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        Entretien téléphonique avec Franky De Smet Van Damme (chant) réalisé le 04 août 2011.

 

 

1997, une voix surgit de ma chaine, une voix qui m’attire et me garde en haleine, c’est "Fool’s Parade" de CHANNEL ZERO qui tourne sur les platines de Francis ZEGUT, depuis Black Fuel est resté comme une institution du Power Metal, un incontournable qui en France n’aura pourtant pas trouvé son public à mon grand étonnement. 2010, les Belges sont de retour sur scène devant 12000 personnes en 6 soirs… CHANNEL ZERO est de retour, plus fort que jamais peut être, c’est tout le mal qu’on lui souhaite. L’occasion était trop belle pour appeler Franky DSVD, vocaliste du groupe doublé d’une personnalité attachante, il est sûr et certain que l’on va entendre reparler de ce groupe en France… en tout cas comptez sur HEAVY SOUND pour s’en faire l’écho, récit d’une renaissance presque suite à plusieurs coup du hasard, signe que les étoiles sont enfin alignées… en tout cas la motivation est là et pour en être certain Franky a glissé quelques messages subliminaux aux patrons de label en France.

 

 

HEAVY SOUND : Peux-tu revenir sur les raisons de votre séparation en 1997, elles semblaient nombreuses ?

Franky DE SMET VAN DAMME (chant) : Et bien à ce moment là nous avions fait 4 albums, on avait pas mal investit dans le groupe et avec le label on essayait de sortir un peu de la Belgique car ici on était dans une position viable. Et comme cela se passe souvent dans les groupes, chacun a ses idées sur l’avenir du groupe et une certaine frustration est montée car on sentait que l’on pouvait faire mieux sans pouvoir l’atteindre pour autant et au fil des tournées où nous revenions sans avoir vendu suffisamment d’albums, il y a aussi une certaine pression qui s’est installée. Ce qui est drôle c’est qu’en Belgique nous explosions alors qu’en dehors c’était beaucoup plus difficile même si en France nous étions sur le point de réussir quelque chose, d’avoir nos entrées car nous avions joué avec MEGADETH et on a eu des réactions vraiment très positives mais nos avis divergeant de plus en plus, les plombs ont sauté et on a tous décidé d’arrêter en même temps à quelque chose près. On avait fourni huit années d’effort et au bout d’un moment ça ne fonctionne plus.

 

Vous êtes remontés sur scène en 2010 et notamment au Graspop devant votre public…

En fait ce qui s’est passé, c’est qu’en Belgique, il y avait une certaine demande pour que l’on se réunisse avec notamment un groupe Facebook qui s’est créé et qui a rassemblé 5000 personnes. Ce qui avait changé c’est que le manager avait fait son boulot en prenant les devants en essayant de voir quelles étaient les possibilités pour nous et on a décidé de faire un concert à Bruxelles. Lorsque l’on a mis en vente les tickets, en 5 minutes les 2000 entrées était vendues ! Alors le lendemain, la salle n’étant pas bookée pour la journée d’après, nous avons décidé d’ajouter une date, on était très surpris de tout cela car même si on savait que l’on avait eu du succès on ne pensait pas du tout que la salle serait remplie ainsi. Là, en 3 quarts d’heure, on avait vendu 3 fois la salle, soit 6000 places alors la semaine d’après, 3 nouvelles dates ont été ajoutées et en une demi-journée, on avait vendu les 12000 places, sans le savoir nous avions 12000 personnes qui voulaient nous voir. C’est à ce moment là que Xavier (ndlr. CARION, l’ancien guitariste du groupe) nous a dit : « Ecoute, moi je ne peux plus faire de concert, j’ai des problèmes d’ouïe et je ne supporte plus les volumes aussi fort. », donc à ce moment là nous avions 12000 personnes qui nous attendaient et nous qui devions trouver un nouveau guitariste, c’est une situation très spéciale et pas facile. On a essayé une vingtaine de guitaristes sans vraiment trouver ce que l’on voulait alors ROADRUNNER nous a proposé 6 noms dont Mike DOLING qui a été à l’origine de beaucoup de choses. Au début nous devions faire les 6 concerts et 1 ou 2 festivals mais Mike s’est senti tellement bien avec nous qu’il n’a pas voulu que cela s’arrête, il faut dire qu’on l’avait bien soigné, il logeait chez un ami du groupe et non à l’hôtel et humainement ça s’est vraiment super bien passé. Il s’est mis à composer et nous a demandé si ça nous branchait de relancer la machine avec un album… ce n’était pas du tout le plan mais tout s’est mis en place tout seul. Personnellement, je n’étais pas très chaud pour l’album car je ne voyais pas ce que CHANNEL ZERO pouvait apporter après tant d’années d’absence et les albums de réunion sont souvent des albums moyens alors je lui ai dit que faire un album pour faire un album ce n’était pas intéressant pour moi alors il m’a fait écouté quelques morceaux qu’il avait composé et… (hésitant) finalement on a fait l’album et j’en suis très content. Pour moi, il y avait une chose très importante, c’était de sonner 2011 et non de trop regarder en arrière et Mike est régulièrement entouré de jeunes groupes pour la production alors il connait bien la scène actuelle.

 

Vous avez donc pris conscience qu’un nouvel album était possible qu’après l’arrivé de Mike et après que des compositions soient prêtes, c’est bien ça ?

En fait j’étais à Los Angeles pour mon travail et je suis passé chez Mike 3 ou 4 jours étant donné que j’étais dans le coin. C’est à ce moment là que le volcan en Islande est entré en éruption et mon vol a été repoussé, je suis resté coincé 3 semaines à Los Angeles au final. Le manager m’a alors dit que puisque j’étais là-bas, je n’avais qu’à louer un petit studio sur place, Mike et moi avons couru en studio et en une semaine, nous avions 8 titres de composé. J’étais très surpris par la vitesse à laquelle Mike composait, je n’en croyais pas mes yeux, nous avons ensuite à d’autres occasions composer une vingtaine de morceaux supplémentaires et nous avons fait le tri en vue de faire cet album. Ca s’est fait tout naturellement sans réflexion et des fois c’est peut être pas plus mal.

 

A titre personnel, qu’as-tu fait pendant plus de dix ans ?

J’ai fait un groupe solo qui s’appelle SKITSOY (ndlr. notamment auteur d’un album Come 2 Belgium paru en autoproduction en 2005, plus d’info sur www.myspace.com/skitsoy avec lequel j’ai surtout joué en Belgique. C’était un autre style, c’était plus Rock, Heavy Rock basé sur la basse. J’ai totalement arrêté pendant 3 ans et demi avant de monter ce groupe, ça a marché un peu mais pas autant que CHANNEL ZERO car le public ne trouvait pas ça assez Metal. J’ai du arrêter car les finances ne suivaient plus, j’avais mis tout mon argent dans ce groupe. Et avant que CHANNEL ZERO ne se remonte j’étais vendeur de système de sonorisation pour les théâtres par exemple et c’est dommage car avec mon groupe, j’avais travaillé sur un album qui était vraiment bien. Pour CHANNEL ZERO j’ai de nouveau arrêté de travailler à côté, les morceaux de Mike étaient tellement bons que j’ai décidé de me concentrer sur la musique. (ndlr. voilà qui montre l’état d’esprit du groupe et une vraie passion pour la musique).

 

 

 

Comment s’est déroulée la composition de Feed ‘Em With A Brick ? Est-ce un effort de groupe ? Aviez-vous déterminé une ligne directrice ?

Ce qui m’importait c’était avant tout le son qui devait être actuel sans pour autant quitter la route, on ne voulait pas non plus faire du NICKELBACK sous prétexte que l’on avait pris de la bouteille. Avec cette idée en tête, Mike a composé à une vitesse supersonique comme je le disais tout à l’heure et il était évident qu’il ne voulait pas faire qu’un album. D’un autre côté, comme il avait appris tous les morceaux de CHANNEL ZERO pour les concerts de réunion, il a absorbé l’ancien CHANNEL ZERO et l’a mélangé à son feeling pour donner ce nouvel album qui tisse un lien avec nos anciens albums. D’ailleurs, ici en Belgique on a des retours positifs qui disent que cela reste du CHANNEL ZERO, c’est un peu la version 2.0 du groupe et on est très fier de ne pas avoir vendu notre âme. En Belgique, on n’est pas loin de l’album d’or, encore quelques semaines et peut être que… les ventes explosent véritablement, s’en est incroyable !

 

Ta voix, Franky, est de suite reconnaissable, c’est l’une des forces de CHANNEL ZERO, quels sont les voix qui t’ont donné envie de chanter ? Comment es-tu arrivé derrière le micro, est-ce par hasard ou une vraie volonté ?

Personnellement, c’est surtout Tom ARAYA, depuis le premier album, Show No Mercy, je suis accro. Mais je n’avais aucunement l’intention de chanter à ce moment là, ce sont 2 ou 3 évènements qui m’ont amené sur la route de CHANNEL ZERO, mon premier groupe. Auparavant j’avais chanté sur des classiques de METALLICA, AC/DC… mais Tom ARAYA m’a vraiment montré la voie lorsque je suis passé à l’étape supérieure avec CHANNEL ZERO, je connaissais pratiquement tous les albums par cœur, j’étais un peu fanatique de SLAYER quand même. (rires)

 

Cela semble donc relevé du hasard…

Au début je n’avais aucunement l’intention de chanter mais ce qui s’est passé c’est que je connaissais quelqu’un qui faisait des tournées en Europe pour un groupe Américain pas très connu pour lequel je suis devenu chauffeur-roadie. Le batteur de CHANNEL ZERO (ndlr. Phil BAHEUX) était sur cette tournée en tant que technicien batterie et chacun mettait ses cassettes préférées dans la bus, oui à ce moment là c’était encore des cassettes, et je chantais sur du SLAYER et tout ce qui passait. C’est à ce moment là que Phil m’a dit que je devrais chanter dans un groupe alors c’est tombé comme ça et ce qui est assez drôle c’est un an après je me suis retrouvé à chanter dans CHANNEL ZERO. Des fois il faut suivre son cœur et en tout cas je ne regrette pas mon choix.

 

Au fil des albums, la musique de CHANNEL ZERO s’est rapproché d’une musique plus Heavy, plus lourde, plus Power Metal en fait. Avec ce nouvel album vous gardez ces bases sans pour autant copier Black Fuel qui renfermait des morceaux rapides et d’autres plus mélodiques et plus posés. Feed ‘Em With A Brick semble un peu plus équilibré dans la mesure où le tempo évolue au sein d’un même titre à l’image de "In The City" dont l’introduction est des plus rentre dedans alors que le refrain est plus mélodique et travaillé, le ressens-tu comme ça également ?

Auparavant on avait effectivement des morceaux plus calmes, nous n’étions pas tout le temps dans l’agressif, Xavier me disait que je devais chanter car ma voix pouvait être plus mélodique alors il a fait ce mélange et on a composé ainsi des morceaux dans ce sens. Lorsque Mike a intégré le groupe il a trouvé ceci très intéressant car comme il dit, je suis capable de chanter de façon plus mélodique à un moment où personne ne le ferait, c’est un feeling que l’on a créé dès le début du groupe. Un morceau comme "Ocean" est un bel exemple de mes capacités en voix mélodique et sur un set d’une heure et demie c’est bien d’avoir des morceaux comme ça pour casser un peu la routine plutôt que d’avoir des riffs qui te broient les oreilles sans arrêt, c’est notre côté Heavy en effet. Ensuite c’est vrai que Mike, lorsqu’il a appris les anciens morceaux, il a pris un pied énorme à nos côtés et il a réussi à mixer tout ce qui a fait CHANNEL ZERO auparavant avec un côté groovy qu’il apprécie particulièrement.

 

Vous évitez soigneusement de tomber dans le Metal moderne avec les refrains en voix claire systématiques, vous avez cette influence Heavy Metal mais jamais vous ne tendez vers la Pop…

Disons que le New Metal a introduit quelque chose de fort mais que l’on se trouve entre tout cela, à l’image du Heavy Metal où la voix se fait régulièrement mélodique mais pas Pop, c’est certainement notre influence des groupes Hard Rock que l’on partage ensemble avec les autres membres du groupe, c’est vrai, c’est une bonne réflexion.

 

C’est ROADRUNNER qui sort le nouvel album Feed ‘Em With A Brick

(coupant la question) Ici en Belgique et en Hollande, c’est ROADRUNNER et on attend un deal pour après les vacances pour d’autres pays, là tout le monde est en vacances alors prendre une décision dans la précipitation ça n’aurait pas été bon. Donc on attend septembre et on va voir ce qui se passe, si l’album va sortir dans toute l’Europe, je ne sais pas, si tu connais quelqu’un de ROADRUNNER France… (malheureusement non, avec le rachat par Warner, les bureaux sont fermés depuis le 31 mars 2011 mais si un responsable lit cette interview…) Sinon je crois savoir qu’un label Français est très intéressé pour sortir notre album, je ne me rappelle plus le nom, mais pour le moment on attend septembre pour voir ce que propose ROADRUNNER car on aimerait autant éviter de s’éparpiller et signer avec plusieurs labels en fonction des pays.

 

Comment avez-vous rejoint le catalogue de ce label, vous qui étiez resté fidèles à PLAY IT AGAIN SAM RECORDS ?

Disons que durant nos shows de reformation, ROADRUNNER nous a proposé un très bon deal pour un DVD (ndlr. Live At The Ancienne Belgique) et que celui-ci a très bien marché. Alors ce n’est pas encore sûr mais il est possible que ce DVD soit carrément proposé avec Feed ‘Em With A Brick, je ne sais pas si je peux le dire mais on proposerait alors le DVD en bonus du dernier album pour les pays autre que la Belgique et la Hollande. Ainsi, les gens pourront découvrir CHANNEL ZERO et se faire une idée de ce que nous faisions auparavant. Ce n’est pas encore du 100% mais si on se met avec ROADRUNNER pour le reste de l’Europe, j’espère bien pouvoir le faire.

 

 

 

Je me souviens que pour Black Fuel, "Fool’s Parade" était programmée sur une grande radio Française RTL (c’était avec Francis ZEGUT, le seul défenseur de la musique Metal sur les grandes ondes en France) et pourtant il semblerait que le public Français ait un peu de mal à vous suivre, que vous n’ayez pas le soutien que vous mériteriez, est-ce que je me trompe ?

C’est difficile à dire mais ce que je remarque c’est que notre évolution ici, en Belgique, est assez surprenante et beaucoup chez les jeunes et la jeunesse ont un pouvoir que nous n’avions pas vraiment calculé. Ils ont une force à propager le bouche à oreille, avec internet, les forums, qui nous ravit car si tu m’avais dit que notre album allait cartonner chez les jeunes, je t’aurais répondu : « oui, j’espère ! » Personnellement, je suis très curieux de voir comment l’album pourra être perçu en dehors de la Belgique et notamment chez les jeunes. On a par exemple pris comme single, le titre "Hot Summer" car ici en Belgique on a déjà un nom mais ailleurs je ne suis pas sur que ce soit un choix judicieux pour espérer un passage en radio, c’est un titre vraiment Heavy mais en Belgique on voulait montrer que l’on revenait avec quelque chose de solide. Je prends l’exemple du morceau "Help" tiré de l’album Unsafe qui me rappelle un peu le morceau "Ocean" sur le nouvel album, en Belgique on était sur toutes les radios avec ce titre et ça nous a ouvert pas mal de portes pour la suite dans un milieu un peu plus mainstream. CHANNEL ZERO est un groupe assez mélodieux et les Français sont très ouverts à la mélodie, plus qu’en Allemagne, plus qu’en Angleterre et je reste persuadé que si l’on avait pu travailler un an ou deux de plus avant le split, on aurait pu faire quelque chose de bien. Il y avait une connexion entre la France et CHANNEL ZERO et même lorsque l’on a joué en première partie de Dave MUSTAINE au Printemps de Bourges, il pensait que nous étions un groupe Américain. Après notre concert il est venu dans nos loges en nous demandant d’où on venait, qu’il ne nous avait jamais entendus aux Etats-Unis et on lui a avoué que nous venions de Belgique (rires). Mais ce qui est marrant c’est que lorsqu’il est revenu ensuite pour une tournée en France, on a fait la première partie, il y avait 7 ou 8 concerts et il était très clair que les Français appréciaient CHANNEL ZERO. Je me souviens d’ailleurs que GARANCE qui est assez puissant en France tout de même (ndlr. ben tu m’étonnes Franky, c’est juste eux qui s’occupe de l’Elysée Montmartre et de plein d’autres évènements dans toute la France) voulait absolument nous faire jouer en France et à Paris en plus, la capitale, c’est certain que l’on aurait réussi chez vous… Et d’ailleurs, ça ne m’étonne pas que les premières réactions positives en dehors de la Belgique viennent de la France. Et puis, l’autre avantage c’est que si on réussi en France on sait que la bouffe est super bonne (rires), mais cela reste entre nous pour ne pas vexer les Allemands. Personnellement, je ne suis pas Francophone, ma langue maternelle c’est le Néerlandais mais tout comme la grande majorité des Belges je parle les deux langues et donc, moi je me sens très bien en France.

 

Il y a un moyen pour remettre CHANNEL ZERO sur les bons rails avec la France, c’est d’être à l’affiche du HELLFEST, est-ce quelque chose que vous visez ?

Je pense que l’année prochaine, on y sera car l’organisation nous voulait déjà pour cette année mais l’album n’étant pas sorti j’ai trouvé que ça faisait un peu tôt. Au moins, les gens connaitront le nouvel album l’année prochaine si on revient avec les mêmes choses qu’il y a quinze ans ce n’est pas intéressant, je veux défendre ce nouvel album sur scène et dans des pays où nous sommes distribués.

 

Feed 'Em With A Brick est ‘album du moment’ sur Heavy Sound, quelles sont les réactions de la presse, du public chez vous et ailleurs ?

Ce que j’ai fait c’est que j’ai placé le morceau sur pas mal de radio Metal et on a eu de très bonnes réactions d’un peu partout, du Japon aussi mais surtout des Etats-Unis où pas mal de gens connaissent Mike. Ca bouge pas mal autour de nous alors j’attends de voir ce qui va se passer mais les réactions sont extrêmement bonnes.

 

Cela ressemble à un nouveau départ pour CHANNEL ZERO avec toutes ces prospections…

Oui, d’une certaine manière c'est un nouveau départ...

 

Quels sont vos plans concerts prochainement ?

On vient juste de faire le festival à Dour et à Lokeren, on a encore un festival à la frontière Néerlandaise, le Nirwana Tuinfest et encore début septembre. Ensuite, on sera au repos pendant 2 mois, Mike retourne en Amérique pour faire 2 ou 3 productions et en novembre on fait une tournée des clubs en Belgique. On aimerait faire des tournées maintenant au lieu de concerts dispersés pour que lorsque l’on revient à la maison, on n’ait pas perdu d’argent, on ne demande pas de gagner énormément mais juste être rentable pour que le groupe dure. Ce n’est pas si facile de trouver des dates pour jouer, il faut se faire connaitre et partir 20 jours en France, ça coûte un paquet d’argent car on essaie d’avoir une certaine structure autour de nous, un ingénieur du son, un aux lumières etc. pour que l’on montre vraiment ce que l’on vaut. D’ici la fin d’année on pourra voir ce que l’on peut faire dans ce domaine, par exemple, en ce moment, il y a une tournée au Brésil qui se monte pour nous, je ne sais pas trop ce que ça peut donner, on va essayer de garder les pieds sur terre, c’est pour cela qu’on leur a dit : « si vous nous payez les billets d’avion, pas de problème ! » Après ce n’est pas que l’on veut des hôtels de luxe, on veut juste des endroits convenables, vivables.

 

  

 

Avez-vous l’intention de continuer l’aventure avec un autre album ou attendez-vous de voir comment se passe la sortie de Feed ‘Em With A Brick, tu disais tout à l’heure que Mike était partant ?

Et bien, il se pourrait que dès octobre ou novembre, on se remette au travail pour un deuxième album car on ne veut pas attendre trois ans pour donner une suite. Ca ne dépendrait que de nous on essaierait de faire 3 ou 4 albums sur 5 ans car Mike écrit si vite, on est bien ensemble, il y a une bonne ambiance, et avec l’âge, il ne faut pas rêver, nos plans de carrière sont plus courts. Si tu veux que ça bouge mondialement pour ton groupe, tu as besoin de 5 ans et je ne parle pas de succès, juste que les gens sachent que tu existes.

 

Xavier CARION, guitariste historique de CHANNEL ZERO, ne fait pas partie de cette aventure, sais-tu s’il a jeté une oreille à ce nouvel album et s’il l’a apprécié ?

Même s’il n’avait pas eu ses problèmes d’oreille, tu sais, il avait une autre vision de ce que devait faire CHANNEL ZERO, il m’a dit de prendre un autre guitariste et de suivre ma voie, que ça ne l’embêtait pas. Le contact avec lui n’est plus vraiment le même qu’auparavant.

 

Pour finir, je profite d’avoir un Belge au téléphone, que penses-tu de la situation politique en Belgique, cela semble surréaliste qu’un pays puisse continuer ainsi sans gouvernement réellement établi ? Comment vois-tu l’avenir du pays ?

Par exemple, CHANNEL ZERO est un groupe Belge et quand je dis ça ce n’est pas une blague, je suis Flamand, les autres sont francophones, on accueille un Américain même maintenant. Actuellement, la situation est assez critique car cela fait plus d’un an que nous n’avons plus de gouvernement, cela bloque pas mal de choses pour les administrations, pour l’industrie. Aujourd’hui, plus aucune décision n’est prise en haut lieu, plus une loi, on avait proposé comme action de prendre un camion avec des briques et d’aller les déposer devant le parlement pour faire référence à l’album qui s’appelle Feed ‘Em With A Brick mais finalement ça n’a pas suivi, mais on voulait vraiment faire quelque chose. Tu sais, pas mal de monde ici nous demande ce que l’on en pense et splitter la Belgique, c’est une connerie. Après la division, il y aura le nord de la Flandre et le sud qui voudront se diviser aussi, je trouve ça con de splitter un truc qui est déjà aussi petit. Déjà qu’aux Etats-Unis lorsque tu leurs dis que tu viens de Belgique, ils se grattent la tête, tu leur dis Belgique et ils pensent que c’est une bière ! (rires) Tout cela parce qu’il y a une centaine d’extrémistes qui pensent pouvoir en tirer avantage que je considère comme une grosse perte, comme je dis, si on les laisse faire, ils vont se battre entre village, c’est ridicule. C’est vrai que les 2 langues ne facilitent pas les choses mais lorsque tu demandes à un francophone il te dit qu’il ne déteste pas son voisin car c’est à lui qu’il achète son lait et que c’est lui qui achète sa viande alors dès que dans la presse on dit que quelqu’un est trop noir, aussitôt tout le monde le trouve trop noir, dire quelque chose à la une d’un journal c’est un peu facile mais dans la réalité c’est différent. Ce ne sont que des bêtises mais ça bloque un pays, c’est assez fou mais personnellement je pense que la Belgique ne splittera jamais, ils vont bien finir par trouver un terrain d’entente, c’est en train de se faire. Je ne pense que l’on soit dans la même situation que la Yougoslavie à l’époque et je comprends tout à fait qu’en dehors de la Belgique vous ne compreniez pas bien ce qui se passe ici, d’ailleurs si nous-mêmes, nous comprenions ce serait déjà pas mal. (rires) Lorsque l’on voit l’économie actuelle avec la Grèce, l’Italie, l’Espagne, c’est fou que l’on puisse se permettre ce genre de chose car l’année sans gouvernement aura des répercutions et il y a des problèmes bien plus graves que le fait qu’un Flamand ne veuille pas lire un formulaire en Français et inversement. Je le dis sur tous les concerts mais nous sommes un groupe Belge et il y en a qui grogne mais je m’en fiche, on a toujours été un groupe Belge et on l’est toujours, si tu as un problème avec ça, essaie COLDPLAY, ce ne sont pas des Belges. (rires)

 

Et bien je te remercie d’autant plus alors d’avoir répondu en Français à cette interview.

Oh ! Pas de problème, je parle le Français, le Néerlandais, l’Anglais, un peu moins l’Allemand mais je le comprends très bien donc ce n’est pas un problème.

 

 

Propos recueillis par Aymerick "Painless"

 

 

Site Web

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Feed Em With A Brick