Revelation Of The Black Flame paru l’an dernier avait quelque peu dérouté les fans, plus apocalyptique, plus ambiant, cet album se rapprochait pourtant énormément du contenu textuel de 1349, un album effrayant en tout point bien difficile à apprivoiser. Alors lorsque les Norvégiens reviennent un an après pour proposer Demonoir, le cinquième album du groupe, on se demande bien à quelle sauce nous allons être mangés. Exit CANDLELIGHT, c’est INDIE RECORDINGS, qui récupère tous les groupes Black Nordiques à son catalogue, qui prend la suite et sur cette suite, il est clair, que 1349 fait avec cet album un pas en arrière, la brutalité du Black Metal primaire est bien présente (plus que jamais d’ailleurs) alors que le côté atmosphérique est toujours présent mais sur une suite d’intermèdes baptisés "Tunnel Of Set", l’album en compte 7, le groupe y exprime tous ses penchants atmosphériques les plus glauques qui permettent des respirations plus ou moins longues entre les titres et à l’écoute de "When I Was Flesh", je vous garantie que ce n’est pas du luxe ! On se croirait sur Panzer Division Marduk avec un travail sur les lignes de guitare assez poussé et des lignes de chant suffisamment variées mais toujours brutales et haineuses. "Psalm 7:77" et "Atomic Chapel" offrent également leurs moments de brutalité malgré les quelques passages plus Heavy, l’introduction de "Psalm 7:77" n’est alors qu’un cours répit avant une tempête que les Romains auraient attribué au Dieu le plus véhément qu’ils connaissaient. C’est d’ailleurs une constante sur cet album, les intermèdes atmosphériques appellent un déferlement de haine qui se transforme en blast et en guitares particulièrement rapides avec quelques mélodies lumineuses de temps à autres (la fin de "Psalm7:77"). Derrière le micro Ravn fait preuve d’une totale maitrise et le parallèle avec Attila CSIHAR (MAYHEM) est également vrai sur ce Demonoir, les voix parlées se font notamment entendre sur "Atomic Chapel" ou "Pandemonium War Bells" dont le break plus mid-tempo rappelle également MAYHEM. La production de l’album a, une nouvelle fois été confiée à Tom G. WARRIOR (TRYPTIKON) et le résultat est une nouvelle fois exceptionnel, un son suffisamment gonflé et clean sans qu’il puisse paraitre trop déconnecté des codes de la scène, les Norvégiens ont assurément déniché le producteur idéale pour leur musique. Demonoir est donc plus facile d’accès malgré sa brutalité plus prononcée et plus extrême avec des titres aux structures plus conventionnelles mais Demonoir est assurément un très bon cru 1349. Enfin, pour rassurer les amateurs du 1349 le plus Heavy, le titre "Demonoir" en fin d’album est gavée d’ambiances malsaines et de brutalité psychologique représentée par ce riff répétitif et ces cris angoissés lointains, un titre comme 1349 sait en faire avec brio, du coup on regrettera juste ce pas en arrière devant la levée de bouclier des fans.
Chronique par Aymerick "Painless"

LINE UP
Ravn : Vocals
Archaon : Guitars
Seidemann : Bass
Frost : Drums
7,5/10
Le 09/06/2010