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           Entretien téléphonique avec Guillaume Rossard (basse) réalisé le 02 novembre 2010
 
 
 
Petite surprise que la sortie de Sweet Angel Dust, le premier album d’ARCANIA, un groupe au passé déjà long et marqué. Le groupe marqué par les changements incessants de personnel a enfin trouvé la sérénité et les bons soldats pour mener le groupe d’une simple union de potes à un groupe de potes. Heavy Sound voulait en savoir plus sur ce groupe et c’est Guillaume, bassiste et un des 3 membres fondateurs du groupe, qui a eu la gentillesse de lever le voile sur ce premier album à la maturité étonnante, attention groupe au potentiel énorme…
 
 

HEAVY SOUND : Peux-tu présenter le groupe qui a déjà un long passé derrière lui ?

Guillaume Rossard (basse) : Le groupe est aujourd’hui constitué de Cyril (guitare/chant), qui est à l’origine du groupe avec moi, Olivier à la batterie et Nicolas à la guitare. Olivier est arrivé dans le groupe il y a 4 ans et Nicolas, 2 ans, un mois avant l’enregistrement de l’album. A l’origine du groupe, c’est 3 potes d’enfance qui habitaient dans le même village ou presque et ayant les mêmes goûts musicaux, on a eu envie de faire comme les copains à la télé. Ce qui explique ce long laps de temps c’est ce que l’on a régulièrement changé de line-up et c’est ce qui nous a pris énormément de temps, à l’âge que l’on avait, à 16 ou 17 ans, on joue de la guitare mais pas au niveau qu’on voulait donc ça a pris du temps de réapprendre les morceaux aux mecs, s’habituer à eux, que eux s’habituent à notre jeu, je crois que l’on a changé 7 fois de musiciens.

 

Pendant ce temps vous avez sorti des démos…

Ben il n’y a pas réellement eu de sortie en fait, on les a vendu dans les disquaires alentours, de la main à la main. On a enregistré un maxi en 2004 pour lequel on n’a pas réussi à trouver de label, on a fait quelques démarchages pour des chroniques mais pas énormément, on le traine toujours avec nous pour vendre en concert. Pour le label, on n’a pas fait énormément de recherche non plus, on avait 18 ou 19 ans donc on n’était pas encore ancré dans le milieu pour savoir comment ça marche donc mis à part les quelques disquaires chez qui je les avais déposé auxquels j’ai jamais donné suite… tu sais il y a les contrats de dépôt-vente où au bout d’un certain temps si tu n’as pas réclamé tu ne peux plus les récupérer et j’ai zappé les dates limites, tant pis !

 

Que signifie le nom ARCANIA, y a-t-il une idée de base qui se retrouve dans vos paroles derrière ce nom ?

C’est un délire à l’origine du groupe, je ne sais pas trop ce que ça signifie, il me semble que ça vient d’un jeu d’arcade. (ndlr. ARCADIA : GOTHIC 4)

 

Ce n’est peut-être pas plus mal d’avoir un nom sans signification précise, cela évite d’être étiqueté trop facilement.

Ouais peut-être. Je me suis jamais réellement posé la question, je crois que ça vient du Grec qui signifie le pouvoir ou le commencement, le nom nous a toujours plu donc on a gardé et comme cela fait 11 ans qu’on l’utilise, ça nous embêterait un peu de changer maintenant.

 

Le line-up est fixe depuis 2008 visiblement, a-t-il été difficile de trouver des gars motivés pour faire d’ARCANIA plus qu’un groupe de lycée ?

C’est le cas du guitariste que l’on avait et qui nous a lâché un mois avant l’enregistrement de l’album, nous on était déjà dans une optique de professionnalisation, on a toujours eu cette optique la mais ça demande pas mal de temps. Pour l’album, on a réalisé une pré-production, on l’avait déjà fait pour le EP, on descendait à Bordeaux à chaque fois, on a donc mis de l’argent de côté pour faire un truc vraiment plus pro. Et depuis l’arrivée de Nicolas ça se ressent encore plus donc ça ne se ressent encore pas sur le premier album. On a fait un bon en avant et de toute façon chaque enregistrement te fait progresser, te fait passer un palier.

 

           

 

En 2005, vous avez publié un EP éponyme où quelques titres étaient en français, aujourd’hui tous les textes sont en anglais, cela fait-il partie des conditions pour emmener ARCANIA plus loin encore ?

Ce n’est pas vraiment pour emmener le groupe plus loin, c’est plus que Cyril ne se sentait plus trop de chanter en Français surtout pour une question de sonorité en fait. Les gens ont souvent un petit retrait vis-à-vis du chant en Français, Cyril n’est pas contre un texte en Français à l’avenir mais au niveau de la sonorité, il est plus à l’aise. Généralement, les textes se greffent sur la musique bien longtemps après, les lignes de chant sont pensées de A à Z mais les mots définitifs n’arrivent qu’ensuite.

 

Quels sont les thèmes abordés dans vos textes ?

La mémoire, le temps qui passe, le temps passent et les souvenirs disparaissent contre notre volonté et sans que l’on puisse rien y faire. Les thèmes sont très généraux, la vie, la mort, ce qui nous entoure.

 

Votre premier album sort chez GREAT DANE RECORDS très actif sur la scène Française, comment avez-vous sollicité leur intérêt ?

On a fait pas mal de démarchage et c’est le premier qui nous a répondu avec une proposition de sortie d’album qui nous convenait le plus avec une distribution honorable, parfait pour un premier album. Les gars sont super sympas, ça s’est fait rapidement enfin la signature mais la mise en œuvre moins. Pour le visuel par exemple... et c’est vrai qu’ils sont actifs.

 

A l’écoute de Sweet Angel Dust, on distingue plusieurs influences dont TESTAMENT ou METALLICA mais également un dénominateur commun avec GOJIRA sur "No End" par exemple. La musique d’ARCANIA a-t-elle toujours été comme sur ce premier album ?

Non on a trouvé notre voie au fur et à mesure, au début on ne faisait que des reprises et du Thrash Old-School de la Bay Area avec TESTAMENT, NUCLEAR ASSAULT, METALLICA toute cette grosse scène. Ensuite on s’est un peu ouvert et on ne ressent cette ouverture que sur cet album avant ce n’était que du Thrash qui revient en odeur de sainteté en ce moment en plus. Ensuite il y a eu des groupes comme DEMONS AND WIZARD que l’on a pas mal écouté depuis et puis il y a la maitrise de nos instruments qui joue un rôle pour arriver à ce niveau là. METALLICA, GOJIRA c’est ce qui ressort le plus dans les critiques mais c’est vraiment le fruit de nos différentes influences, personnellement je ne me suis mis à GOJIRA que récemment, avant je n’accrochais pas vraiment.

 

    

 

On peut relever également quelques solos bien Heavy comme celui de "Memento" qui suit un break très réussi, ma question était comment travaillez-vous la répartition de ces solos entre Nicolas ALBERNY et Cyril PEGLION mais comme Nicolas est arrivé tardivement je suppose que la répartition s’est faite rapidement ?

(rires) Ouais en fait lorsqu’on lui a proposé de nous rejoindre on lui a dit que l’on avait 4 places pour 4 solos et qu’il avait carte blanche. Cyril s’occupe plus des solos mélodiques pour poser une ambiance et Nicolas a un gros bagage technique qui lui a permis de nous proposer des solos rapides, du coup ça a été un peu anarchique dans la répartition. On a enlevé les solos de l’ancien guitariste qui étaient prévus pour l’album et on lui a laissé ces 4 places. Nicolas est un gros fan de NEVERMORE ou PANTERA et le solo de "Memento" a pour moi une petite touche Dimebag, c’est subjectif mais ça me rappelle PANTERA. C’est une approche Heavy mais sans démonstration, toujours avec cette touche Thrash Old-School...

 

C’est pour ça que j’évoquais TESTAMENT car ils utilisent souvent cette approche Heavy que beaucoup d’autres n’ont pas...

Ouais et c’est ce qui est énorme dans TESTAMENT, c’est génial, ils aient réussi à avancer à traverser les âges.

 

Comment se passe la composition au sein d’ARCANIA, est-ce un effort collectif ou chacun amène-t-il ses idées déjà bien définies ? Sweet Angel Dust a-t-il été composé qu’à partir d’idées neuves ou y a-t-il des idées datant du EP ou avant ?

C’est Cyril qui compose tout, une trame globale, il enregistre ça sur ordinateur, il programme une boite à rythme basique pour montrer ce qu’il veut, il compose toutes les guitares, tous les arrangements avec tout ce qui est violon ou clavier. Le travail est déjà presque terminé. Ensuite, il l’envoie à tout le monde, on le bosse et ensuite on met en commun toutes nos idées d’arrangements.

 

Est-ce que Sweet Angel Dust est uniquement composé d’idées nouvelles ou y a-t-il des idées qui datent du EP ?

Non il y a de vieilles idées, Cyril a un fichier avec 10 millions de dossiers ou il a enregistré des riffs, c’est un bordel monstre d’ailleurs, il ne retrouve rien là dedans (rires). Et puis 2 ans plus tard il retombe sur un riff en se disant qu’en le remodelant comme ci ou comme ça... c’est en fonction de l’humeur du moment.

 

         

 

L’enregistrement de l’album s’est fait au Dome Studio avec David POTVIN, comment cela s’est-il passé ?

C’est des mecs que l’on connait depuis très longtemps car on est de la même ville, la scène Metal d’Angers est assez petite donc on se connait depuis pas mal de temps. On avait l’habitude d’enregistrer à Bordeaux et le fait d’enregistrer un album nous aurait vraiment coûté cher avec les allers-retours donc du coup on les a contacté, ça ne faisait pas longtemps qu’ils avaient monté leur studio.

 

Pourquoi avoir confié votre mastering en Suède plutôt qu’en France, est-ce pour le travail de Peter sur les travaux de MESHUGGAH et autres ou est-ce plutôt une opportunité, une suggestion de David POTVIN ?

C’est par rapport à ses précédents travaux ! Notre batteur est un fan d’ENSLAVED ou d’OPETH aussi et Peter a travaillé avec ENSLAVED. Comme au niveau finance c’était dans nos moyens, on lui a envoyé les pistes, il a répondu très vite. C’est surtout par rapport à notre batteur qui voulait le même son de je ne sais plus quel album d’ENSLAVED. (rires)

 

J’aimerais que l’on évoque le dernier titre de l’album "My Funeral", comment a-t-il été composé car il est très complet et passionnant malgré sa durée ? Cela peut s’avérer être un exercice casse-gueule mais vous avez réussi à en faire un titre clef de cet album même si ce n’est pas la première fois que vous proposez ce genre de titre visiblement. Que cachent les paroles de ce titre ?

Non le titre a était composé comme les autres, par Cyril et très peu modifié il me semble. Il n’y a que la partie de violoncelle que l’on a rajouté car j’ai un pote violoncelliste mais sinon c’est tout. On avait même contacté une chorale et un orchestre symphonique mais ça ne s’est pas fait pour des problèmes d’emploi du temps car ils partaient en Europe de l’Est mais c’est une idée que l’on garde en tête. Et dans nos influences que l’on évoquait tout à l’heure j’ai oublié PINK FLOYD et ce morceau il l’a composé dans cette optique là, sans prétention mais dans la veine d’"Atom Heart Mother" par exemple. Après au niveau des paroles, le lien avec la mort de notre ancien batteur serait facile mais ce n’est pas le cas, en tout cas pas consciemment.

 

Quels sont vos plans concert pour l’avenir ?

Rien ! On n’arrive pas à trouver de concert... c’est une catastrophe, on essaie de se caler sur des tournées mais ça demande de l’argent. Pour le moment on se concentre sur la promotion sur webzine et magazine et les plans qui sont en cours sont encore trop vagues pour pouvoir en parler. En tout cas ce n’est pas un manque de volonté...

 

Quels sont vos projets pour 2011, retourner en studio ou continuer à défendre Sweet Angel Dust sur scène ?

On a déjà commencé à composer pour le deuxième album, mais les morceaux de l’album ont été enregistrés il y a deux ans donc on a un peu envie de passer à autre chose mais en même temps on les a dans les doigts et on aimerait les jouer sur scène. Les dates vont être la priorité.

 

L’artwork est particulièrement réussi et peu conventionnel avec cette fille qui disparait, qui en est l’auteur et comment êtes-vous tombé sur lui ?

L’auteur en est Yoann BILLAULT, notre ancien batteur que l’on a recontacté. Il a fait une école de graphisme sur Nantes et il s’est occupé de tout notre visuel après que l’on soit redevenu ami car les séparations dans les groupes ce n’est jamais très simple. Lorsque l’on a enregistré la pré-production en 2007, l’idée c’était un visage qui disparait en poussière sur un fond noir donc c’était assez sombre. On a démarché les labels avec ce visuel là et lorsque Raphaël, le patron de Great Dane nous a contacté, qui a adoré la musique il nous a dit « par contre les gars vous me changez votre visuel » (rires). Il trouvait que ça ne reflétait pas du tout la musique et on avait toujours eu dans l’idée de proposer un artwork un peu plus clair que les standards du Metal et donc on est reparti sur un truc plus clair. C’est une métaphore avec les paroles avec ce souvenir de l’enfance qui se barre au fil du temps.

 

Propos recueuillis par Aymerick "Painless"

 

 

Site Web

http://www.myspace.com/arcaniamusic

 

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