DEIVOS, c'est du gros Death Metal, c'est Polonais, vous pouvez déjà vous imaginer à quoi cela peut ressembler. Leur dictionnaire ne compte que deux mots : Violence et agression. Violent, Demiurge Of The Void n'est pas prêt de servir de base pour un Rock-Opéra diffusé en prime-time. La violence est d'ailleurs la marque de fabrique commune à toutes les formations Death de Pologne. Dans le domaine, toute la vague de ce pays est passée maître dans l'escalade de la brutalité sonore... et c'est toujours avec un certain plaisir qu'on se laisse torturer. DEIVOS ne sort pas du rang et prend sa part du gâteau en offrant huit titres remplis de haine jusqu'à ne plus pouvoir en contenir. DEIVOS rentre dans le moule local en construisant une musique bâtie autour de la volonté de mettre à mal nos oreilles. Si l'évolution a stagné depuis belle lurette sur cette scène, la puissance et le plaisir que l'on peut en retirer à l'écouter en ont fait sa renommée. Dans ces conditions, Demiurge Of The Void est du Death Metal labellisé Polonais, ce qui n'est pas toujours gage de qualité, mais dans ce cas, il n'y aura pas de mauvaise surprise. Le batteur cogne vite et fort, même si par moment il essaye de rattraper ses camarades, les guitares ont construit un mur sonore comme on monte un château d'amplis, la basse fait penser au vrombissement d'un réacteur d'avion et le chanteur éructe en une seule fois, pratiquement toute la haine d'un peuple oppressé depuis des siècles. Le tableau est dressé et il suffit de mettre en route le lecteur CD pour s’imaginer qu'ils ne portent pas des costumes à paillettes, mais plutôt des tabliers de boucher maculés de sang ! Le volet «violence» étant tourné, on peut se pencher sur celui de l'agression en prenant soin de garder quelques distances. C'est un peu imagé, mais même avec du recul, vous n'allez pas y échapper. DEIVOS nous agresse bien dans le sens où son Death nous détruit jusqu'à l'extase. Mais il nous agresse aussi directement avec des sons sortis de nulle part qui énervent... C'est une manie stressante de leur part d'incorporer des notes, des bruits ou des sonorités complètement en dehors du sujet... et qui pourtant s'intègrent bien dans ce canevas, à force de nous matraquer justement ! Pire encore, lorsque vous vous attendez à écouter un beau solo de guitare, comme sur «Extreme Unction», et que vous entendez en fait un son laissant penser au sacrifice de celle-ci en guise d'intro de ce solo ; Une idée franchement démoniaque ! Des petits détails de la sorte, Demiurge Of The Void en regorge, nous fait monter en pression et au final, amplifie notre plaisir. Ce n'est par contre pas assez suffisant pour coller un 10/10 à DEIVOS sur ce coup, mais quand même permettra de lui donner une bonne note à la hauteur de sa méchanceté envers nous !
Chronique par Fred Pichot
Le 23/09/2011
