Toute jeune formation Néerlandaise, COLD BODY RADIATION débarque dans le paysage musical avec à sa tête, une seule et unique personne, M (non rien à voir avec notre cornu gominé). Le mystère est entier autour de ce one-man band où le fameux M s’occupe de tout, un vrai patron d’épicerie dans un village paumé de Lozère, mais le principal, la musique n’offre aucun mystère quand aux capacités de ce Monsieur M, il suffit d’écouter la ligne de basse de "Loss" et la qualité d’écriture des 8 titres présentés sur ce premier essai. Pourtant, rien de réellement nouveau, après une introduction calme et aérienne à la PINK FLOYD, le Néerlandais envoie un Black cradingue où la voix est lointaine et gavée d’écho sur "Loss" avant que le tout ne s’affine un peu pour reprendre un visage atmosphérique vraiment plaisant. Vous êtes donc prévenus, ce premier opus se déguste allongé, les yeux fermés, le vent caressant votre peau alors que vous sirotez le meilleur des breuvages de votre choix, car en effet même sur les parties plus Black, l’atmosphère lumineuse est toujours présente, le soleil doit venir faire rôtir cette même peau que le vent vient apaiser, esprit ouvert nécessaire pour pouvoir apprécier ce The Great White Emptiness. Alors, si ce premier album peut servir en séance de relaxation prénatale, il faut bien avouer que tous les morceaux sont un peu identiques, la différence entre "White Light" et "Loss" par exemple se situe dans le moment de la chanson où est placée la partie plus Black, pour le reste, on sent la sérénité qui pourrait être celle d’un mort juste avant de partir, il sait qu’il part et cela procure une colère exprimée par la voix Black mais en même temps, le corps se libérant de tout les maux accumulés atteint une plénitude magnifiée par une musique atmosphérique et extrêmement lumineuse. Heureusement, sans être absolument parfaite et notamment sur les parties Black, la production est tout à fait acceptable, surtout sur la guitare lead aux sonorités proches d’ANATHEMA. Le groupe dit s’inspirer du mouvement Shoegaze qui vit le jour dans les années 80 et qui désigne les groupes aux mélodies sucrées mais avec une saturation dans le son et que l’on retrouve parfaitement dans COLD BODY RADIATION, à part que ce dernier le transpose avec brillance au Black Metal. Pour s’en rendre compte, il faut écouter MY BLOODY VALENTINE ou CLOUDS, mais avec un premier opus de cette trempe, même si encore une fois, c’est répétitif et pas excellemment produit, COLD BODY RADIATION se met en marge d’une scène Metal parfois trop obtus, un beau voyage apaisant qui met à nu quelques cicatrices douloureuses que l’on pensait à jamais guérie. A découvrir pour les amateurs de Metal atmosphérique aux racines extrêmes.
Chronique par Aymerick "Painless"
LINE UP
M. : All Instruments, Vocals
7,5/10
Le 30/08/2010