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| Entretien avec HK (chant)réalisé le 8 Octobre 2011 à Saint Dizier Deuxième album, Signs Of Decay, album du moment pour HEAVY SOUND, une mésaventure avec les Polonais de HATE sur la tournée française, avenir des Parisiens, il n’en fallait pas plus pour demander à H.K., chanteur et maître à penser de ce groupe au talent encore sous estimé, mais jusque quand ? HEAVY SOUND croit en ce groupe, c’est pourquoi une entrevue s’imposait, entrevue réalisée dans le cadre du EVENING OF METAL avec un chanteur des plus sympathiques, sans langue de bois et surtout avec un discours très, très intéressant... HEAVY SOUND : Signs Of Decay a été très apprécié chez HEAVY SOUND, quel retour as-tu sur ce deuxième album ? H.K. (chant) : On est très content car toutes les chroniques sont vraiment bonnes, sans pour autant dire que tout le monde apprécie. On est assez surpris et heureux car on apprécie énormément cet album mais de là à susciter autant d’émulation, c’est plutôt inattendu pour nous. Après, c’est vrai que ça nous ajoute un peu de pression car on se demande ce que l’on va bien pouvoir proposer par la suite... Le premier album par contre était une autoproduction, c’est ça ? Pas tout à fait puisqu’il est sorti sur un petit label qui s’appelle DEADLIGHT ENTERTAINMENT (ndlr qui a tout de même sorti WORMFOOD ou DANFORTH) qui a bien fait son boulot. Ce premier album a très bien joué son rôle qui consiste à nous présenter à faire circuler le nom et préparer le terrain pour ce deuxième album qui pour moi, mais les autres membres du groupe également, notre album, celui qui en dit plus sur notre identité musicale. On sent vraiment qu’il y a eu une grosse évolution entre les 2 albums, tant au niveau de l’artwork, de l’univers visuel du groupe, de la musique, du son, tout est beaucoup plus travaillé. Comment avez-vous abordé ces choses là, est-ce dû à des rencontres qui vous ont permis de faire tout cela ou aviez-vous comme objectif d’atteindre ce niveau là, et ce, dès le début ? C’était forcément un objectif pour nous et moi qui suit à l’origine de LIVARKAHIL j’avais vraiment en tête un album comme ce deuxième album tel que nous le proposons aujourd’hui. J’ai amené des idées, des compositions et ça c’est fait ainsi. Pour l’exemple, nous avions un précédent batteur avec qui nous avons décidé d’un commun accord d’arrêter de collaborer car l’évolution musicale lui plaisait moins sur ce qu’il a entendu sur les premières démos de ce nouvel album. On a ensuite rencontré SKVM qui a notamment joué avec TEMPLE OF BAAL avec qui nous étions sur la même longueur d’onde. Ensuite, à force des faires des concerts et de trainer avec des mecs qui savent ce qu’ils disent lorsqu’ils parlent de musique, je pense à BST de THE ORDER OF APOLLYON ou Tom de KRONOS, et ces gars là nous ont dit de ne pas se préoccuper de ce qui marche ou pas, faites ce que vous voulez et c’est ce que nous avons fait. On a également composé tous ensemble, ce qui n’était pas le cas sur le premier album, on a pris beaucoup plus de temps pour enregistrer, arranger les morceaux, on a tout pré-produit dans mon home studio, tout réécouté et corrigé ce qui nous plaisait moins. Une fois enregistré on a envoyé l’album aux Hertz Studios qui est un choix plus ou moins calculé pour le mixage et le mastering. En fait, lorsque l’on a fait écouté les démos, on a souvent dit que ça sonnait Polonais, alors au moment du mixage, on s’est dit, ça sonne Polonais, on apprécie beaucoup la scène Polonaise, enfin un peu moins maintenant, on en parlera tout à l’heure (ndlr. un petit sourire évocateur) allons jusqu’au bout. Tu disais que tu avais un home studio, ça veut dire que tu t’y connais un peu en production ? Pourquoi avoir fait faire le mixage à l’extérieur ? En fait, je suis un touche à tout, je suis graphiste, monteur vidéo et j’ai la chance d’avoir un petit home studio où j’ai tout le matériel nécessaire pour enregistrer, mixer, masteriser. On a donc enregistré chez moi mais pour le mixage et le mastering on s’est posé la question, après discussion avec toujours les mêmes gars on a convenu d’enregistrer chez moi mais de faire faire le mixage à l’extérieur car on cherchait un son bien spécifique et le Hertz Studio était le moins cher déjà mais proposait aussi le meilleur son et comme les mecs étaient cools également... Même pas l’occasion d’aller faire un tour sur place… Non, même pas, on a bossé par internet uniquement !  Sur ce deuxième album, il y a un concept basé sur la religion, est-ce que tu peux nous en dire plus ? On n’a pas commencé par se dire que nous allions faire un concept album. On a commencé à composer, j’ai commencé à écrire les paroles et on s’est rendu compte que toutes les paroles sans exception parlaient et traitaient de la religion et je me suis dit, pourquoi ne pas en faire un concept album. C’était très en vogue dans les années 90 comme procédé et ça m’a plutôt plu et ça nous permettait de vraiment nous exprimer complètement avec des tenues vestimentaires, tout un artwork, tout un univers visuel. La religion m’a toujours intéressé et en lisant, me documentant mais aussi en rencontrant des gens, j’ai finit par proposer aux autres ce concept sur la religion. Au départ, ils n’étaient vraiment pas chaud pour ce concept car ils avaient peur de tomber dans le cliché de la religion mais ce n’est pas ce que je voulais, je voulais plus une sorte de traité philosophique sur la religion, sur la position de la religion par rapport à l’Homme, dire qu’elle est importante mais aussi que ça peut devenir une arme de manipulation au détriment du libre arbitre, c’est pour cela que l’on parle d’autocratie religieuse. La notion de croyance est importante, on croit tous en quelque chose et par forcément un Dieu, mais à partir du moment une élite instrumentalise ce besoin ça devient un travers et c’est en cela que la religion est dangereuse. Est-ce que l’axe de réflexion était déjà établi dès le départ ou est-ce que tu l’as tracé au fur et à mesure de tes recherches ? Tout d’abord, en lisant les textes, j’ai vu que ça parlait de la religion, donc autant en faire quelque chose. Et du coup lorsque l’on a pris le parti de voir ce que l’on pouvait en faire sans pour autant arrêter ce choix, j’ai lu beaucoup de livres sur l’histoire des religions, j’ai rencontré des prêtres, un imam, j’ai aussi rencontré un rabbin, j’ai discuté avec eux pour leur expliquer ma façon de voir et au final je me suis rendu compte qu’ils étaient plutôt d’accord avec moi et disaient qu’ils étaient les messagers de Dieu sur Terre mais qu’ils n’étaient pas Dieu. En se documentant, en se renseignant, on a poussé le concept et au final c’est simplement mon avis sur les religions. C’est un concept unique pour cet album ou est –ce que ce sera une ligne de trame pour la suite du groupe ? Alors, c’est une question qui revient souvent, j’ai déjà des idées pour la suite, on n’abandonnera pas notre univers et notamment nos tenues vestimentaires parce que cela colle très bien avec notre musique qui est assez martiale. Mais on n’avait pas non plus envie de s’enfermer dans une thématique et ne pas pouvoir s’en sortir, avoir la possibilité de proposer autre chose et ne pas non plus nous essouffler nous aussi car avoir une ligne directrice et baser tout le groupe là-dessus c’est dangereux car on évolue tous forcément et il serait gênant qu’une fan base se créée autour de ça alors le groupe ce n’est pas ça. On faisait cet album concept on ne s’est pas dit que allions faire de LIVARKAHIL un groupe dont l’unique concept serait basé sur la religion. Après pourquoi ne pas apporter un autre concept et dans ce domaine j’aime beaucoup MARILYN MANSON qui à chaque album apporte un univers différent, ce qu’il a fait entre Mechanical Animals et Hollywood, c’est incroyable ! Après, il y aussi RAMMSTEIN qui réussi à évoluer avec une identité très forte. Lorsque j’ai eu Vorph de SAMAEL en interview, il me disait que le retour des paroles religieuses dans SAMAEL était surtout dû à tout ce qui se passe dans le monde avec un retour du pouvoir religieux dans la vie de chacun, est-ce également ce qui a motivé ton envie d’écrire sur ce sujet ? J’ai jamais écrit des paroles en fonction de ce qui se passait dans le monde parce que ça ne m’intéresse pas, je préfère écrire sur des choses que j’ai envie de partager et non prendre un fait de société et le commenter, pour moi c’est un peu aller dans la facilité. Alors après ça n’engage que moi... Si on revient au contenu musical de Signs Of Decay, il y a cette petite pause avec l’instrumental un peu plus lumineux qui est "…We Hail The Victory", c’est le genre de titre parfait pour planter l’ambiance. A-t-il été créé pour cela ou bien est-ce une idée qui au fur et à mesure s’est retrouvée instrumentale car rien de mieux ne venait ? On a composé 18 titres pour l’album pour n’en garder que 11 et on avait ce titre pour lequel on ne trouvait pas de structure vraiment définie avec un refrain et des couplets, ça ne faisait qu’un bloc. A force de l’écouter, je me suis dit qu’il était très bien ainsi et on y a ajouté des samples de prières musulmanes, chrétiennes en Allemand et juive aussi, qui sont les 3 religions principales, j’aurais aimé aussi avoir le bouddhisme ma is… (il hésite) je n’ai pas trouvé de voix pour le faire. Ce titre, on ne le joue pas en live car un instrumental, il faudrait que visuellement on ait quelque chose à proposer pour agrémenter le titre.  David et Franck POTVIN apparaissent sur l’album, sur le titre "Art Of Bleeding", comment est née la collaboration avec ces gars ? Les frères POTVIN, on les a rencontrés il y a deux ans à Angers, ils étaient venus nous voir en concert et avaient bien aimé. Ils nous ont invités à passer boire un café le lendemain matin et ça s’est très bien passé. J’ai collaboré avec eux sur quelques éléments graphiques et quand on a composé ce titre qui parle de la dualité du bien et du mal en chacun d’entre nous, je voulais vraiment qu’il y ait un discours du bien et un discours du mal. On recherchait deux voix pour interpréter le bien et le mal et je me suis dit qu’avoir 2 frères ce serait bien plus fort car le bien n’existerait pas sans le mal et inversement. Je les ai contactés et ils ont immédiatement accepté. Est-ce que tu as réarrangé le titre avec cette donnée? Non, j’ai composé le titre bien avant, tout était déjà prêt, j’avais déjà l’idée de la voix pour le bien, la voix pour le mal et moi qui ne suit finalement que la pauvre âme au milieu. Alors, tu l’as évoqué tout à l’heure, on va parler du live, il y avait cette tournée avec HATE et VESANIA de prévue et finalement comment ça se passe, est-ce que vous avez déjà assuré d’autres dates mise à part celle-ci du EVENING OF METAL ? Oui. En fait, on a joué deux fois avec eux, le lundi 26 à Lille et mardi 27 à Lyon. Ca s’est extrêmement mal passé dès le départ, très, très, très tendu, on s’est demandé si on continuait ou pas alors que notre intégrité physique n’était pas assurée… Ce fut une décision très difficile à prendre car on a travaillé sur cette tournée pendant quelques temps, on a beaucoup travaillé pour la promo, on a essayé d’accueillir au mieux les Polonais tout en leur répétant que HATE n’était pas un groupe énorme en France mais que les conditions étaient là. La première date a franchement planté le décor, on s’est retrouvé devant des groupes qui refusaient de jouer avec des moyens dignes de groupe de moyenne importance et pourtant je t’assure que les conditions étaient très bonnes. Il y avait de l’agressivité latente, pas seulement envers nous mais aussi envers le public, les organisateurs, pour la petite histoire il y en a un qui les a menacé d’appeler la police pour qu’ils se calment un peu. On a donc été obligé de prendre la décision d’arrêter, à contre cœur, tout en s’assurant que le reste de la tournée pouvait se dérouler mais lorsqu’on lit leur communiqué, ils disent qu’on les a viré alors que c’est leur décision d’arrêter de leur côté, et que l’on s’est barré en prenant du pognon. Et il est très facile pour quiconque de vérifier auprès des associations organisatrices qu’aucun argent n’a été dérobé par LIVARKAHIL. C’est un échec et une grosse déception mais on s’en remettra. Et qu’y a-t-il de prévu prochainement pour LIVARKAHIL ? Il y a quatre dates que l’on va faire avec AS YOU DRAWN fin octobre dont Lille et Marseille et puis il y a… allez je te donne une exclusivité (il mime un journaliste hystérique à l’idée d’avoir une exclu), on est en train de travailler sur un EP 5 titres que l’on va enregistrer en début d’année et que l’on aimerait sortir aux alentours du mois de mai. Alors pourquoi le mois de mai, c’est parce que l’on travaille sur une grosse tournée organisée par NUCLEAR BLAST dont je ne peux pas en dire plus pour le moment bien évidemment. Pour l’instant, vous vous êtes concentré sur la France mais le fait d’être signés chez LISTENABLE, y a-t-il une vue sur l’étranger de votre part ? Le fait d’avoir la chance d’être sur ce label, car c’est vraiment une chance pour nous, ça nous ouvre des portes assez incroyables dans le sens où on travaille avec deux agences de promo qui sont étrangères, une Allemande et une au Portugal pour le reste du monde, il y a des organisateurs de concerts étrangers qui nous contactent, notre album est distribué et chroniqué partout. C’est vrai que c’est important d’avoir un bon label mais si tu ne te bouges pas, tu auras beau avoir un bon label, ça ne donnera rien. Pour cela il faut faire des prestations scéniques convaincantes, on a un très bon album, bien produit qu’il faut mettre en valeur sur scène. Pour l’instant, c’est vrai que l’on s’est concentré sur la France mais on va par exemple aller voir un peu du côté de l’Allemagne où ça bouge pas mal pour nous là-bas, c’est peut être le look… (rires) Propos recueillis par Aymerick "Painless" Site Web www.livarkahil.com www.myspace.com/livarkahil Chronique Signs Of Decay Report Evening Of Metal 2011  | |
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