Ils sont cinq, ils sont jeunes, très jeunes mêmes, ils sont beaux... Non, on ne peut pas dire que ce soit des foudres de guerre question beauté. Par contre, en ce qui concerne la musique, ils font preuve d'une maturité surprenante, même irréelle. Après un premier EP, From The Desolate Inside sorti en 2010, qui n'a pas franchement marqué la scène internationale, c'est au tour de Beyond The Gates Of Imagination Part 1 d'essayer de faire parler des Allemands de LEVIATHAN. Sans trop s'avancer, ils vont réussir, car cet album n'est peut-être pas l'ultime joyau de cette rentrée, mais c'est en tout cas une petite perle pleine de saveurs que nous proposent ces amateurs de Death, de Thrash, de compositions alambiquées et de titres superbement orchestrés. Pour en parler, Tobias DAHS (guitare) a pris le temps de nous expliquer les tenants et les aboutissements de ce CD, et de nous éclairer sur cette formation qui donne de l'envergure au Metal, en introduisant une forte dose de progressif dans un Death Metal carré et en béton.
HEAVY SOUND : Tout d'abord, peux-tu rapidement nous présenter le groupe...
Tobias DAHS (Guitare) : Nous avons tous une vingtaine d'année et nous nous sommes rencontrés lors de nos études. En 2007, Jonas (Reisenauer / Guitare et chant) décida de former un groupe. C'est en 2008 qu'il a été finalisé, lorsque Tobias (Parke / Batterie) nous présenta Fabian (Gocht), notre futur claviste. Pour nous tous, LEVIATHAN est notre premier projet sérieux. Chacun de nous pratiquait la musique mais sans appartenir à un vrai groupe.
Et comment composez-vous au sein de LEVIATHAN ?
Jonas est le principal responsable de notre musique. Soit nous lui amenons des idées qu'il met en forme pour créer une histoire, soit il nous présente les siennes que nous travaillons de notre côté pour coller à cette histoire. Il travaille ensuite sur tous les instruments et nous soumet le résultat que nous finalisons ensemble en apportant notre touche personnelle.
Depuis 2010, où vous avez sorti votre premier EP, tout est allé très vite avec des concerts, une scène au Summer Breeze et maintenant la présentation de Beyond the Gates of Imagination Part 1 ?
Vu de l'intérieur, on ne peut pas dire que tout soit allé si vite, sauf pour la sortie de notre album. Après la réalisation de notre EP, nous avons rencontré pas mal de succès et cela nous a permis de faire beaucoup de dates. C'est à ce moment que nous avons décidé de ne pas mettre plus de 12 mois pour sortir un nouvel album. Entre les concerts et nos occupations, nous n'avons eu que très peu de temps pour le faire et cela a été très dure. Mais en Mars 2011, nous avons pu retourner en studio pour enregistrer cet album. Nous étions persuadé que c'était le meilleur choix pour proposer rapidement de nouvelles compostions et ne pas laisser passer 2 ou 3 ans pour que l'on puisse nous oublier.
Dans votre bio, on peut lire que vous jouez du Death Metal Progressif, mais on pourrait tout aussi bien dire du Thrash Death Metal Scandinave avec des orchestrations ?
Tu as aussi raison... Pour nous, c'est très compliqué de nous définir et décrire notre musique. Il faudrait que les gens abordent notre musique avec comme optique de découvrir un groupe de Metal au sens large. Mais c'est délicat du moment où il faut absolument classifier un groupe dans tel ou tel genre. Nous avons donc pensez à ce qui se rapprochait le plus de notre musique et nous avons opté pour Death Metal Progressif. Mais je ne peu pas nier que ta description est aussi bonne que la notre. Avec toutes les influences que nous possédons, il est difficile de nous cataloguer dans un style précis, sans en oublier au passage.
Pourquoi votre album compte-t-il trois parties et parle nous de cette pochette assez réussie...
L'album a un concept très lyrique et afin de lui donner une meilleur structure, nous avons décidé de le scinder en trois volets, tous unis par une même idée. Lors de l'écriture, nous avons soulevez trois questions différentes : Que faisons nous ? Qui sommes nous ? Et que faisons nous du temps ? Tout ceci est très distinct, mais intimement lié. Au sujet de la pochette, c'est notre vision de l'apparence au delà de l’imagination. Notre pochette représente de Jonas aspiré par une immense porte lumineuse. Cette couverture a été conçu par Tom notre bassiste, qui a un style très futuriste et avant gardiste. Beaucoup de personnes nous ont dit que cette pochette n'était pas très Metal. Mais c'est ce que nous tenons a exprimer et ce qui colle le mieux à notre musique.
Beyond the Gates... donne l'impression d'avoir affaire à un concept sur l'irréel ou l'immatériel ?
C'est vrai, mais nous tenons à faire référence à la réalité. Tout au long de l'album, l'auditeur est emmené dans un voyage au cœur de l’irréel, avec différentes petites histoires. Mais le fond même de chacune d'entre-elles prend sa source dans le quotidien. Beaucoup de titres font références à des événements ou des catastrophes intervenus l'an dernier. Le titre «Beneath A Blackened Sky» par exemple, traite à la base de la pollution pétrolière dans le golfe du Mexique. A partir de faits réels, nous parlons de l’imagination développée autour de ces événements. Nous développons une impression d’irréel et dans ce cas là, la réalité de la catastrophe montre que la situation sur la planète est bien pire que ce que l'on peut concevoir.
Et pourquoi avoir ajouté au nom de cet album «Part 1» ?
Nous l'avons décidé lorsque nous étions en studio. Nous avions prévu d'éditer dès le départ un concept album d'environ 74 minutes. Mais nous étions à la limite de ce qu'il était possible de faire. Beaucoup de gens pensent que l'on peut faire des CD's de 80 minutes. Mais pour des raisons techniques, ceci n'est possible qu'au détriment de la qualité. Alors nous est venu l'idée de proposer un double CD. Mais nous avons vite compris que pour un premier album, c'était beaucoup trop de présenter un double avec de la musique progressive. Nous avons donc opté pour ce «Part 1» maintenant, avec la plupart des titres déjà écrits pour le deuxième volet qui, nous en sommes surs, sera disponible avant un an.
Sur cet album, on trouve non seulement du Thrash, du Death, de la musique progressive, mais aussi des orchestrations Black avec des claviers, un chant féminin ou un flûtiste... Vous ne pensez pas que cela fait un peu beaucoup pour un simple fan de Death ou de Metal ?
Comme je le disais, il ne faut pas se focaliser sur un style précis et se buter sur le fait que cet album contienne des influences qui ne sont pas celles que l'on apprécie. On peut ne pas aimer les orchestrations ou les ambiances folkloriques, mais nous avons décidé de sortir des sentiers battus et de prendre le risque de présenter notre propre identité avec de telles influences. Jusqu'à présent, nous n'avons eu que des bons retours et nous savons qu'il a fallu aux fans deux ou trois écoutes pour apprécier notre musique. Nous savons aussi qu'ils peuvent toujours écouter cet album avec le même plaisir sans s'ennuyer. C'est ce que nous aimons faire partager en leur permettant de découvrir quelque chose de nouveau, même après la trentième écoute !

Vous êtes en pleine promotion en ce moment. Quel est votre planning de rentrée, vos espérances pour LEVIATHAN et avec quels formations seriez-vous le plus à l'aise pour tourner ?
Nous avons déjà beaucoup d'interviews de prévues et de passages radio. Ensuite, nous partirons jouer en Allemagne, en Angleterre et en Norvège. Nous serons présent cet été sur des festivals et avons déjà programmé de rentrer en studio en mars 2012 pour enregistrer le deuxième volet de cet album. Entre temps, nous aimerions par dessus tout nous auto-financer et arrêter de dépenser notre propre argent dans ce projet. En ce qui concerne les concerts, nous avons un éventail de styles tellement large que nous pouvons nous trouver sur un grand nombre d'affiches. Nous sommes fans de tant de groupes, qu'il n'y en a pas un en particulier qui nous attire, mais plusieurs. Jouer avec WINTERSUN serait génial, mais il y a aussi SUIDAKRA, DIMMU BORGIR ou encore SYMPHONY X...
Lorsque je vous demande ce que vous envisagez pour le futur, il y a aussi le cas Waldemar Sorychta. Comment avez-vous fait pour collaborer avec lui et allez-vous ré-éditer cette expérience ?
Nous savions que Michael Hass, notre ingénieur du son, avait travaillé avec lui. Mais ce n'est pas Waldemar qui a enregistré cet album, Michael et son associé, Dennis Koehne, ont parfaitement maîtrisé le sujet. Lorsque nous avons enregistré, nous avons passé beaucoup de temps sur les titres et plus nous arrivions au terme du processus et du mastering, plus nous nous sommes dit qu'il nous fallait une oreille extérieur, neutre, pour finir ce travail. J'ai eu l'idée de faire appel à Waldemar. Michael m'a donné son contact et après un mail, il a accepté de travailler avec nous. Quelques jours plus tard, je récupérais les bandes masters terminées chez lui. Nous avons été ravis du travail qu'il nous a fourni et je suis presque sur que nous allons une nouvelle fois faire appel à lui pour le mastering du prochain album...
Propos recueillis par Fred Pichot