Lorsqu’en 2008, In The Shadow Of A Thousand Suns, le premier album d’ABIGAIL WILLIAMS débarque en Europe, on y voit une certaine mouvance issue du succès de DIMMU BORGIR outre-Atlantique. La grandiloquence des claviers, quelques voix claires bien placées, bref la recette était connue, depuis les Américains ont vécu mais pas que des bons moments puisque Ellyllon, fidèle bras droit de Sorceron, guitariste chanteur, lors de la reformation du groupe en 2007, s’en est allé. Le combo se constitue d’un trio désormais avec 2 nouvelles recrues en la personne de Ken BEDENE et Ian JEKELIS (ex-ABYSMAL DAWN) à la batterie et à la deuxième guitare, alors bien sur, In The Absence Of Light est beaucoup moins porté clavier, pas du tout même et on redécouvre ainsi un style plus brut qui évoque toujours DIMMU BORGIR et notamment par les structures des morceaux, "Final Destiny Of The Gods" par exemple, mais aussi OLD MAN’S CHILD avec ce côté grandiloquent beaucoup moins accentué et pour cela, le premier titre "Hope The Great Betrayal" est une bonne image du parallèle entre les 2 groupes. Alors que le premier album avait été confié à Trym et James MURPHY pour le son, In the Absence Of Light a pour sa part été confié à Peter TÄGTGREN, et comme d’habitude avec le doué Suédois, le son est clinique (certains diront trop) mais assure une mise en son plus correcte que le précédent travail. ABIGAIL WILLIAMS dévoile également un penchant pour EMPEROR le temps d’un "The Mysteries That Bind The Flesh", des riffs à la rythmique plus biscornue et quelques solos de guitare bien trempés. Malheureusement, il manque encore une certaine dynamique que l’on avait sur le premier album, l’absence de clavier laisse un vide que le groupe tente de récupérer sur un dynamique "Infernal Divide" mais dont les vocaux restent vraiment trop lisses, pas qu’ils soient mauvais, juste que cela manque de variations et c’est sur ce point que je rejoins ceux qui trouvent les productions de Peter TÄGTGREN un peu trop molles, on a l’impression que l’on a appliqué un filtre sur tout l’album et que le groupe joue, le pied sur le frein, tout a été lissé et cela s’entend énormément, il manque de la profondeur dans le son. Les fans qui avaient acheté le EP l’an passé, retrouveront "Infernal Divide" et "In Death Comes The Great Silence", deux titres où les claviers sont encore bien présents et qui font le lien entre les 2 albums. Les Américains restent également fidèles en matière d’artwork à quelque chose que l’on voit couramment sur la scène Death/Metalcore plutôt que Black Metal. Toutefois, si vous êtes un amateur d’ABIGAIL WILLIAMS et que vous laissez le temps à cet album de vous montrer toutes ses qualités, et notamment des idées bien plus personnelles et nombreuses que sur le premier opus, vous devriez rapidement en faire un de vos albums de qualité, pas encore de quoi crier au génie mais c’est bien exécuté et plutôt bien composé, et si la scène Américaine était plus performante que la scène Européenne en matière de Black Metal ? In The Absence Of Light a les épaules pour supporter la comparaison, un deuxième album pour un groupe qui part sur les routes avec IMMOLATION et VADER, voilà de quoi permettre au groupe d’apprendre encore un peu aux côtés de ces 2 groupes cultes et rarement avares en bon albums.
Chronique par Aymerick "Painless"

LINE UP
Sorceron - Vocals, Guitar
Ian Jekelis - Guitar
Ken Bedene - Drums
7/10
Le 08/09/2010