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       Entretien réalisé par mail avec Jochen TRUNK (basse) le 18 juin 2010.
 

 

DISBELIEF fête, cette année, ces 20 ans de carrière et comme nous l’explique Jochen TRUNK, le groupe Allemand se devait de publier un album anniversaire. Alors que le groupe est à la recherche d’un guitariste pour les échéances à venir, le bassiste nous parle également des difficultés à maintenir un line-up opérationnel pour ce groupe innovant et qui a inspiré toute une scène actuelle. HEAVY SOUND a voulu vous faire connaitre un peu mieux ce groupe obscur qui officie dans l’ombre alors que la qualité de ses albums mériterait qu’il soit un peu plus à la lumière. Vous voilà invités à l’anniversaire de DISBELIEF, heureux ?

 

HEAVY SOUND : Tout d’abord, vous êtes déjà de retour, un an après Protected Hell, pas trop fatigué par ce rythme ?

Jochen TRUNK : Non, pas du tout ! On est encore très inspirés mais tu as raison, le temps qui sépare la sortie des deux derniers albums est très court mais le fait que nous célébrions notre 20ème anniversaire nécessitait que l’on publie un nouvel album.

 

Quand avez-vous eu le temps d’écrire ces titres, étaient-ils composés lorsque vous avez publié Protected Hell ?

Ces chansons ont été composées en juin 2009, nous venions de finir deux ou trois concerts pour promouvoir Protected Hell à travers l’Allemagne et après cela, j’étais d’humeur à composer. C’était un pur plaisir de jouer ces riffs qui avait le même esprit que ces jours où j’ai commencé à écouter du Metal donc je les ai présentés au reste du groupe qui a eu la même impression !!

 

Comment se sont passés les concerts en 2009 ? Il y a eu le Sundown Festival, le Legacy Fest et beaucoup de dates en Allemagne, Belgique ou Autriche mais…aucune en France, que s’est-il passé ?

On n’est juste venu pour le Coolness’ Tival en France, c’est regrettable mais il nous est difficile de décrocher des dates dans de bonnes conditions en France. Mais nous essaierons d’améliorer cela à l’avenir !! Les concerts en Allemagne ont été très bons et spécialement en festival où tu as la chance de toucher beaucoup de monde. Protected Hell a très bien été accueilli par les fans et s’est très bien intégré à la setlist avec notre matériel plus ancien.

 

Heal présente plusieurs visages du groupe, était-ce un but dès le début ?

Notre but était de faire un album-anniversaire qui soit représentatif de nos racines et de ce qu’est le Metal, les influences des 4 nouveaux titres sont évidentes mais nous nous sommes amusés à y ajouter l’esprit DISBELIEF. L’album devrait être sympa à écouter, il tente de rappeler l’esprit du début des 80’s et des 90’s où nous avons commencé à écouter du Metal. Je pense que cet album est très varié et qu’il apporte quelques nouveautés dans le son DISBELIEF.

 

Je pense que "The Last Force : Attack" est un des meilleurs moments de ce nouvel album, peux-tu nous dire quel est le sujet principal abordé par les paroles et comment est né ce titre ?

Cette chanson parle de la Seconde Guerre Mondiale, à la fin de cette tragédie, les Allemands ont envoyé les hommes âgés et les jeunes enfants au combat pour gagner une bataille qui était déjà perdue. La dernière force pour ainsi dire, ils ont été envoyés à une mort certaine, une perte humaine pour rien !! Le titre est né pendant la période de composition que je mentionnais plus tôt, Jagger a été inspiré et a couché ces paroles qui reflètent l’atmosphère et la brutalité des riffs.

 

Peux-tu expliquer pourquoi avoir choisi de faire trois reprises de KING DIAMOND, CRIMSON GLORY et KILLING JOKE ? Qu’est-ce que ces groupes et plus particulièrement ces titres représentent pour vous ?

Tous ces groupes sont vraiment spéciaux avec de grands chanteurs et de grands compositeurs ! Nous sommes fans de ces groupes et c’était un petit challenge de prendre ces titres dans un autre style et d’y insuffler le style DISBELIEF. Nous avons fait de notre mieux pour montrer la connexion qui existe entre tous les groupes de Metal, peut importe le style, ce n’est qu’une question d’interprétation.

 

Pourquoi avoir choisi de réenregistrer "Shine" ? Pourquoi ce titre particulièrement et avez-vous pensé à réenregistrer d’autres titres pour l’occasion ?

Nous avons choisi "Shine" car nous pensions qu’il méritait un nouveau son, un son plus moderne. La nouvelle version est plus sombre mais nous ne le ferons pas avec d’autres titres de cet album car ils ont besoin du son de Shine, nous n’y gagnerions rien. Une autre raison était d’amener les fans qui ne connaissaient pas Shine à l’écouter.

 

 

 

Vous célébrez, avec cet album, les 20 ans du groupe, dont 10 au moins avec Massacre Records. Il est plutôt rare de voir un groupe aussi fidèle à un label, quel est le secret de cette longévité ? Qu’est-ce qui pourrait vous faire quitter Massacre Records demain ?

OK, en 2005, nous avons quitté Massacre car nous avions une offre de Nuclear Blast, nous avons sorti 66Sick mais bien que ce fût notre album le plus réussi, ils nous ont de nouveau abandonné et nous sommes alors retournés chez Massacre Records. Pour la faire courte : Massacre est le seul label qui montre un réel intérêt envers DISBELIEF, ils nous soutiennent sans essayer de nous pousser sur une voie plus commerciale ! C’est la raison pour laquelle ça marche si bien depuis si longtemps.

 

OK, parlons un peu des 20 années de DISBELIEF, quels sont tes meilleurs et tes pires souvenirs ?

Les meilleurs : toutes les tournées que nous avons le plaisir de faire.

Les pires : tous les changements de line-up et le business de merde auquel nous avons été confrontés.

 

Te rappelles-tu du premier concert de DISBELIEF, où et quand a-t-il eu lieu ? Te souviens-tu de ta première groupie ?

C’était en 1995 mais je ne me rappelle plus du déroulement précis, Groupies !!! Je n’ai jamais rencontré cette espèce !

 

Te rappelles-tu du premier concert de DISBELIEF à Paris, c’était au Gibus le 21 octobre 1997 en compagnie de SIX FEET UNDER et GOD DETHRONED ?

Oui bien sur, c’est un très petit club et nous sommes de grands gaillards. Nos têtes touchaient presque le plafond. Nous avons commencé à jouer et le public est devenu dingue mais après le premier titre, plus aucune réaction, un concert aussi étrange que remarquable !

 

Quelle est l’anecdote à propos du groupe que tu ne peux pas raconter mais que tu vas nous raconter quand même ?

Peut être cette histoire lorsque nous avons donné ce show en République Tchèque, ce devait être en 1997 ou 1998. Après le festival, nous avions décidé de passer une nuit sur place à Prague, résultat : on m’a volé ma voiture avec tous mes papiers dedans, ça n’a pas été simple de quitter ce pays car à cette époque les frontières étaient encore bien fermées. J’ai eu un voyage horrible entre la police d’état et l’ambassade allemande, une journée mémorable !

 

Quel est le groupe dont tu es le plus fier d’avoir partagé la scène ? Avec quel groupe rêves-tu encore de partager la scène ?

Enormément, SLAYER, BOLT THROWER, CROWBAR, DEATH ANGEL, beaucoup de rêves sont devenus réalité tout au long de ces années. Et je pourrais mentionner les mêmes groupes pour ceux dont je rêverais partager la scène à l’avenir.

 

Peux-tu nous dire ce que tu penses de chacun de vos albums, ce que tu regrettes, ce que tu aimes encore aujourd’hui, des anecdotes sur les sessions d’enregistrement, l’album etc. On commence avec Disbelief (1997) :

votre premier album et déjà avec Andy Classen.

C’est un résumé de nos démos et de nouveau matériel. Un premier pas pour un nouveau line-up avec 2 auteurs-compositeurs différents.

 

Infected (1998), vous revenez rapidement avec un deuxième album.

Un album vraiment spécial, DISBELIEF devenait un vrai groupe et nous avons essayé de créer quelque chose de nouveau. Beaucoup d’influences sont décelables sur cet album, le début d’une nouvelle ère. Ma chanson préférée encore aujourd’hui, "Pounding".

 

Worst Enemy (2001), votre premier album avec Massacre Records, dans quel état d’esprit étiez-vous avant de sortir cet album ?

Après qu’un des guitaristes ait quitté le groupe, j’ai du assurer la composition seul. Cet album est un point de départ, sonnant sauvagement et énervé, beaucoup de puissance et d’émotion, nous avons conquis beaucoup de fan avec cet album. "Misery" est le titre qui résume très bien tout cela.

 

Shine (2002), encore une fois vous êtes très rapides pour sortir vos albums.

Nous devions sortir un nouvel album rapidement cette fois-ci car nous avions la possibilité d’assurer la première partie de BOLT THROWER sur leur tournée allemande en 2002. L’album a été composé et enregistré en 6 mois, il a un son vraiment spécial car nous avons du travailler avec un nouveau producteur (ndlr. Jochen parle de Heinz HESSI), il a une atmosphère vraiment spéciale.

 

Spreading The Rage (2002), c’était le temps de la tournée avec Death Angel Tour 2003 avec MYSTIC PROPHECY, DARKANE et MNEMIC avec un concert à La Locomotive à Paris, te souviens-tu de ce concert ?

Oui, c’était le premier concert de la tournée et ce sont toujours des concerts très agités, nous avons joué après la tête d’affiche qui était DEATH ANGEL et très peu de fans sont restés après leur prestation, mais l’ensemble de la tournée était fantastique. Cet album a une atmosphère très sombre et très puissante et a également été un beau succès !

 

66Sick (2005), vous avez pris part au No Mercy Festival avec SIX FEET UNDER, NILE et DARK FUNERAL par exemple.

C’était avec Nuclear Blast et non Massacre cette fois-ci et un beau succès de nouveau. Nous avons fait 2 vidéos pour "Rewin It All" et "Sick" qui sont pour moi les 2 chansons les plus communes de DISBELIEF. Mais cet album a tout de même était « album du mois » en France.

 

Navigator (2007), le début est très brutal avec "Navigator", pourquoi une telle brutalité sur cet album ?

Nous avons voulu changer beaucoup de chose, nouveau producteur avec Michael MAINX, nouvelle façon de composer mais toujours avec la même marque de fabrique de DISBELIEF. C’est mon artwork préféré, nous avons beaucoup expérimenté au niveau du son, un album costaud et un pas important dans l’histoire de DISBELIEF.

 

Protected Hell (2009), beaucoup de concerts en support de cet album et notamment le dernier en date en France à Montdidier au Coolness ‘Tival.

Le numéro 8 de notre discographie, avec le même producteur que Navigator, le son et les chansons sont énormes, une intensité pure ! Revenir en France, c’était énorme, un concert bien cool et j’espère que ce n’était pas notre dernier.

 

 

 

Quels sont vos projets pour 2010, travaillez-vous déjà sur le prochain album ?

Nous avons déjà fait une petite tournée allemande en janvier mais après la sortie de Heal, nous aimerions en faire une autre en octobre/novembre, avant cela nous allons faire quelques festivals d’été. J’ai déjà commencé à composé pour le prochain album mais ce ne sont là que les premiers jets et le prochain album ne sortira probablement pas avant 2012 !

 

Merci beaucoup d’avoir accordé du temps à vos fans Français, veux-tu ajouter quelque chose ?

Merci beaucoup de l’intérêt que vous portez à DISBELIEF, surveillez bien l’éventuel retour de DISBELIEF en France car on bosse en ce sens ! Cheers !

 

 

Propos recueillis par Aymerick "Painless"

 

 

Site Web

www.disbelief.de

www.myspace.com/disbeliefmetal

 

 

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