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 BOLT THROWER - ROTTING CHRIST - ASPHYX - DEW SCENTED
 
  Le 16 Mai 2010 - Kulturfabrik - Esch Sur Alzette (Luxembourg)
 
 
 

Ambiance old school extreme Metal en ce dimanche soir chez nos voisins Luxembourgeois. En effet, le cadet des quatre groupes à se produire aujourd’hui n’est autre que DEW-SCENTED qui officie pourtant depuis un bail, 1992 pour être exact ! C’est dans un cadre approprié (une sorte d’ancienne caserne militaire) et accompagnés d’une orga aux petits oignons que nous nous apprêtons à recevoir notre dose de Death Metal… Feu !

 

DEW-SCENTED ouvre donc les hostilités pied au plancher, pour un set court et rageur. Le Thrash-Death des Allemands ne fait pas de quartier et l’interprétation est nickel. Ca joue carré et la bonne humeur est de mise (une constante chez tous les groupes sachant qu’il s’agit de la dernière date de la tournée) comme en témoignent par exemple les mimiques marrantes du bassiste Alexander Pahl. Une attitude qui tranche avec la violence musicale déployée, boostée par un Leif Jensen impressionnant aux vocaux typés hardcore. La setlist pioche notamment dans Inwards et Impact (des albums qui font mal aux dents !) et nous avons droit en exclu à deux nouveaux titres (le nouvel album, Invocation, est sur le point de sortir), dont un « Condemnation » bien brutal.

 

 

 

C’est ensuite ASPHYX qui prend le relais. Les hollandais ont en effet inversé leur place sur l’affiche avec ROTTING CHRIST, à cause d’un timing de retour serré. Et là, je ne suis peut-être pas objectif, mais c’est la grosse claque : un excellent Death old school à tendance Doom, un souffle morbide unique et une présence scénique (surtout chez le hurleur Martin Van Drunen) incomparables ! Cette version du groupe, reformée en 2007, mise sur les albums enregistrés avec Van Drunen, soient les pruneaux The Rack (1991 – « Wasteland of Terror », « The Rack ») et Last One on Earth (1992 – « M.S. Bismarck », « Last One on Earth »), ainsi que sur l’excellent Death… The brutal Way (2009 – « Scorbutics », « Death the brutal Way », « Bloodswamp »). Seul bémol : Wannes Gubbels (basse) a récemment quitté le groupe, et est remplacé par un Alwin Zuur très compétent mais qui n’assure pas les backing vocals assassins de son prédécesseur. Pour le reste la magie (noire) opère et le public est enthousiaste. Quelques fans reprennent même en chœur le riff de « The Rack », joué en rappel, ce qui surprend et ravit le guitariste Paul Baayens. La claque, je vous dis…

 

 

 

Puis c’est comme convenu au tour de ROTTING CHRIST de passer à l’attaque, et le groupe grec ne se fait pas prier. Difficile de vous parler de la setlist puisque je ne suis pas un connaisseur, mais on peut supposer que le récent Aealo est mis à l’honneur. Pas évident non plus de décrire la musique du quintet qui mélange black metal, mélodies exotiques, chœurs grandiloquents samplés et passages martiaux (ces « In Domine Sathana » que le public scande à l’unisson). Ce concert a le mérite de prouver que la Finlande n’a pas le monopole du mariage entre métal et musique folk. De plus ROTTING CHRIST joue carré et fait preuve de présence, en particulier le frontman Sakis Tolis (chant, guitare) qui se montre très « habité » (j’ai demandé confirmation à André Manoukian, c’est bien le terme adéquat…) dans son chant. Bref, un bon concert qui apporte davantage de diversité l’affiche.

 

 

 

Enfin, la machine de guerre BOLT THROWER vient clore la soirée dans la folie la plus totale car le public, à présent très dense en devant de scène, devient dingue dès l’arrivée des british et multiplie les stage-divings (trop nombreux et lassants pour qui cherche à apprécier le concert). Un succès qui impressionne d’autant plus que le groupe n’a aucun nouveau titre à défendre. Là encore je ne suis pas un spécialiste mais selon mon compère Lord Latex (merci à lui) BOLT THROWER joue ses classiques (« Cenotaph », « This Time it’s War », « Mercenary », « No Guts, No Glory », etc.). Comme je l’ai déjà dit, c’est le dernier concert de la tournée et le chanteur Karl Willetts a le sourire. Et il peut, car la puissance de feu de son groupe, véritable vétéran du Death, est impressionnante. Le groove de Martin Kearns (batterie) apporte même une certaine fraîcheur à l’ensemble tandis que le son, qui a déjà été impec’ tout au long de la soirée, se fait très écrasant (avec notamment une basse énorme). Bref, un cocktail Molotov qui fait mal ! Les membres de ROTTING CHRIST n’y ont d’ailleurs pas résisté en venant faire la fête sur scène avant de plonger eux aussi dans ce public chaud bouillant !

 

 

 

Voilà comment se conclut cette belle soirée qui donnera naissance à des souvenirs impérissables : belle salle, affiche de qualité (et pour 12 euros la place !) avec entre autres des frontmen exceptionnels, superbe organisation (à peine dix minutes d’attente entre chaque groupe), et musiciens accessibles (les mecs d’ASPHYX vendaient eux-mêmes leur merch’, c’est dire…). Que du bonheur !

 

Textes et photos : Morbid S.