L’ambassadeur des marques Ibanez et Peavey est un artiste très prolifique, en effet Joe SATRIANI alias Satch sort à intervalle régulier ses albums depuis1984, même si c’est Not Of This Earth (1986) qui est considéré comme la première réalisation, à noter que pour l’époque ce dernier est totalement à mille lieux des autres albums instrumentaux, d’ailleurs pour la petite histoire Joe SATRIANI souhaitait être signé par le fameux label SHRAPNEL mais Mike VARNEY a trouvé cet album trop décalé par rapport aux critères de l’époque, très porté sur le néo-classique, ce qui l'obligea a créer son propre label et sa boite de production.
SATRIANI nous revient avec Black Swans And Wormhole Wizards qui sort via le label JIVE/EPIC, un disque qui symbolise aussi un tournant dans sa carrière, puisque celui-ci ignorait à la base le tournant musical qu’allait emprunter cet opus lors de sa réalisation, faut croire que sa deuxième activité nettement plus Rock’n’roll au sein de CHICKENFOOT lui à redonné goût à une musique plus directe. On retrouve autour de Joe une base rythmique bougrement efficace composé de Jeff CAMPITELLI (batterie), Allen WHITMAN (basse) et un claviériste/guitariste/arrangeur en la personne de Mike KENEALLY. L’album se rapproche nettement plus de ces précédents CD à savoir Time Machine (1993) ou The Extremist (1992), pour les inconditionnels de Surfing With The Alien (1987) et bien non, vous ne retrouverez pas un album de ce calibre, néanmoins cet opus donne à Joe SATRIANI la possibilité de démontrer l’étendue de son talent, à travers des titres très différents les uns des autres comme l’excellent "Premonition" qui ouvre l’album, une mélodie accrocheuse, et un théme lead qui revient constamment, sans oublier les envolées de guitare très « Satrianesque », et dés le second morceau "Dream Song" mené par le son de la pédale Wah-Wah, c’est l’embarquement immédiat vers les rêves de Satch, avec un son de guitare lead très chaud qui enveloppe agréablement le morceau. "Solitude" est plus aérien, plus rêveur j’aurai envie de dire, cela se rapproche beaucoup des gammes du Blues... Sur des rythmes indiens "Littleworth Lane" vous surprendra agréablement d’autant que du bon gros riff appuyé par une guitare lead excellente vient appuyer ces percussions, le mélange musique indienne et riff Rock n’est pas nouveau, Les BEATLES s’en étaient beaucoup servi à une certaine époque, la recette marche toujours, la preuve avec ce titre... "Wormhole Wizards" est plus ambitieux, avec un thème appuyé par une section rythmique qui tourne en continu, on a l’impression que la guitare de Satch improvise totalement sur ce motif, les synthés en arrière plan offrent une coloration particulière, surtout lorsque ceux-ci interviennent avec une sonorité très seventies, d’ailleurs le pianiste est vraiment doué, écoutez ces interventions sur le titre "Wind In The Trees" franchement Satch s’est entouré d’un trio de musiciens tout aussi brillants que lui et cela se ressent sur l’ensemble de l’album. Personnellement, j’aime beaucoup ce grain particulier de SATRIANI, un son bien à lui, le son Satch, reconnaissable entre mille, et surtout un grand degré d’expressivité dans son jeu guitaristique. Pour tous ceux qui apprécient Joe SATRIANI, cet album occupera une place de choix dans le registre des disques instrumentaux.
Chronique par CeD
Le 06/11/2010
