impression de voir mon fils sur la photo (rires). Je lui dirais qu’il s’accroche, faire de la musique c’est avant tout une passion, ça peut devenir un métier si les conditions sont réunies, je ne lui donnerais pas forcément de conseil car j’ai foncé tête baissée et j’ai profité, il faut prendre des risques alors je dirais juste : si vous avez envie de faire ça, faites le mais donnez vous les moyens de le faire !

 

Hervé COQUEREL est là depuis 1992, comment vit-il ses longues périodes d’inactivité du groupe ?

Hervé a beaucoup été occupé avec BLACK BOMB Ä donc il ne l’a pas mal vécu et puis on ne s’était pas perdu de vue. Repartir sur la route a été un choix concerté et Hervé y a pris part et même si je suis le membre qui est régulièrement mis en avant, cela fait 20 ans que l’on joue ensemble, donc c’est une personne importante dans le groupe.

 

Quels sont tes projets en matière de production ?

Ben tu vois pendant que je te parle, je bosse sur un groupe qui s’appelle CORPSE DIVISION qui est un groupe de la région Parisienne, je bosse sur le prochain KRISTENDOM. Ensuite j’ai CADILLAC, un groupe du centre de la France qui est vraiment pas mal, j’ai pas mal levé le pied ces derniers temps pour laisser ma priorité à LOUDBLAST. Je vais peut être un peu plus choisir mes productions qu’auparavant car je ne pourrais pas tout faire.

 

Avez-vous déjà dans votre tête l’idée de faire un nouvel album, avez-vous accumulé quelques idées de base pour celui-ci et pensez-vous enchainer après les différentes tournées ?

On va très vite se remettre à composer oui, même si on est encore en plein dans Frozen… mais ce dernier nous a donné envie de remettre le couvert, on ne va pas attendre 2 ans avant de sortir un nouvel album !

 

 

Propos recueillis par Aymerick "Painless"

 

 

Site Web

www.myspace.com/loudblast

 

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