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  Entretien avec Corvus (guitares/basse/claviers) réalisé par mail le 29 avril 2011
 
 

Golgotha avait déjà mis la puce à l’oreille des plus ardus d’entre vous et bien A Place To Call My Unknown vient non seulement confirmer, mais également enfoncer le clou. Né d’une simple envie personnelle que beaucoup ont tenté à travers des one man bands plus ou moins viables, CULT OF ERINYES existe bien comme trio désormais et a réussi à créer son univers que ce premier album dépeint à merveille, il était donc plus que normal qu’HEAVY SOUND se penche sur ce groupe Belge de Black Metal comme on aime en entendre. Entretien avec Corvus, la tête pensante de cette entité, particulièrement bien entouré sur ce premier et excellent album.

 

HEAVY SOUND : Peux-tu présenter CULT OF ERINYES, comment est né ce projet, quel en est le concept ?

Corvus (guitares/basse/claviers) : CULT OF ERINYES est né de ma volonté de créer une entité Black Metal sans concession. L’idée de base est simple : « no rules, no compromise, the end starts here », comme indiqué dans notre biographie. Les Erinyes, en tant que figure punitive à l’image forte, et justement sans concessions, sont le meilleur reflet de notre musique qui prend à la gorge. J’ai, bien entendu, une vision forte du Culte, mais la dévoiler en quelques phrases serait un non-sens, car ce processus se fera tout au long de notre existence. Mais à celui qui voudrait une réponse immédiate, je conseillerais de jeter un œil à la toile de BOUGUEREAU Les Remords d’Oreste, il aura un début de réponse.

 

A Place To Call My Unknown fait suite au EP Golgotha qui semble avoir reçu un très bon accueil, t’attendais-tu à cela ?

J’avoue être surpris de l’accueil plus que positif qu’a reçu Golgotha, dont la production ne nous a quasi rien coûté, car nous n’avons passé qu’une journée et demie en studio pour ce EP. Le fait que deux labels aient publié Golgotha m’emplit de fierté, puisqu’à l’origine, je comptais simplement en faire un CD-r promo ! D’un autre côté, je me souviens avoir eu un petit sourire au coin de la bouche lors de la première écoute du EP, tant il se dégageait une aura poisseuse. Si surprise il y a, elle n’est donc pas totale, car nous avons foi en notre musique.

 

Golgotha a-t-il été composé en même temps que le premier album, où t’es-tu servi de l’expérience de ce EP pour construire ce premier essai très réussi ?

J’ai composé Golgotha et A Place To Call My Unknown sur la même période (fin 2009-mi 2010), et je savais dès le départ comment sonnerait l’EP, puis l’album. De hasard il n’est pas question ; si tel titre est sur l’EP et pas sur le cd, cela a une raison. Ainsi, l’intro de Golgotha, bien que longue selon certains, est absolument essentielle en premier morceau du Culte, car à l’origine, CULT OF ERINYES était un projet ambiant. Et si tu tends bien l’oreille, tu remarqueras que les éléments présents dans cette piste ambiante (« Anima »), tu les retrouves sous le format Black Metal dans le deuxième album. Golgotha et A Place To Call My Unknown sont complémentaires, c’est certain !

 

 

 

Le propos du groupe est clairement ancré dans le Black Metal mais on peut également y entendre quelques lignes de chant clair réussies, qu’expriment ces lignes vocales, ont-elles un autre rôle que musical dans votre concept (expression de sentiments bien précis par exemple…) ?

Le chant clair n’est pas un élément essentiel de CULT OF ERINYES, mais il est un élément qui je l’espère enrichit notre musique. J’ai toujours été dubitatif par rapport au chant clair, et je n’aurais pas voulu de passages de ce type « évidents ». Mais Mastema a, je me dois de l’admettre, été brillant dans ses interventions de chant clair. Il a ajouté de la profondeur à certains passages, et à ce titre, il aurait été stupide de le censurer. Il faut laisser un espace de liberté à chacun afin que l’interprétation soit la plus proche possible de ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes.

 

On y trouve également une base ambiant/atmosphérique assez forte, est-ce quelque chose d’indissociable pour toi avec la musique de CULT OF ERINYES ? Est-ce d’autres groupes de Black qui t’ont amené vers cette musique ou es-tu influencé par des groupes de music atmosphérique électronique ou non ?

Pour ma part, le terme ambiant renvoie à tant de styles musicaux différents qu’il serait stupide de se limiter au seul aspect ambiant qu’on trouve dans certains groupes de Black Metal. Le meilleur morceau ambiant que j’ai entendu jusqu’à présent est "The Death of Music" de DEVIN TOWNSEND qui m’a bien plus marqué que des groupes Black Metal catalogués dans la scène ambiante. Je n’écoute pas de musique électronique, mais je ne crache pas sur des éléments électroniques dans une musique basée sur des guitares. Mais plus qu’un groupe ou un style en particulier, je pense que les passages ambiants du Culte sont principalement le reflet de nos esprits et non le reflet d’influences musicales proprement dites.

 

Sur votre MySpace il y a une vidéo avec cette phrase de L.F. CELINE « La conscience n’est dans le chaos du monde qu’une petite lumière fragile mais précieuse », en quoi la conscience est-elle si précieuse selon toi ? De la même façon qu’est-ce qui la rend si fragile ?

A mes yeux, la conscience est l’élément essentiel d’un être humain. C’est lorsque tu te retrouves face à ta conscience que tu te découvres tel que tu es au plus profond de ton être. La société moderne étouffe littéralement cette conscience par un mode de vie où tout va très vite ; nous sommes dans une société de l’ « immédiat », où tu n’as pour ainsi plus que rarement l’occasion de te retrouver face à ta conscience. Certains justifient même des choix « douteux » par des raisons externes propres à notre mode de vie où la satisfaction de cet « immédiat » prend le dessus sur ce qui devrait être essentiel aux yeux de chacun. Cultiver sa conscience et assumer chacun de ses actes, cela demande du temps et du courage. Et de temps et de courage il n’est que rarement question chez l’Homme.

 

       

 

CULT OF ERINYES est un groupe établi, pas un simple projet, comment se passe la composition, avez-vous tout le loisir de répéter les titres avant l’enregistrement ?

Je compose la musique dans mon home studio, avec l’aide d’une batterie programmée. Par la suite, j’envoie les morceaux à Baal, et nous les jouons alors à deux pendant un temps. Mastema de son côté prépare les textes et place son chant. Il nous rejoint alors en studio. C’est du moins comme cela que ça s’est passé pour l’album, mais peut-être cela évoluera-t-il pour la suite.

 

Un line-up complet semble être monté pour le live, pourquoi pas des membres permanents, volonté de rester en cercle restreint pour la composition et la prise de décision ou difficulté à trouvé des musiciens impliqués en Belgique ?J’ai évolué dans plusieurs groupes où chacun participe, et ce fut souvent le chaos qui finalement n’a débouché sur rien. Au lieu de râler, j’ai donc décidé il y a deux ans d’apprendre la guitare sérieusement et de faire mes propres morceaux. Le dicton qui dit qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même est donc dans le cas présent particulièrement vrai ! La Belgique a beaucoup d’excellents musiciens, mais impliqués, c’est une autre question. Un groupe demande des sacrifices, et si tous les musiciens veulent être dans un groupe, tous ne sont pas aptes à passer des milliers d’heures sur un projet ! Crois-moi, les musiciens live que nous avons sont parfaitement à l’aise par rapport à leur statut, car ils ont le fun propre à un groupe sans avoir le sale boulot qui se cache derrière. Moins il y a d’individus impliqués, plus vite tu avanceras, c’est aussi simple que ça ! Si CULT OF ERINYES avait fonctionné en groupe démocratique avec un line up complet, nous en serions encore à réfléchir sur le nom du groupe...

 

Quels sont les plans concerts à venir ?

Je préfère ne pas m’avancer tant que rien n’est confirmé, donc je renvoie tes lecteurs à notre Myspace (ou Facebook, et je l’espère bientôt un site internet) pour se tenir au courant sur le volet live de CULT OF ERINYES.

 

L’intensité de votre musique ne doit pas être facile à retranscrire, vous utilisez d’ailleurs des projections pour agrémenter vos prestations, cherchez-vous à proposer un art complet à travers vos concerts, en tout cas bien plus qu’une collection de titres visiblement ?

J’ai cessé de me rendre souvent aux concerts lorsque je me suis rendu compte que finalement, tout le monde faisait la même chose, sans réelle conviction. Les concerts réellement excitants auxquels j’ai assisté récemment avaient quelque chose de plus que 5 types en Converse souriant aux « potes » entre deux morceaux. Je veux donc que CULT OF ERINYES fasse le concert auquel j’aurais envie d’assister, et cela passe par des projections. Mais je ne parlerais pas d’ « art », car c’est un terme à mes yeux terriblement prétentieux...

 

 

 

Votre album est une des premières sorties de LADLO, connaissiez-vous LES ACTEURS DE L’OMBRE auparavant, comment avez-vous été amené à travailler ensemble ?

Je connaissais Les Acteurs de L’ombre par l’intermédiaire du deuxième album de PENSEES NOCTURNES. Le contact avec le label s’est fait simplement, par un ajout sur Myspace si je me souviens bien, suivi d’une série de mails de plus en plus longs, pour finalement déboucher sur la sortie de notre album sur le label. L’aspect purement humain me semble essentiel et je tenais donc à savoir un peu comment « pensait » le label avant de me lancer dans l’aventure. Et je suppose LADLO nous a aussi signé parce qu’ils ont senti que nous avions les pieds sur terre tout en étant très motivés.

 

Qu’y a-t-il de prévu d’ici la fin de l’année pour CULT OF ERINYES ?

Nous allons sans doute faire des apparitions live au deuxième semestre pour défendre A Place To Call My Unknown comme il se doit. Les morceaux dégagent à mon sens une énergie qui peut être retransmise en live, et j’ai donc hâte d’en découdre sur scène ! D’autre part, nous allons aussi entamer la composition du prochain cd, sans se mettre la pression. J’ai pour ma part rejoint un groupe dans un tout autre style à la basse, et cela va m’aider à me vider l’esprit afin de repartir dans ce processus de composition extrême qui bien qu’il me grandisse l’esprit, m’a solidement rongé le cerveau !

 

Avez-vous déjà du matériel pour le deuxième album ? Savez-vous déjà si vous collaborerez de nouveau avec LADLO pour celui-ci ?

Impossible d’affirmer que le 2e album sortira chez LADLO, mais une chose est certaine. Ce label fait une promo que des labels plus confirmés ne font pas ! Le nom du groupe est en train de pas mal se répandre, et je le dois au label. Bien sûr, après, si la musique est insipide, le soufflé retombera, la balle est donc dans le camp du public. Pour en revenir à ta question, je n’aurais donc rien contre le fait de sortir le second album chez LADLO, mais cela dépend de beaucoup de paramètres qui ni le label ni CULT OF ERINYES ne maîtrisent pour le moment. Par rapport à des nouvelles chansons, je reviens justement d’une répétition avec Baal, et nous avons travaillé sur deux titres. La composition va assez vite ; le plus dur sera de digérer ce premier album afin de ne pas se répéter, tout en restant cohérent par rapport à notre style. Sans se fixer de date, je pense qu’il est probable que nous retournions en studio pour un album durant le deuxième semestre de 2012.

 

 

Propos recueillis par Aymerick "Painless"

 

 

Site Web

www.myspace.com/cultoferinyes

 

Chronique

A Place To Call My Unknown