Voyage chez nos amis Allemands en ce samedi au ciel très gris (bon ok, on s’en fout...) afin de rendre hommage aux héros nationaux du Heavy Metal ambitieux : BLIND GUARDIAN. L’Arena de TRIER (TREVES pour les intimes) n’est ni plus ni moins qu’une sorte de grand gymnase, utilisé pour environ 2/3 ce soir. Mais cela signifie tout de même et à vue de nez 3000 / 4000 personnes ! Et dire que chez nous BLIND GUARDIAN ne se produit "qu’à" l’Elysée Montmartre...
Ces sont les suédois de STEELWING qui ouvrent le bal avec un Heavy Metal racé mais très prévisible. Chanteur et guitariste singent les poses de Bruce Dickinson et Adrian Smith pour un résultat qui se veut musicalement proche du Heavy des glorieuses 80’s, MAIDEN en tête. Seul le dernier titre "Roadkill (Or Be Killed)" se veut plus agressif. Même si son set dure moins de trente minutes, STEELWING remporte un beau succès grâce à une énergie et un enthousiasme certains. Reste que l’on peut s’interroger sur l’intérêt de cette vague de formations dont la nostalgie – y compris sur le plan vestimentaire – semble être la principale motivation.
Passons rapidement sur le cas VAN CANTO, un groupe Allemand "semi a capella" qui comprend un batteur, un chanteur et une chanteuse lead, et trois hum… "musiciens" qui imitent vocalement basse et guitares pour un résultat mitigé. Le public Allemand, toujours friand de bizarreries, semble apprécier même si une partie du public quitte la salle avant la fin du concert. Les reprises de GRAVE DIGGER, NIGHTWISH, IRON MAIDEN et METALLICA, qui constituent la majeure partie de la set-list, ne font qu’aggraver le cas de VAN CANTO en mettant en relief les limites du projet.
Heureusement, le concert de BLIND GUARDIAN, qui démarre en trombe sur "Sacred Worlds" (il fallait oser !), va nous faire oublier, durant une heure et cinquante minutes, cet amuse-bouche bien fade. Le décor de scène est sympa (à part quelques projections vidéo d’un goût douteux comme cette araignée en 3D assez risible), le son est correct même si peu précis, et le set plutôt équilibré ne fait l’impasse que sur Battalions of Fear (1988) et A Night at the Opera (2002). Bien entendu le groupe est extrêmement en place dans son interprétation, et le "nouveau" batteur Frederik Ehmke, est assez impressionnant. Malheureusement, les musiciens, hormis André Olbrich (guitare), restent assez statiques. On remarque qu’Hansi Kürsch, qui par ailleurs communique énormément avec son public entre les morceaux, s’économise en remplaçant certaines vocalises agressives sur disque par un chant plus grave et posé au risque de dénaturer quelque peu certains passages. Ce sont évidemment les classiques "Valhalla" et "The Bard’s Song - In The Forest" qui remportent le plus de succès mais il est plus jouissif encore de savourer les moins populaires "Born In A Mourning Hall" ou "Traveler In Time". Toutefois, certains morceaux plus récents comme "This Will Never End", "Fly" ou "A Voice In The Dark" sont tellement sophistiqués que l’on a parfois l’impression que quelque chose fait défaut à leurs versions live. Lors des rappels, le groupe achève son auditoire avec l’imposant "Wheel Of Time". BLIND GUARDIAN n’aura donc joué que trois extraits du tout récent At the Edge of Time, mais pas n’importe lesquels ! Puis le classique "Imaginations From The Other Side" vient conclure ce concert aux allures de fête alors que nous nous promettons déjà de tout faire pour revoir BLIND GUARDIAN sur cette tournée, tant il peut être frustrant de voir le combo Allemand hiberner pendant de longues périodes lorsqu’il se trouve en phase créative.
SET LIST :
Sacred Worlds
Welcome To Dying
Born In A Mourning Hall
Nightfall
Fly
Time Stands Still (At The Iron Hill)
Traveler In Time
Valhalla
A Past And Future Secret
This Will Never End
A Voice In The Dark
Mirror, Mirror
Encore:
Lost In The Twilight Hall
The Bard's Song - In The Forest
Wheel Of Time
Imaginations From The Other Side
Report par Aymerick "Painless" & Morbid S.