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| LOU REED & METALLICA LULU  Lulu… Quel titre étrange, surtout dans notre bonne vieille langue. Un titre à même de ruiner à lui seul la crédibilité de n’importe quel album. Je pourrais presque arrêter ma chronique ici, ami lecteur, tant cette impression de mauvaise blague a également marqué ma première écoute de ce disque, juste avant de laisser place à une irrépressible envie de stopper le CD… Car c’est à n’y rien comprendre : METALLICA s’était pourtant racheté une conduite avec Death Magnetic, un disque certes un brin forcé, mais tellement réussi. Puis on a commencé à grincer des dents en entendant parler de concerts du Big 4, ou comment voir quatre groupes légendaires vendre leur dignité, malgré un rendu incontestablement jouissif. Mais là, c’est le pompon ! En apprenant la nouvelle de cette collaboration, je me suis dit : « au pire, on aura droit à une sorte de Load (un disque que j’ai toujours adoré, bien avant que DOWN ne rende le metal bluesy si tendance) N° 2, agrémenté d’un chant torturé à la Nick Cave ». Car je ne connaissais rien de Lou Reed, et ce n’était pas plus mal ! Mon dieu, que ce type chante mal ! Le concept – une histoire sombre nappée de violence et d’abus sexuels – se veut malsain au possible, et on sent le bonhomme très impliqué dans ces textes qu’il déclame, à mi-chemin entre chant et narration, mais il semble la plupart du temps qu’il improvise, qu’il tâtonne, et surtout qu’il est défoncé ! Derrière, METALLICA joue des parties génériques au possible. Comme si le vieux Lou avait embauché le groupe pour jouer la comédie, interpréter dans son script nauséabond le rôle de l’archétype du méchant combo metal. Les riffs sont peu inspirés donc, et James joue les choristes, éclipsant invariablement Reed rien qu’en ouvrant la bouche. Lars, quant à lui, improvise, mais tout le monde sait bien que ce n’est pas son point fort… Et je ne croyais pas si bien dire en évoquant le METALLICA de la seconde moitié des années 90 (même la production nous rappelle « les années Bob Rock »). Sauf que là, on a vraiment le sentiment d’écouter des fonds de tiroirs. Alors je me contenterai d’attribuer trois points. L’un à METALLICA, qui continue de faire ce qu’il veut et de se trouver là où personne ne l’attendait (mais à ce rythme-là, plus personne ne va l’attendre du tout !), une attitude toujours respectable. Le second point est adressé à Lou Reed, car je lui laisse le bénéfice du doute en me disant qu’après tout, Lulu plaira peut-être au public de ce gars-là. Du moins espérons-le, car il y aurait alors un semblant de salut pour ce projet. Le dernier point est à mettre au crédit de certains passages du disque pas si désagréables tels ces crescendos hypnotiques, ces quelques rares riffs sympas et des ambiances vraiment maladives. Jusque ici, j’avais toujours pensé comprendre ce que faisait METALLICA. J’en étais même arrivé à me passionner davantage pour la façon qu’avait le quatuor de mener sa barque que pour sa musique. J’ai perçu les regards condescendants lorsque j’ai couru acheter Reload le jour de sa sortie. J’ai ignoré les railleries lorsque je soutenais bec et ongles que St Anger était certes un album faible, mais qu’il était selon moi plus honnête que Death Magnetic. Sauf que là, pour la première fois depuis 1994, je ne me ferai pas l’avocat du diable. D’ailleurs, Reload et St Anger vont certainement passer pour des chefs-d’œuvre à côté de Lulu. Le pire, dans tout ça, c’est qu’en 2011, ce naufrage est certainement bien plus proche des aspirations de METALLICA que tout ce que le groupe a fait ces dernières années... Chronique par Morbid S. Le 05/11/2011  | |
| Tracklist 01. Brandenburg Gate 02. The View 03. Pumping Blood 04. Mistress Dread 05. Iced Honey 06. Cheat On Me 07. Frustration 08. Little Dog 09. Dragon 10. Junior Dad Genre : Délire Bluesy halluciné et Hallucinant Pays : Etats-Unis  Sortie : Octobre 2011 Site Web www.loureedmetallica.com Note : 3/10 | | Line Up Lou Reed - Vocals, Guitar James Hetfield - Guitar, Vocals Kirk Hammett - Guitar Robert Trujillo - Bass Lars Ulrich - Drums Additional Musicians Sarth Calhoun - Electronics Jenny Scheinman - Violin, Viola & String Arrangements Megan Gould - Violin Ron Lawrence - Viola Marika Hughes - Cello Ulrich Mass - Cello Rob Wasserman - Stand up Electric Bass Jessica Troy - Viola | |
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