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| Entretien avec () réalisé par mail le 09 décembre 2011. Avec un deuxième album supérieur au prometteur La Cura, CULTURA TRES confirme que l’Amérique du Sud, ce n’est pas seulement le Brésil. Un groupe au son et à la personnalité affirmés, les Vénézuéliens nous balancent un El Mal Del Bien jouissif qui ravira les amateurs de Sludge qui tâche. Découverte Heavy Sound hautement recommandée... Heavy Sound : C’est la première interview avec vous, CULTURA TRES, peux-tu donc présenter le groupe ? () : OK, qu’est-ce que l’on pourrait dire qui donnerait envie aux gens de lire ceci ? Nous sommes un groupe du Venezuela essayant de mettre en son ce que nos cœurs ressentent lorsque nous regardons les news… alors oui très souvent le résultat est sombre. Qu’est-ce qui fait que notre noirceur est différente de celle des autres ? Je ne le sais pas moi-même, je sais seulement qu’au fil des années beaucoup de gens ont essayé de nous mettre une étiquette et que celle-ci ne dure pas, peut-être changent ils d’idée en essayant de nous mettre dans une case… Nous essayons de nous réinventer mais pas d’album en album mais de chanson en chanson et nos frères d’Amérique du Sud sont la plus grosse source d’inspiration pour cela… si tu veux écouter, fais le, sinon, merci de noter que la musique a besoin de plus que quelques clics de souris pour venir à toi. Les temps ont changé et tu es ta propre radio. Vous connaissez la scène Européenne car vous avez joué dans l’Est de l’Europe début 2011, comment se sont passés ces concerts ? Chez nous, le succès de certains groupes de notre scène commence à se refléter sur les autres, des groupes comme LOS NATAS, MAR DE GRISES et d’autres ont tourné avec succès en Europe par le passé, cela encourage les tourneurs à chercher d’autres noms et d’autres groupes travaillant dur dans la scène Sud Américaine et qui ont travaillé comme des forcenés l’Amérique Latine, qui ont souvent un son plus frais que les groupes qui tournent régulièrement sur les scènes Européennes. D’un autre côté, CULTURA TRES a été très chanceux de recevoir une aussi grande attention de la part de magazines réputés et la popularité de nos vidéos sur YouTube ont fait que certains tourneurs se sont intéressés à nous, une addition de bonnes choses et d’heureuses coïncidences récompensent un dur labeur commencé il y a plusieurs années. Vous avez aussi joué avec WIZARD BEARD en Angleterre, c’est un groupe dont on peut entendre quelques influences similaires avec vous, comment a été la réaction du public ? Pour être honnête je ne sais pas quelles sont les influences similaires, WIZARD BEARD est un très bon groupe mais qui emprunte une direction différente dans le son et a une approche très distinctement différente lorsqu’il s’agit de performance live. Nous avons été très heureux de jouer avec WIZARD BEARD, le public en Angleterre a été très bon, les gens vivent la musique, ils ne font pas que l’écouter. Nous nous sommes sentis comme à la maison là-bas et avons rencontré des gens vraiment cools. Pour parler des groupes avec des influences similaires, vous devriez écouter UNDERSMILE, ce groupe semble être notre frère Doom européen (rires). Comment avez-vous pu tourner en Europe sans le support d’un label ? Tu mets tes rêves dans tes bagages, t’arranges pour que ce à quoi tu penses ne soit pas détecter par la sécurité de l’aéroport et tu souris lorsque tu montres ton passeport Vénézuélien.  La Cura était votre premier album, sorti en 2008, nous vous avons découvert avec un mix de différents styles mais avec comme influence principale, le Sludge Metal. Quels retours avez-vous eu sur cet album ? Qu’en pensez-vous aujourd’hui ? Comme je l’ai dit plus haut, nous avons écrit l’album sans se préoccuper de ce que le monde du Sludge Metal signifiait à ce moment là dans notre langue… nous avons tous une culture musicale Heavy et sommes assez vieux pour en avoir par-dessus la tête de la plupart des nouveaux produits de musique Heavy offerts par les médias durant les 10 dernières années, alors que faire ? Arrêter de jouer du Heavy et se diriger vers un autre style ? Non, ça aurait été trop facile… Nous avions besoin de trouver de nouvelles voies pour exprimer des sombres émotions dans une musique lourde, une nouvelle voie qui nous satisferait, nous les plus de 30 ans, et quelques choses qui ferait revenir l’adrénaline dans notre local de répétition. L’image instantanée de ce que nous recherchions en 2008 est La Cura mais la recherche est loin d’être terminée. Votre nouvel album, El Mal Del Bien, est moins désordonné que votre premier album, avez-vous travaillé différemment pour ce deuxième album ? Je pense que la principale différence est que nous avons pu nous appuyer sur que nous avons fait avant… Explorer plus de directions qui semblent plus confortable et unique pour nous. El Mal Del Bien tient moins de la recherche et plus du plaisir à voyager dans la noirceur, nous avons atteint différentes étapes de la recherche que j’ai décris, à cette étape notre subconscient collectif a le dernier mot et nous sommes parfois simplement restés dans le calme pour l’écouter. La lourdeur dans cet album vient plus de l’intérieur et du riffing. Le premier titre de cet album "Propiedad De Dios" est si sombre et imposant comme l’artwork de l’album, est-ce que les paroles sont plus sombres que sur le premier album ? Quel est le sujet principal de vos textes ? Elles sont plus sombres, en effet. Aucune parole n’a été écrite avant qu’elle ne soit chantée, elles ont juste été enregistrée sur place et éditée plus tard pour une question de cohérence… beaucoup de sombres surprises sont venues du subconscient collectif et telle une peinture laide qui aurait mis son poing dans votre estomac il y a une étrange fascination qui les entoure, parce que même si nous pouvons indiquer les sujets de nos paroles nous ne pouvons pas en être certain puisqu’elles n’ont pas été consciemment faites à 100%. Cependant nos paroles ont donné assez de raison à l’Eglise Chrétienne pour nous bannir de la plupart des filtres internet dont ils ont le contrôle et s’assurer que nos vidéos soient bloquées et enlevées de tout ce qu’ils pouvaient approcher… et nous avons même été contactés par des représentants des organisations religieuses qui nous ont conseillé de renoncer à notre cause et de "sauver nos âmes". De cette façon saviez-vous que les filtres internet anti-violence et pornographie appliqués aux écoles et aux institutions publiques ont comme extra un filtre "cheval de Troie" conçu par les organisations religieuses ? C’est un filtre très simple qui a un algorithme simple : nous aimons = vous pouvez voir, nous n’aimons pas = vous ne pouvez pas voir. Pourquoi écrivez-vous vos paroles dans plusieurs langues ? Y a-t-il un lien avec l’ambiance du titre ? Tout vient à l’esprit lorsque cette corde de guitare fait frissonner votre colonne vertébrale et que le micro est en face de vous. Puisque nous parlons Espagnol le seuil de la colère ou de la confusion appuiera sur le bouton "Je parle seulement espagnol" assez souvent, parfois sur plusieurs titres, quelques fois sur une partie d’un seulement. Avez-vous déjà vu un latin vivant dans un autre pays ? Envoie-lui un truc lourd sur le pied, je suis certain que tu l’entendras plus dire "Muerete Maldito" plutôt que le traditionnel "Fuck You". Vous faites une reprise du classique "Black Sabbath", pourquoi ce choix d’un titre qui a déjà été repris par tant de groupes ? Pour être honnête, nous avons entendu d’autres versions de ce titre par des groupes de Metal par le passé et mise à part ANTHRAX qui joue "Sabbath Bloody Sabbath", j’ai été déçu tant les tentatives perdaient l’essence originelle de BLACK SABBATH… à mon avis leur magie opère dans l’obscurité et plus encore dans la dynamique… entendre toutes ces batteries compressées et les claviers sonnant comme des guitares qui piétinent la fragile dynamique de BLACK SABBATH a toujours été douloureux. Alors après toutes ces années, nous avons décidé d’enregistrer cette chanson pour nous-mêmes (en fait, elle n’apparait pas vraiment sur l’album, il s’agit d’un bonus pour la version téléchargeable) et devinez quoi, ce fut un énorme plaisir de la jouer !  Quelques lignes vocales font penser à Joy DIVISION sur "Purified" ou "No Es Mi Verdad", est-ce une influence pour toi ? Nous avons déjà entendu cela. Je ne suis pas trop familier avec son travail mais il paraît que le son est bon et audacieux. Merci pour la comparaison. Ce nouvel album est également autofinancé, je ne peux pas croire qu’un groupe comme CULTURA TRES n’a pas encore le soutient d’un label pour sortir ses albums, avez-vous déjà reçu des propositions ? Nous avons reçu quelques offres mais ça ne s’est jamais conclu, en attendant notre label actuel, vous les gars, Youtube et internet en général faites beaucoup pour nous, alors nous continuerons à faire ce que nous devons faire. Avoir notre propre studio pourrait nous y aider... Quels sont vos plans pour 2012 ? Pour l’instant nous avons une tournée européenne de planifier en avril – mai, nous allons jouer le dernier jour du Desertfest 2012 à Londres et quelques autres concerts dans la même période, après cela nous nous rendrons certainement à Buenos Aires et probablement au Chili, le reste n’est pas encore connu. Nous ne connaissons pas vraiment les groupes Vénézuéliens en Europe, peux-tu nous décrire la scène Metal de ton pays ? La scène au Venezuela est plus influencée par le son d’Amérique du Nord que le reste de l’Amérique du Sud, beaucoup de styles reconnus comme plus traditionnels : Death Metal, Hardcore, Metalcore etc… CULTURA TRES est complètement à contre courant de ce qui est répendu sur la scène Metal Vénézuélienne. Je pense que, dans ce domaine, nous sommes plus proches de nos cousins LOS NATAS d’Argentine, qui est une grosse influence de notre son. Cependant les groupes Vénézuéliens donnent tout ce qu’ils ont sur scène. L’une des plus grandes icônes de l’histoire musicale du pays est LABERINTO qui a posé les bases du Metal Latin, faites une recherche sur Google et vous tomberez sur ce qu’ils ont fait et qui a été plus tard repris par d’autres groupes connus. On peut entendre un titre ambiant sur votre dernier album, que signifie ce genre de titre pour vous ? Bien entendu, l’aspect tribal rappelle SOULFLY mais le but ne semble pas être le même que pour ce groupe Brésilien ?"Soulfly" est presque devenu un juron en Amérique du Sud, si tu veux faire référence au Metal tribal Brésilien tu dois utiliser le mot "Sepultura" (rires). Et effectivement, le but n’est pas le même que pour SOULFLY et nous en sommes très heureux ! C’est un voyage utilisant les éléments de notre région, ça a été joué au Quitiplas (sortes de bambou fabriqué par les esclaves amenés sur les côtes du Venezuela pendant le temps des colonies). Ca a été fait comme un rappel de l’holocauste qui a engendré notre peur de la nage chez nous (Christophe COLOMB et ses gangs de violeurs, d’assassins et le reste des conducteurs d’esclaves européens et pilleurs qui sont venus pour vérifier ses dires)… Contrairement à d’autres tentatives d’utiliser le folk Sud Américain avec la musique Heavy, nous ne sommes pas prêts de faire danser quelqu’un avec ça, il n’y a rien à célébrer. Merci de nous avoir accordé du temps, le dernier mot est pour toi… Merci les mecs, les médias indépendants comme le votre font de l’art indépendant ce qu’il doit être : libre. Propos recueillis par Aymerick "Painless" Site Web www.culturatres.com www.myspace.com/culturatres www.facebook.com/culturatres Chroniques La Cura (2008) El Mal Del Bien (2011) | |
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