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                        DELIRIUM FEST IX

        Samedi 7 mai 2011 – Fagnières (51), salle André Gallois

 

 

Loin des mauvais souvenirs liés à la MJC Vallée Saint-Pierre, Delirium Tremens Productions a cette année élu domicile à Fagnières, près de Châlons en Champagne, afin d’organiser son fameux Delirium Fest annuel.

 

Notre arrivée tardive ne nous permet pas de profiter du set de DISTORTFLESH (Reims) mais le groupe semble avoir livré une prestation honnête, dans un style grindcore classique mais efficace. C’est maintenant au tour de ASHES TO DUST de prendre possession de cette belle et grande scène. Le public est encore assez clairsemé, mais cela n’empêche pas la formation de faire preuve d’assurance malgré quelques soucis techniques du côté de la batterie qui ne manquent pas d’agacer son vocaliste. Musicalement, ça se tient, mais il manque peut-être à ASHES TO DUST une direction plus claire pour convaincre. Cela ne l’aura en tout cas pas empêché de livrer un set de « groove-metal » sympathique.

 

 

 

PETROISKA LARMA se montre plus pro et plus intense. Il faut dire que, même si les vosgiens basent eux aussi leur propos sur le hardcore, leur interprétation est plus radicale, plus pesante, et flirte avec le grind. La présence de deux vocalistes offre en outre un rendu plus chaotique à ce style furieux. Intense !

 

 

 

Seul représentant de la communauté black metal, EMBRYONIC CELLS prend d’entrée le public (plus conséquent à cette heure-ci) à la gorge. Dommage que sa prestation ait lieu en plein jour – plusieurs portes-fenêtres sont ouvertes sur un pan de la salle – car elle y perd indéniablement en impact, le décor de scène devenant du coup plutôt stérile. La conviction du groupe, et en particulier de son chanteur-guitariste Max, qui sollicite le public à fond, fait néanmoins plaisir à voir. Les claviers sont plutôt bien intégrés, tout comme les influences heavy et thrash, pour un cocktail détonnant qui met de l’ambiance dans la fosse, notamment lors de l’accrocheur « Azathoth ».

 

 

 

Changement radical d’ambiance et retour au metal / hardcore avec PRIMAL AGE. Le professionnalisme monte encore d’un cran, une constante depuis le début de l’après-midi. Car dans le genre, PRIMAL AGE propose du costaud et maîtrise parfaitement la scène. Il faut dire que le gang est armé d’une expérience qui avoisine les quinze ans. No compromise !

 

 

 

Dès l’entrée en scène de INHUMATE, un joyeux bordel commence. Oeuvrant depuis plus de vingt ans dans un style grindcore d’école, le combo alsacien n’a de leçon à recevoir de personne en matière de brutalité supersonique et s’empresse de le faire savoir, même si l’humour potache est également de la partie. Bien entendu, les fans ne se font pas prier pour envahir la scène à plusieurs reprises. Un délire sans prise de tête, mais à réserver aux connaisseurs.

 

           

 

Comme de bien entendu, ZUUL FX nous fait une fois de plus passer en division supérieure. Il faut dire que le combo parisien est une vraie machine de guerre en live, qu’on adhère ou pas à son métal catchy et moderne d’obédience américaine. Seuls bémols, les passages en chant clair sont parfois approximatifs et les speeches de Steeve Petit (chant) pas toujours très inspirés. Etonnant de constater que le chanteur ne recueille pas plus de réactions lorsqu’il évoque la mémoire du regretté Pom’… Bah, la jeunesse ! Un bon concert en tout cas.

 

 

 

 

L’obscurité règne enfin dans la salle et on ne peut que s’en féliciter, car 69 CHAMBERS ne tarde alors plus à faire son apparition. Cet ex-trio « paritaire» venu de Zürich (Suisse), récemment rejoint par Tommy Vetterli (de CORONER, la classe ) à la guitare lead, balance un audacieux mélange. Nina (chant, guitare) a beau prétendre le contraire avec un accent à faire fondre (« ous ne jouons pas le thrash metal ! »), la musique de 69 CHAMBERS doit autant à un métal tantôt doomy, tantôt frénétique qu’au grunge ou à une pop assez sombre, un cocktail qui fait du groupe la plus grosse surprise du festival. Malgré le bagage impressionnant des musiciens (quel batteur !), l’accent est mis sur l’ambiance. Un choix judicieux, assurément, même si le côté visuel tient incontestablement un rôle majeur dans l’univers du combo si l’on en croit la tenue de scène évocatrice de sa chanteuse, qui en a fait bav... euh, rêver plus d’un !

 

 

 

 

Après cette baffe, nous espérons en prendre une seconde avec le set de SINISTER. Quelle déception de constater que le public déserte alors le devant de scène pour aller prendre l’air, rendre visite au stand de 69 CHAMBERS ou encore rentrer chez lui, tout simplement. Le combo hollandais va donc jouer devant une cinquantaine de courageux, tout au plus ! Dommage, car le concert vaut le détour. SINISTER propose un death de qualité, à la fois technique, brutal et old school. Les mimiques de Aad (chant) sont déconcertantes au premier abord, mais son chant guttural très profond impressionne. Inutile de préciser que, derrière le frontman, ça débite sévère. Mais on a l’impression que SINISTER, probablement un peu déçu par cette maigre affluence, ne donne pas tout ce qu’il a dans le ventre. Une belle leçon de brutalité maîtrisée tout de même.

 

              

 

 

 

Cette neuvième édition a en tout cas permis à DT Prod’ de conjurer le mauvais sort, avec un joli score de 350 entrées environ. Dommage que, vu l’importante capacité de la salle André Gallois, celle-ci semblait tout de même un peu vide. L’organisation aura en tout cas été impeccable. S’il faut vraiment chipoter, on pourra à la rigueur râler à propos de la très nette dominance hardcore de l’affiche (par ailleurs d’excellente qualité), mais cela reste affaire de goûts. Ah, si, un dernier reproche : moins de moutarde dans le sandwich la prochaine fois SVP ! Si ça c'est pas être un journaliste engagé...

 

Remerciements à Mélanie et DT Prod’ pour l’accueil

 

 

Texte et photos : Morbid S.

mise en ligne le 14/05/2011