ABROGATION - TIEF, SCHWARZ, BLUTIG, ROT
MEDUSA PRODUCTIONS

Actif dans la région Saxonne depuis 1995, ABROGATION n’a jusqu’ici pas réussi à imposer son nom malgré quatre albums dont le dernier, Sarggeburt en 2009. Tief, Schwarz, Blutig, Rot arrive donc pour y remédier avec l’appui d’un label, ce qui n’a pas toujours été le cas, le groupe ayant publié la majorité de ses albums en autoproduction. Le cinquième album d’ABROGATION débute donc sur une introduction plutôt orchestrale avec une montée en puissance somme toute assez classique pour un "Des Pfarrers Tauben" qui rappelle les 90’s et notamment un groupe nommé DECAMERON, un Death mélodique avec des solos très bien ficelés, des mélodies percutantes sans le côté racoleur et mielleux du Death mélodique moderne. Les Allemands s’appuient d’ailleurs sur des temps anciens et la religion pour les paroles, des thèmes qui transpirent naturellement dans la musique du groupe qui donne parfois une ambiance Folk à l’image de "Magdeburger Hochzeit" introduit par de voix a capela au rendu particulièrement Folk tout comme le chant féminin au milieu du morceau. Mais que les fans se rassurent, ABROGATION n’a pas laissé de côté les bon riffs Death, "Bei Nacht" suffira à vous convaincre, un titre qui navigue entre riff brutal et des bonnes parties mélodiques, un détonnant mélange qui n’est pas sans rappeler non plus DISSECTION dans l’ambiance générale. Clairement pas dans l’air du temps, Tief, Schwarz, Blutig, Rot ravira les nostalgiques d’une époque révolue mais que des groupes comme ABROGATION aide à perdurer histoire de ne pas oublier les fondamentaux, un bon album qui souffre tout de même de quelques faiblesses, à commencer par la production, un peu sèche mais aussi un "Herr Richter" par exemple par forcément indispensable, le début d’album étant tellement percutant et varié que cette fin d’album plus classique parait plus terne. Ces albums se faisant plutôt rares, on prend tout de même avec beaucoup de plaisir ces 13 titres qui naviguent entre le bon mais classique et le très bon !
Chronique par Aymerick "Painless"
Le 06/06/2011
